DIASPORA, Education, Justice, Politique, Société

Hissons le niveau de l’Opposition.

Par      Jean-Claude BERI

L’attentisme qui gangrène les Congolais les pousse parfois à des choix incompréhensibles. Les Congolais agissent comme cette image de la poule déplumée par HITLER et qui finit par suivre les grains de blé jeté au sol par ce dernier. On ne peut pas être opposant ou résistant et trouver les actes de ses bourreaux excusables. L’opposition doit affirmer sa fermeté dans ses choix et surtout dans sa démarche républicaine de justice. Il est inconcevable de lutter pendant 22 ans et s’apercevoir en fin de compte qu’on s’est trompé de combat.
Peut-on être fidèle au peuple congolais et aller manger à la table des bourreaux du peuple ?

Non, on ne se trompe pas de combat seulement, on perd sa conviction. Lorsqu’on poursuit un objectif, il faut s’armer de patience et de courage pour préserver et non se contenter de l’à peu près en cours de route. C’est indigne et c’est un discours mensonger qui n’honore ni les carriéristes politiques futures, ni une opposition qui accepterait de telles faiblesses dans nos rangs.

Résister à la corruption

La corruption est le point faible de l’opposition congolaise tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le pouvoir se sert des relations intrafamiliales pour piéger bons nombres d’opposants à se renier. La prise en charge d’un mariage, d’un décès, des frais de santé, etc… deviennent des portes grandement ouvertes à la corruption par le pouvoir de Sassou. Les Congolais sont devenus si pessimistes et malléables, sur leur travail, sur leur mode de vie, sur le futur de leurs enfants, qu’ils n’ont plus d’ambition que de préserver ce qu’ils ont avec, désormais, acharnement, voire avec violence. La méfiance couplée d’une corruption sauvage est devenue la seule devise nationale pour se hisser au-dessus de la mêlée.

Un militantisme pour le bien du Congo, c’est le choix de mon cœur.

Les tragiques événements de 1997 (guerre civile, coup d’état..) réveillèrent en moi l’âme patriotique me poussant à partager mon expérience de la communication avec d’autres congolais animés de la même passion au service de la paix de la démocratie, mais surtout la dénonciation de tout abus sur le peuple congolais. Un peuple dont l’avenir est mis entre parenthèses par une organisation criminelle qui a pris tout le pays en otage.
Pour certains, je ne suis qu’un parfait inconnu dans ce paysage de la diaspora congolaise de France. Pour d’autres, je suis un allié de longues dates dont les combats menés ensembles ne cessent de nous rapprocher et de raffermir notre volonté de croire en l’action de l’homme dans toute sa grandeur. Ne pas aimer le Congo, c’est ne pas s’aimer soi-même. Ce pays nous a nourris, c’est à nous de lui rendre ce qu’il nous a donné.

Le Congo, c’est une addiction très forte pour moi. Car je me lève en pleine nuit pour écrire, dénoncer, proposer quelques idées ou répondre à un ami lointain qui me donne quelques tuyaux. Renoncer à ça ? Cela ne m’a jamais effleuré l’esprit. Du moins pas tant que le Congo ne sera pas sauvé des mains des sadiques personnages dotés d’une cruauté inqualifiable qui l’avilie et le déstructure le transformant ainsi en une nation du repli sur soi. Mon Congo se meurt à petit feu. Sous le regard impuissant, il est plongé à une fréquence récurrente dans une mare de sang dont les fossoyeurs de la république se lavent les pieds.

