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Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état

Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état

Jean-Claude BERI

 

Absence de volonté, excès de zèle, laisser-aller, le COVID 19, l’administration congolaise est devenue un gigantesque défouloir de tout. Les usagers sont traités avec la plus inqualifiable des attitudes désinvoltes qui soit, sans que cela n’interpelle les autorités. Les relations entre les Congolais et leur Administration sont devenues tellement exécrables que seules les personnes les plus initiées aux méthodes de l’ethnicisme, du régionalisme, du clanisme, du clientélisme, du forcing, etc… peuvent espérer obtenir gain de cause dans leurs démarches.

S’inscrivant dans une dynamique de recherche de réponse à l’intérêt de la collectivité nationale et à celui des agents publics eux-mêmes, exige de notre part un engagement ferme et déterminé, pour mener une critique susceptible d’aider à améliorer les performances de l’Administration publique Congolaise en totale perdition. La société congolaise perçue en 2020 est une société à l’abandon, en perpétuelle usure morale et décrépitude

 Le constat est alarmant et très inquiétant, et ce n’est pas d’aujourd’hui. C’est une société congolaise fragmentée en mal d’ambition collective qui se dessine chaque jour en creusant progressivement une atmosphère soupçonneuse et désarmante de descente en enfer. Cette situation, connue de tous, provoque aujourd’hui un sentiment de repli sur soi, une volonté manifeste de se protéger de l’autre avec en toile de fond un sentiment sous-jacent d’injustice.  Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien traités que ceux qui la bafouent quotidiennement. L’émergence d’un sentiment de « Racisme social congolais » voit le jour mettant en concurrence les Congolais non pas pour faire éclater l’excellence au travail, mais bien pour encourager la frustration et la médiocrité au quotidien.

Les responsabilités de l’Etat engagées.

La responsabilité des autorités politiques est cruciale car le changement dépend de leur connaissance, de leur expérience et de leur conscience de la gestion de l’Etat, l’administration étant en charge de missions de préparation et de mise en œuvre des politiques publiques. En dépit des résistances, quand la volonté politique est présente et déterminée, elle s’impose.
Il faut plus d’exemplarité au sommet de l’état. On ne le dira jamais assez, il est indécent pour les hommes politiques congolais d’étaler un patrimoine douteusement acquis tout en réclamant des efforts aux citoyens privés du minimum. L’expansion de la corruption devenue le sport favori des hommes politiques met gravement en danger toute volonté de bonne gouvernance et toute ambition nationale de démocratisation de l’administration congolaise. En favorisant le clientélisme des uns au détriment de l’excellence par la méritocratie des autres, l’Etat crée du communautarisme qui alimente aujourd’hui le pseudo débat déplacé sur le tribalisme. Si l’Etat lâche ses minorités dans la fosse aux lions, celles-ci ne peuvent que resserrer les rangs.

On doit dire clairement que le niveau exemplarité de l’Etat congolais laisse à désirer, On a connu les nominations des amis du coup d’Etat, vous savez ceux qui ont partagé les mêmes ambitions de la destruction de la jeune démocratie congolaise, et qui se sont vu confier des postes importants dans la haute-administration politique et militaire. On a aussi eu le mixage de poste de ses fidèles conseillers et les amis d’Antoinette. Ce qui est toujours inquiétant pour un chef de l’État ou pire qu’il vit aujourd’hui dans une bulle. Totalement déconnecté de l’opinion publique et du jugement des Congolais à son égard.

