Economie

KAKU NUBUKPO ou l’anti-modèle congolais, l’anti-modèle d’Afrique centrale et français

 

Par :      Felix BANKOUNDA MPELE

Au Congo et en Afrique centrale, de façon générale et à quelques rares exceptions, l’élite reproduit à peu-près le schéma français des structures et de la stratégie avec les dictateurs établis. Non pas que le modèle français soit forcément inadapté ou opposé à celui susceptible de fonctionner en Afrique, d’autant plus que la France elle-même est passée par plusieurs emprunts dans nombreuses de ses structures, mais celles-ci, en Afrique, devraient être soumises à mûre réflexion, à un sérieux ‘palpage’ avant leur déploiement ou mise en oeuvre.

Cela n’a pas été, et pour différentes raisons, le cas immédiatement après les indépendances. Il est ainsi impérativement temps, soixante ans après, cette année, de donner l’estocade à certaines vieilles structures, transposées sans discernement, qui sommeillent souverainement sur le continent. L’initiative peu banale au mois de décembre dernier, sur le fcfa, a été un remarquable bond, mais on est loin d’être sortis de l’ornière encore. Nous n’avons cessé de le rappeler, la survivance prolongée du cfa après les indépendances n’a été que le corollaire du maintien de vieilles et dépendantes structures politiques, de dirigeants africains sans envergure politique dont la seule légitimité était essentiellement française, et qui pour cela ne pouvaient se risquer à remettre en cause le pacte financier notamment qui les liait à l’ancienne puissance coloniale. Et qui lui-même participait du Pacte global qui constituait l’assise de leur pouvoir.

Désormais, avec la grosse secousse sur le fcfa, la donne change, mais pas totalement. Le moteur, c’est à dire des chefs d’État inféodés, reste encore français de façon générale. Car, restera posée la question de savoir si les retombées attendues d’une monnaie souveraine africaine ne connaîtront pas la même destination que les immenses revenus de nos matières premières qui, comme on le sait, terminent dans les banques occidentales ou dans les paradis fiscaux ! Il faut ainsi, se donner les moyens d’une autre urgence qui consiste dans la remise en cause du modèle présidentiel français reproduit dans toutes les anciennes colonies d’Afrique, et qui est LE GUICHET UNIQUE de la mainmise étrangère, LE GUICHET UNIQUE d’un mode tribal, régionaliste et obscurantiste de gestion de la chose publique. C’est ce à quoi nous nous attelons et contribuons depuis quelques temps, en attendant la mise à disposition auprès du plus grand nombre de ce travail. Il faut couper le dernier cordon, REPENSER LE PRÉSIDENT AFRICAIN ! C’EST L’AUTRE URGENCE.

À propos de la similitude de la stratégie de la France avec une certaine élite africaine, celle-ci a souvent fait le choix du copinage, celui de la compromission avec les leaders sans scrupules, au profit de leurs petits intérêts personnels, de carrière et mercantile, au détriment de l’intérêt général et de la percée du continent : tant que j’en profite, continuons toujours ainsi, et ça dure depuis soixante ans.

Il est intéressant, réjouissant d’entendre cet intellectuel Togolais dire que « Je ne suis pas carriériste, je privilégie l’intérêt général, …celui de mon continent, et je n’ai pas hésité dans le passé à démissionner quand ça allait dans le mauvais sens ». Il constitue, en cela, l’anti-modèle de l’élite congolaise, de l’élite d’Afrique centrale ou jusqu’au bout et jusqu’à la bêtise, on se bat pour la défense et la protection de son gâteau, contre ses compatriotes, contre le continent, et au service des criminels.

Bravo KAKU NUBUKPO. ..

 

Felix BANKOUNDA MPELE

 

Laisser un commentaire