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Guy Brice Parfait KOLELAS serait-il le mal-aimé de l’opposition ?

Guy Brice Parfait KOLELAS serait-il le mal-aimé de l’opposition ?

Par Jean-Claude BERI

Guy Brice Parfait KOLELAS a proclamé dans une conférence de presse,  ce  09 août 2020, son hostilité contre le projet de loi proposé par Mr MBOULOU, considérant que cette manipulation, est injuste et anticonstitutionnel. Malheureusement, cette sortie lui a valu les foudres d’une élite très remontée.  Malgré cette sortie louable, une image d’« insincérité» lui colle à la peau. GBPK s’étonnerait-il d’être détesté autant (mais qui aime être haï ?) et surtout de ne pas être reconnu pour ses efforts pour les populations du POOL.  Le ressenti n’est jamais loin du ressentiment : c’est la faute à 2016…  Mais pourquoi ce mépris ? Serait-il justifié??? Ne  se tromperait-on pas de cible ??

Entre les offres de compromissions, de corruption et de dialogue biaisé du pouvoir couplée des divisions de l’opposition qui refont surface à la veille des chaque élection, le navire Congo navigue dans des eaux troubles et incertaines. Tant les abords du rivage sont infectés par le virus qui risquerait d’envoyer tout le monde vers des destinations inconnues.

Dans moins de six, le PCT proclamera la victoire de son champion tant qu’il continue à dérouler leur plan machiavélique aidé par une élite de l’opposition qui peine à s’en sortir de l’échec de 2016. Une élite qui est restée scotchée a la vague de contestation et de salissure contre Guy Brice Parfait KOLELAS. Non sans raison, il faut reconnaître les positions de GBPK ont dérouté plus d’un congolais. Arrivé en tête des dernières élections et refusé de reconnaître sa victoire en choisissant de la céder à SASSOU NGUESSO est un affront qui restera pour certain une attitude impardonnable, voir une trahison qui justifierai sa crucifixion politique.

Cette peine décidée par une certaine élite est infamante et réservée, en général, à ceux qui ne sont coupables d’une haute trahison. Nul besoin d’aller disserter afin de trouver des circonstances atténuantes aux choix incompréhensible de 2016 fait par GBPK  Puisqu’il a tenté tant bien que mal d’expliquer son choix et de méconnaître la victoire de SASSOU. Depuis  cette surprenante prise de position en 2016, il n’est manifestement pas revenu en grâce auprès de la majorité des congolais surtout ceux de la diaspora . Mais pour cette élite bien-pensante, le mal est fait et GBPK sera marqué au fer rouge dans leur logiciel politique.

Pourtant il y a eu des cas de trahison dont on préfère passer sous silence, des cas de compromissions avérés qui sont accepté par cette élite préférant s’en accommoder. Pourtant toute honte bue, cette diaspora se proclame PRO OKOMBI, PRO MOKOKO, PRO BOWAO, PRO BOUKADIA, PRO TSATY, PRO MUNARI… Sont-ils plus propres que KOLELAS ???

On ne va pas refaire l’histoire, depuis, trois dynamiques animent la scène politique : celle amorcée par le pouvoir, qui contre vent et marée, qui nous impose des choix pervers et économiquement désastreuses. Celle des animateurs de ce que j’appelle des agitateurs du statut quo (ASQ). Ceux qui critiquent les actes des autres sans jamais rien proposé mais ont la critique facile pour démolir ceux qui osent. Et enfin celle d’une opposition prête au dialogue avec les autorités, vouée à des compromissions avec un verbiage mielleux au gout venimeux qui finissent, malheureusement par infectés certains. Ce qui est intéressant à signaler, c’est que les trois acteurs cités se revendiquent, chacun à sa manière, du combat démocratique pour une alternance.

