DIASPORA, Politique, Tribune libre

Je suis MAKOME !!

Jean-Noël MABIALA

Par :  Jean-Noël MABIALA   

 

Chers Amis

Autant je ne pers jamais mon temps à commenter les balivernes et les pseudo-événements que distillent le régime de Sassou pour amuser la galerie et divertir celles et ceux qui combattent farouchement cette dictature, autant il y a une analyse politique plus profonde plus sérieuse à faire sur l’affaire du RDV manqué du Bristol. Il faut aller au-delà des puériles suspicions sur qui est allé ou pas faire le pied de grue dans le hall de cet hôtel, pour recevoir in fine un pied de nez du dribbleur infatigable !

Je ne reviendrais pas sur le principe d’un dialogue avec Sassou, qui pour moi est une hérésie ou une imposture teintée d’amnésie volontaire de la part de ceux qui proposent un dialogue sous les auspices du voyou qui a mis le Congo à feu et à sang. Sassou ne voudra jamais d’un dialogue avec les Congolais qui demandent à le juger de tous ses crimes ; car il devra répondre tôt ou tard. Cette exigence ne changera rien au chaos actuel dans lequel il a plongé le pays. Cette intransigeance de notre part ne saurait nous rendre coupables de la violence qui sévit au pays depuis trop longtemps. C’est illusoire de vouloir le caresser dans le sens du poil pour obtenir le renforcement de son sentiment d’impunité.
C’EST COMPLÈTEMENT ABSURDE DE DEMANDER AUX VICTIMES QUE NOUS SOMMES DE PARDONNER OU D’ABSOUDRE D’AVANCE LES CRIMES DE NOS BOURREAUX POUR ESPÉRER LES AMENER À DE MEILLEURS SENTIMENTS ! Rien ne pourrait rendre la bête immonde qu’on a en face, encore plus forte et plus féroce que cette faiblesse intériorisée par les victimes.

Dans cette affaire du Bristol, le plus grave et le plus dramatique c’est ce qui semble en être l’épilogue, avec la vidéo de Monsieur MAKOMÉ. Si cette vidéo est authentique, elle peut d’ailleurs ne pas l’être, puisqu’il n’est pas difficile de reconnaître que le désarroi et le désespoir qu’elle évoque dépasse le cas de ce compatriote, je déplore la légèreté avec laquelle certains commentateurs le jettent en pâture !
Si sa situation est aussi dramatique, je voudrais d’abord dire mon soutien républicain à ce compatriote. Seuls des irresponsables feindront de ne pas comprendre que l’on ne peut vivre en exil éternellement sans ressources régulières. Et il n’est pas donné à tout le monde de se reconvertir et trouver un emploi digne en Europe ou simplement hors de chez soi, à a fortiori à un certain âge.

Mais le plus grave est ailleurs.

Au nom de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui prône le droit pour tout être Humain à subvenir à ses besoins vitaux et à prendre en charges ceux de sa progéniture et de ses ascendants, JE SUIS MAKOMÉ
Et je CONDAMNE avec la plus grande fermeté la dérive dictatoriale, que je qualifierais « D’ERREUR HISTORIQUE », qui est à l’origine de cette situation, qui encore une fois, n’est pas l’apanage d’une seule personne ! Sassou est sa bande sont UNE ERREUR, une phase d’égarement, comme cela arrive parfois dans l’histoire d’un pays : l’Allemagne a connu la sienne avec le 3ème Reich !
Après l’apurement des contentieux historiques Sassou et sa bande seront voués aux oubliettes. Sassou n’accédera jamais à la Dignité suprême d’Hirondelles Immortelles, définie par mon ami Alain Mabanckou, à laquelle appartiennent Marien Ngouabi, Emile Biayenda, Massamba Débat, Thomas Sankara et bien entendu Nelson Mandela !

Le combat que nous menons a vocation à CORRIGER cette ERREUR, tôt ou tard.
TOUS LES CONGOLAIS DE L’INTÉRIEUR comme de L’EXTÉRIEUR sont logés à la même enseigne, sont victimes de la même violence économique et psychologique. Qui n’a pas été tenté de lancer le même SOS à Sassou ou à ces larbins pour avoir l’assurance qu’il peut aller enterrer un parent au pays sans être inquiété pour avoir pris des positions politiques qui condamnent ce régime dictatorial ? Je vous avoue que l’idée m’a traversé la tête il y a 3 ans quand j’ai perdu coup sur coup dans la même semaine, ma sœur cadette et mon fils (unique fils de feu mon oncle)…

La réaction la plus humainement et politiquement responsable est celle de resituer cette détresse personnelle dans le contexte général du Congo et d’inviter les CONGOLAIS DE TOUT BORD À S’INSURGER CONTRE CET ÉTAT DE FAIT.

Jean-Noël MABIALA 

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