Comment accepter un gouvernement qui se noie dans un océan des affaires de détournement, blanchiment d’argent public, de comptes offshore garnis de dollars usurpés au trésor appartenant à plusieurs membres de ce même gouvernement et laissé les jeunes étudiants congolais a l’étranger dans le dénuement le plus abject.  Pourquoi ce gouvernement s’est-il uniquement précipité a atténuer les souffrances des étudiants congolais à CUBA et ignorer ceux du SENEGAL , de RUSSIE, du MAROC…. qui se retrouvent presque au bord du suicide ? L’injustice sociale qui règne dans le fonctionnement de ce gouvernement est révoltante et atteint des proportions d’un sectarisme ignoble. Les étudiants de CUBA appartiendraient à une certaine catégorie dont les privilèges seraient bien ancrés dans les sphères du pouvoir. Non Monsieur, tous les étudiants doivent être traités de la même façon et avec les mêmes égards. Les excuses présentées aux officiels cubains doivent aussi l’être pour les étudiants se trouvant ailleurs qu’à CUBA. Aussi au moment ou nous publions ce papier , nous apprenons l’arrestation de certains étudiants congolais boursiers de CUBA, et le gouvernement aurait  demandé leur rapatriement au Congo Brazzaville  pour activisme . Nous prions le UNHCR d’assurer une protection à ses étudiants congolais, qui clairement sont désormais considérés comme des adversaires par le régime Sassou. J’exige les mêmes droits pour tous les étudiants…

Le pays tout entier semble s’être transformé en un gigantesque mur des lamentations. La peur, la haine et autres ressentis néfastes distillés ici et là par des apprentis sorciers et des aventuriers de la politique, ont plongé Brazza la verte, capitale de la France libre, dans les abysses de l’incertain.
Les débats de fond et de qualité ont déserté le champ des idées, livrant ainsi une population angoissée aux prédateurs du vote des citoyens.

Le Congo est devenu le terrain favori des manipulateurs et autres marchands d’illusions livrés  à la merci d’un homme du passé qui feint d’entré en colère lors du dernier conseil des ministres alors que le vrai coupable c’est lui et son laxisme pathologique. Le pays est gangréné de la tête comme le poisson pourrit de la tête.

L’espace médiatique s’est retrouvé aux mains des griots des temps modernes, qui l’accaparent sans vergogne et distillent des informations formatées par des éléments de langage réactionnaires. Ceux qui tentent de dire autrement la vérité sont embastillés et enfermés dans des geôles insalubres. On se demande s’il existe encore une place pour des journalistes citoyens honnêtes dans des médias qui appartiennent à une organisation « clanico-mafieuse » avides d’engranger des bénéfices aptes aux Slaves du culte de la personnalité et peu soucieux d’une véritable information.

 En martelant dans les medias sous tutelle que la vie politique congolaise est assainie et que les institutions d’opposition sont mises. Ces signaux  ne sont que les étapes d’une communication à la Goebbels. Ces faits qui sont ainsi martelés sans relâche par les médias à la solde du pouvoir n’ont pour but que de convaincre le peuple que la vérité est dans leurs camps. Ce genre de rhétorique mis exprès en exergue par le pouvoir ne peut que cliver la société congolaise et menacer sa cohésion.

À force de stigmatiser et de montrer du doigt une région (POOL), on finit par fissurer le tissu social. 

Je me permets ici de rendre hommage à Ghys fortuné DOMBE BEMBA qui vient de payer le prix fort pour avoir refusé d’être le « chien de garde » de la République. Pour avoir résisté à la tentation de l’autocensure qui l’aurait permis d’avoir la mangeoire bien garnie. Autant mourir de faim, mais debout, en combattant pour la liberté et la démocratie. Ces valeurs n’ont pas à être sacrifiées sur l’autel de l’argent.Loin des chapelles, mon combat trouve son essence dans l’ambition d’un Congo retrouvé dans la paix et l’unité tel est le sacerdoce que je me suis imposé. Un militantisme pour le bien du Congo, c’est le choix de mon cœur. Certes, ma vérité est relative, seulement, je m’efforce d’être objectif et de traduire une information sans tabou pour sensibiliser un peuple aux yeux bandés cherchant la lumière.

Puisse Dieu m’aider à le réaliser

Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI

Activiste , lanceur d’alerte

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