Politique

Gestion politique au Congo-Brazzaville: la majorité des opposants sont des anciens ministres

Par :  Robert  GAILLARD Lagriffeinfos Journal

Le petit Larousse définit opposant : une personne qui s’oppose suivant les formes judiciaires, sociales ou gouvernementales; un homme politique qui fait la régulation de la chose publique dans une nation. Un opposant lutte pour la conquête du pouvoir officiellement de façon démocratique. La loi lui donne le droit de procéder par des revendications au cas où le pouvoir viole les lois préétablies par le législateur. Le droit universel lui donne aussi la possibilité de marcher, de grever ou de faire observer une ville morte pour ramener les hommes qui ont l’effectivité du pouvoir à respecter les lois. Un opposant ne peut donc pas être à la fois au pouvoir et à l’opposition.
En Afrique en général et au Congo en particulier, l’opposant est considéré par les hommes au pouvoir comme un ennemi.
Les premiers gèrent le pays, le second controle à l’image d’un policier dans un rond-point.

Mais la rivalité fait que l’opposant tenace se rertouve parfois en prison pour ses opinions ou pour le faire taire si ceux du pouvoir sont dictateurs.
L’opposition ne se décrète pas, mais au Congo-Brazzaville, un opposant est souvent un ancien membre du pouvoir (ministre, Directeur général) ou ancien compagnon de lutte.
Dans le panier politique congolais on retrouve plusieurs catégories d’opposants. Il y a les opposants surnommés de radicaux comme Claudine Munari (ancienne directrice de cabinet du président Lissouba, ancienne ministre du commerce sous Denis Sassou Nguesso), Charles Zacharie Bowao (ancien ministre de la défense sous Denis Sassou Nguesso), Okombi Salissa (ancien ministre des transports sous Denis Sassou Nguesso) Jean Marie Michel Mokoko (ancien ministre de la défense sous Denis Sassou Nguesso), Clément Mierassa (ancien ministre du commerce sous André Milongo), Michel Mampouya (ancien ministre de l’industrie minière…sous Denis Sassou Nguesso), Bonaventure Mbaya (ancien ministre de la jeunesse sous André Milongo), Blanchard Oba (ancien DG de Sotelco sous Denis Sassou Nguesso), etc.

Au collectif des partis de l’opposition, (une autre branche d’opposants qualifiés de radicaux) il ya, Mathias Dzon (ancien ministre des finances sous Denis Sassou Nguesso), Christophe Moukouéké (Pdt du conseil constitutionnelle sous Denis Sassou Nguesso), Jean Itadi (ancien ministre de l’industrie sous Pascal Lissouba), Joseph Ouabari (ancien ministre de la justice sous Pascal Lissouba) etc.
A l’opposition dite républicaine, il y a Pascal Tsaty Mabiala (ancien ministre de la défense sous Pascal Lissouba), Guy Brice Parfait Kolélas (ancien ministre du travail sous Denis Sassou Nguesso) et bien d’autres qui s’affichent tantôt opposants tantôt membres de la majorité présidentielle comme Nick Fylla (ministre de l’enseignement technique sous Denis Sassou Nguesso), Alphonse Silou (ministre du commerce et de l’Approvisionnement sous Denis Sassou Nguesso), Hellot Matson Mampouya (ancien ministre de l’enseignement primaire et secondaire sous Denis Sassou Nguesso), Euloge Laudry Kolélas (ancien ministre du commerce et actuel Haut commissaire à la réinsertion des ex-combattants sous Denis Sassou Nguesso), Joseph Kignoumbi Kia Mboungou (actuel 2e secrétaire de l’Assemblée) et bien d’autres leaders dont les noms ne déchirent pas l’atmosphère politique congolaise. En dehors de ces opposants, il y a ceux qui s’affichent aujourd’hui dans la scène politique mais qui avaient déjà un nom dans des partis politiques dans l’ombre. Le cas de Paul Marie Mpouélé, (ancien membre de l’Upads après la guerre), Mboussi Ngouari (ancien membre du Mcddi à l’époque de Bernard Kolélas), Chris Antoine Walembaud (ancien membre du Mcddi à l’époque de Bernard Kolélas puis ancien secrétaire général du CNR du Pasteur N’toumi), Paulin Makaya, (ancien membre du Mcddi à l’époque de Bernard Kolélas) etc.

Parmi ces opposants, il y a également la catégorie de ceux qui s’affichent dans la cour des grands dont la verve étonne plus d’un dans la sphère politique congolaise. Le cas d’Armand Mpourou, Anatole Libongo Ngoka, William Bouaka, Mboumba, Mbousa, Artel Bayoundoula et bien d’autres qui n’impriment pas de grandes empreintes sur le terrain politique au Congo.
En somme, la majorité d’hommes politiques congolais ont fait soit école de Denis Sassou Nguesso donc du PCT, soit de Bernard Bakana Kolélas (Mcddi) ou de Pascal Lissouba (Upads). C’est ce qui pousse à dire que les hommes politiques congolais sont des amis de longue date; des gens qui ont servi le pouvoir, devenus ennemis, pas adversaires, parce que évincés par les membres de ce pouvoir. Car un adversaire est une personne opposée à une autre dans une compétition. Quand la compétition se termine, ils discutent de l’avenir sans rancunes ni querelles. Cependant, l’ennemi est une implication de deux concepts antagonistes en conflits l’un envers l’autre; c’est une personne qui veut du mal à quelqu’un; qui veut que celui qui l’a évincé d’un poste de responsabilité subisse la même chose.

La colère. Le «quittes-toi que je m’y mette»

Du coup, la personne évincée commence à dénoncer tout le mal du pouvoir: le non-respect des lois, des droits et des règles démocratiques, la dictature, la misère du peuple, la dilapidation des deniers publics, la gestion clanique et le tribalisme. Puis, la personne restée au pouvoir voit la traitrise en la personne évincée. L’énnemi est vite créée entre les deux.
Pour préserver le trône, les hommes au pouvoir procèdent par des intimidations qui se terminent souvent par l’emprisonnement des opposants qui ne sont autres que leurs anciens amis. C’est ce que les activistes des droits de l’homme appellent «le règlement de comptes.»

Si l‘opposant est un homme averti, il opte pour l’exil. Si non, il écope de plusieurs années de prison pour le faire taire. D’autres opposants meurent aussi en prison. Il y a aussi des opposants qui jouent double jeux. Ils parlent du mal du pouvoir le matin et se servent la nuit au Palais. C’est ce phénomène qui pousse à dire que le Congo n’a pas de vrais opposants. Il a plutôt un groupe d’amis qui se sert sur le dos du peuple. Car, tous (majorité comme opposition) parlent au nom de ce peuple, mais ne font rien pour ce peuple.
Si Le petit Larousse définissait le vrai opposant, nombreux ne feraient plus confiance aux hommes politiques congolais puisqu’ils les auraient mis sur le tamis pour connaître le vrai but du combat politique de chacun d’eux. Hélas !

Robert Gaillard ( Lagriffeinfos Journal)

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