Politique

La France lâche Denis Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville.

 

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

Les carottes sont cuites !

Telle une âme en peine, il va dorénavant errer ça et là en vue de trouver d’autres soutiens. Cela semble être le chant des cygnes, quoi qu’il faille être méfiant en politique. Une bête blessée est toujours imprévisible.

Plus rien ne sourit à notre dictateur de Président désabusé malgré ses nombreux gages de bonne volonté vis-à-vis de ses maîtres. Même le pétrole qu’il gère à sa guise au détriment du peuple congolais ne semble plus être en mesure de lui sauver la mise. Pour rappel, au Congo-Brazzaville un congolais sur deux vit avec moins d’un dollar par jour et a déjà bu le calice jusqu’à la lie.

Après son rappel à l’ordre élyséen de septembre dernier de remettre en liberté les prisonniers politiques dont le Général Jean-Marie Michel Mokoko et l’injonction de ne plus briguer un énième mandat, les chiens de garde de la France sont toutes dents dehors prêts à mordre le dictateur.

Les journalistes français osent parler ouvertement de Sassou-Nguesso comme d’un président infréquentable bien qu’il ait fait le déplacement aux frais du contribuable congolais pour venir assister aux obsèques de son ami à qui il doit tout. Dans le même concert, son fils, digne successeur du président dictateur, est taxé d’avoir détourné 50 millions de dollars du trésor public congolais pour ses frasques.

Encore une fois, le Congo-Brazzaville est sous les feux de la rampe pour de mauvaises raisons. On n’a pas de quoi s’en réjouir. Tout ceci est triste et humiliant pour tout Congolais. Triste, car quoique l’on se dise, monsieur Sassou est celui qui représente le Congo-Brazzaville à l’extérieur. Sa mauvaise image a déteint sur tout un pays. Tout ce que reçoit en retour le peuple congolais c’est l’opprobre et les quolibets de la communauté internationale. Le peuple congolais à travers son Président en exercice, monsieur Sassou, est perçu comme un peuple voleur et fainéant. Le fils de ce dernier n’est pas en reste, lui qui veut briguer la magistrature suprême avec un curriculum vitae de pilleur en chef des deniers publics. C’est une honte d’être Congolais actuellement.

Cette vision de la presse occidentale sur le Congo-Brazzaville n’est en rien ce qui caractérise le peuple congolais, autrefois digne, fier, vaillant et travailleur. Mais depuis des décennies, la guerre, la corruption, la misère, la mendicité, la dépravation des mœurs sont devenues son lot quotidien ne sachant plus à quel Saint se vouer. Même Dieu est aux abonnés absents nonobstant la ferveur religieuse qui sévit dans ce pays. La religion est devenue l’opium du peuple congolais, un pied de nez pour les anciens marxistes-léninistes convertis à la démocratie par pure opportunité. Qu’à cela ne tienne « Allons seulement » est devenu l’expression du désespoir à la place de « Tout pour le peuple rien que pour le peuple.» Les impérialistes ne sont plus ceux que l’on pourfendait hier ; Le valet a pris la place du seigneur. Mais, quoi qu’il en soit, un éclairci surgira et le Congo-Brazzaville resplendira de nouveau dans l’unité.

Qui blâmer ? Le peuple ne mérite-t-il pas les dirigeants qu’il a ? Nous avons laissé ces hommes politiques préférer leur confort personnel à l’intérêt commun. L’approche des élections truquées est le moment propice pendant lequel ils pensent au peuple avec des arrières pensées sordides.

Depuis fort longtemps le colonisateur français a quitté théoriquement le Congo-Brazzaville qui est devenu soi-disant indépendant. Mais pour quels résultats ?

En ce jour, j’exhorte les Congolaises et les Congolais à faire leur examen de conscience, leur introspection afin qu’ils puissent trouver le chemin de la rédemption. Notre beau pays sombre dans la dépression à cause de la folie d’un clan mafieux qui a mis sous coupe réglée notre patrie.

Le Congo-Brazzaville devient la risée du monde entier à cause de monsieur Sassou-Nguesso qui au crépuscule de sa vie politique veut entraîner tout le monde dans le chaos. A-t-il peur de voir les autres réussir là où il a lamentablement échoué ? C’est son dilemme kafkaïen. Nous ne le suivrons pas sur ce terrain là car nous savons de par le passé de quoi l’homme est capable. Nous aurions tort de sous-estimer la stupidité humaine.

La France jadis terre des droits de l’Homme, lumière pour éclairer le monde, a baissé pavillon pour ne devenir qu’une puissance économique sans conscience, mondialisation oblige ! Mais cette France ne pouvant complètement sombrer, nous envoie des signaux subliminaux à nous autres citoyens du monde, démocrates ou républicains congolais épris de liberté. En ces temps de clair-obscur, c’est le moment de se structurer en une opposition responsable afin de bien et mieux porter les revendications plus que nobles de notre peuple longtemps délaissé et qui ne voit qu’un mirage avec un horizon qui s’assombrit au jour le jour.

Le premier des Congolais né indépendant le 15 août 1960 a 59 ans aujourd’hui. En cela nous sommes obligés de nous comporter en hommes responsables et d’être traités en partenaires par ceux qui se sont accaparés nos terres pour s’enrichir au détriment du peuple qui y vit. C’est un paradoxe de plus. C’est le drame que nous vivons au Congo-Brazzaville, pays de nos ancêtres dans lequel nous sommes devenus des étrangers.

La digue se fissure, les amis tirent leur révérence, les soutiens viennent à manquer et même le pétrole sauveur devient sulfureux dans ce monde dans lequel nous nous battons contre le réchauffement climatique. Tous ces signes montrent que les temps changent, et c’est à nous d’être à la hauteur des faits quand l’histoire nous appelle. Ils ne feront pas le boulot à notre place ; Soyez-en sûrs.

Le seul terroriste qui réside au Congo-Brazzaville est la pauvreté contre laquelle nous devrions livrer une bataille acharnée. Plus d’un demi-siècle d’existence, il serait injurieux de penser que nous n’y parviendrons pas.

Tout système a une fin. Celui de monsieur Sassou porté à bout de bras en dépit de la volonté du peuple montre des signes de faiblesse et nous en percevons les soubresauts. Il est temps de s’en défaire sans effusion de sang. Le Congo-Brazzaville est un et demeurera indivisible. Aux extrémistes de tout bord, l’heure est à la raison qui fait de nous des êtres civilisés.

La realpolitik ou le néocolonialisme veut que ce soit la France qui tire les ficelles pour prévenir des pannes d’essence chez elle et l’afflux des Gilets jaunes dans la rue. Mais jusqu’à quand ? « N’est-ce pas les masses qui font l’histoire sans histoires » comme disait l’autre ?

Nous avons grandi dans la douleur, le déchirement, le reniement avec un esprit troublé, mêlé de sentiments contradictoires vis-à-vis de notre compatriote du seul fait de son ethnie, de sa localisation géographique. Il est maintenant temps que nous soyons seulement CONGOLAIS.

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais nous osons croire au printemps congolais qui verra fleurir ces belles fleurs du bougainvillier à l’hibiscus en passant par la rose, senteurs du Congo éternel. Notre seul but est de retrouver la joie de vivre et notre fierté. Nous n’avons que trop pleuré pour baisser les bras maintenant.

C’est Romain Rolland qui écrivait : « Même sans espoir, la lutte est encore un espoir.»

Globalisons les luttes pour la victoire finale !

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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