Disons-le clairement, certaines attitudes affichées par les acteurs politiques ont provoqué un élan de replis sur soi très négatif sur la conception de la gestion de l’administration publique. Comme ce qui ce qui se serait passé à l’hôtel PEFACO Des passagers du vol Ethiopian Airlines, arrivés à Brazzaville le 17 juin 2020 et logés à l’hôtel PEFACO, se sont révoltés peu après leur confinement. La raison évoquée sont multiples : Mauvaise prise en charge, manque d’information, et surtout discrimination dans le traitement des cas.  Il semblerait d’après les infos recueillies certaines personnes mises en quarantaine auraient bénéficié-es d’un traitement de faveur exceptionnel pour cause de liens familiaux avec la Ministre de la santé Si cela s’avérait être vrai c’est condamnable. Il n’y a pas de passe-droit en matière de justice et de santé. La grogne des personnes restées cantonnées en quarantaine serait donc justifiée

Il est à noter que cette sortie en catimini de l’hôtel PEFACO ne pouvait intervenir sans l’autorisation du médecin chargé de gérer ces placements en quarantaine. Les restrictions qu’imposent le traitement du dossier COVID 19 sont claires. On se demande qu’est ce qui justifie que les mêmes passagers d’un même vol soient différemment traités Comme on le constate, et nous l’avons dit plus haut les responsables ne prêchent toujours pas par l’exemple. De même à quoi sert le fond de solidarité initié par le gouvernement contre le COVID 19, puisque les hôpitaux manquent cruellement d’aspirateurs, les malades, à l’exception des dignitaires du pouvoir, sont laissés à l’abandon. Le cas Marie MPOUELE est édifiant.

La société congolaise, comme toute organisation en mouvement, au service d’un environnement donné n’a de chance de se développer que si elle est pensée, réfléchie. Ainsi donc, la part de la réflexion efficacement conçue en amont, concrétisée par une action vigoureuse, demeure déterminante pour une réforme administrative en profondeur.

De même, il serait nécessaire dans le cadre général de la modernisation de l’Etat de définir et mettre en place une charte de qualité et d’excellence, pour mettre véritablement l’action publique au service des citoyens et donner une clarification de la notion d’Etat. En effet, c’est par la promotion d’une administration publique capable de libérer les énergies, de construire la démocratie, l’Etat de droit et de conduire le développement, que le Congo pourra espérer intégrer la marche du millénaire, au rythme de la compétitivité imposée par la mondialisation, présente et incontournable. Pour cela SASSOU doit partir , il est incapable de redresser le pays.

Il est urgent de revenir aux fondamentaux, à la défense de la République, de la nation, de l’Etat. On ne peut pas se couper des aspirations du peuple congolais, comme c’est le cas aujourd’hui. Ce que les agitateurs politiques à la solde des officines de Denis Christel SASSOU NGUESSO pensaient tracer un passage sans épines vers 2021. Aujourd’hui ils ne savent plus à quel saint se vouer. Adouber par le père pour briquer le fauteuil présidentiel en 2021, le rêve insolent de Denis Christel SASSOU NGEUSSO est en train de faire putsch.  Happé par la spirale judiciaire incessante de détournement, il est clair que c’est un échec prévisible que de vouloir insister dans cette perspective. Les conséquences seront énormes pour cette épicerie qui redoute la fin de règne du Clan SASSOU. KIKI ne peut être le garant de ce clan, car il n’a ni l’étoffe ni la poigne pour maîtriser les tensions économiques, sociales et politiques qui pointent tous les jours à l’horizon. « Denis Christel SASSOU, c’est plus de 5 milliards US$ qui ont été détournés au détriment de l’Etat congolais. À travers des montages complexes de sociétés écrans dans plusieurs paradis fiscaux, ce qu’il convient d’appeler le Clan Sassou Nguesso, a siphonné les ressources du pays jusqu’à en provoquer la faillite économique. »

Pour les politiques congolais, il s’agit là d’une exigence, d’une urgence, d’un défi à relever, en tout cas, d’une ardente obligation pour donner à l’Etat la stabilité et la légitimité indispensables à la consolidation du présent et à la préservation de l’avenir. C’est à ce prix que L’Etat de plus en plus marginalisé, aura des chances de gagner et avec plus de dignité, la bataille de la reconquête de la vraie justice sociale au quotidien.

 

Jean-Claude BERI

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