Cet agenda est catégoriquement rejeté par le peuple et la société civile constituant le Pacte de l’alternative démocratique.  Il nous faut délivrer la bataille de la dénonciation de cette interprétation erronée de la loi proposée par Mr MBOULOU. Pour l’avoir fait, GBPK est de nouveau pris entre tous les feux d’une élite intransigeante. C’est une mauvaise lecture de la situation. 2016 n’est pas 2021. La rupture avec le système en place exige l’organisation d’une période de transition démocratique à même de satisfaire les aspirations légitimes du peuple congolais. L’opposition sur le terrain qui s’apprête à faire une conjointement une conférence de presse devrait transcender cette vague d’une élite qui se dit d’opposition mais est loin de se rassembler pour l’essentiel.   Cette élite crée par anticipation des situations de blocage pour faire passer une vision qui aujourd’hui se retrouve minoritaire au-delà de toute représentation ou ambition partisane. Si on accepte d’aller vers le dialogue entre opposants et essayer d’imposer une réalité nouvelle, on ne doit pas s’arc-bouter dans une position extrême et on garde la même radicalité. Il est important qu’il y ait un pont entre les deux rives. Si on rejette la main tendue de GBPK, assure-nous que nous choisissons la meilleure solution.

Aujourd’hui, le régime de SASSOU est bel et bien fini. Il s’est effondré. Les anciens relais politiques et autres affilés tapis dans l’opposition, sont totalement disqualifiés. Leur manœuvre est réduite considérablement. Le peuple de 2021 n’est plus celui 2016 et ne se laisser pas berner par les politiciens véreux et manipulateurs. De ce fait, un nouveau pacte politique devra être construit. Il le sera avec le courant démocrate pour l’alternance avec ceux qui l’auront signé. La seule et unique façon de faire représenter le peuple, c’est de canaliser les nouvelles énergies citoyennes vers un travail organisé et structuré dans un effort de rassemblement contre le système en place.

Cela risque d’être illusoire si nous continuons à traîner les velléités de 2016.  Il faut rejeter l’isolement des uns souvent confondu, a tort ou à raison, avec le souvenir douloureux de la trahison. Ce n’est pas mon propos ça je le laisse aux carriéristes politiques qui entre-déchireront après. Je me bats pour le Congo. Sans cette élévation d’esprit pour ne privilégier que l’essentiel,  on aboutira, comme le concluent certains congolais, à la figure du révolté assisté, c’est-à-dire qui a besoin, sans se l’avouer, que le régime reste, comme pour mieux vivre indéfiniment l’épopée de la lutte pour la libération.

Le YUKI est aujourd’hui un parti important de notre espace politique. Ce serait une erreur de faire croire que c’est un parti temporaire ou de le réduire à la fraternisation ethnique. J’en appelle d’ailleurs à l’organisation structurelle des autres mouvements afin de clarifier la donne.

A l’Elite congolaise, il serait judicieux d’encourager autre chose qui stimule la mobilisation de chacun d’entre nous, il faut sortir de la vision naïve qui consiste à croire que tout peut se produire tout de suite ou que quelqu’un, puisse-t-il être général, peut le réaliser ou l’offrir. Travaillons ensemble pour réussir ensemble . Soyons plus critique à l’égard de l’opposition off shore pro sassouiste, dénonçons la présence d’une opposition servile qui pâtit d’une absence de vision, asservie aux intérêts de ses maîtres, contrainte de leur trouver des justificatifs à des faits injustifiables.L’opposition doit-être cette équipe qui joue ensemble , les attaquant attaquent, les défenseurs défendent, le gardien stoppe. C’est de cette manière les meilleures équipes remportent les trophées.

La sortie médiatique de GBPK est à louer et nous devrons encourager les autres partis de faire autant. Il faut dénoncer tous les mécanismes mis en place par le système pour violer et usurper continuellement les élections. C’est pourquoi dire non à la manipulation de la loi maintenant, c’est déjà l’empêcher de se produire et sauver des vies humaines. Comme je l’ai déjà dit « TOUT EST DANS LA SINCÉRITÉ DE NOS HOMMES POLITIQUES »

Dans tout ça, c’est le peuple congolais qui est pris en otage par des hommes et femmes qui s’enferment dans une logique suicidaire du chacun pour soi.

Jean-Claude BERI

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