DIASPORA, Politique, Société

La France se barricade après avoir pillé l’Afrique.

 

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

Marine Le Pen l’a rêvé, Emmanuel Macron l’a réalisé.

Voilà que se profile à l’horizon le remake du deuxième tour de l’élection présidentielle française de 2017 entre ces deux protagonistes de la surenchère populiste ; Blanc bonnet, bonnet blanc. C’est ce que l’on appelle de la politique politicienne.

La France de Macron instaure des quotas pour mieux réguler son immigration, en somme une immigration choisie tel un casting de la vente des esclaves du temps peu glorieux de la colonisation française. L’on aurait pu croire à une immigration économique ou intellectuelle, mais c’est de la main d’œuvre à bon marché dont a besoin la France.

Après le pillage économique de l’Afrique du temps des trente glorieuses, les bras manquent dans l’hexagone pour venir en aide aux populations âgées du fait de l’augmentation de l’espérance de vie. A cela s’ajoute les travaux pénibles que dédaignent certains Français et réservés exclusivement aux étrangers. Ainsi, la France a besoin de manutentionnaires, de femmes de ménages et de chambre, d’agents de propreté, d’aides soignants, d’éboueurs, de médecins à type de variable d’ajustement, etc. Ces métiers qui empoisonnent leur vie quand ils ne sont pas pourvus.

Aux esprits mal intentionnés, qu’ils sachent que la politique, le gouvernement, la haute administration sont exclusivement réservés aux Français. De ce côté là, rien ne doit changer de peur d’une invasion ou d’un remplacement par une cohorte de barbares. Les dés sont pipés.

Les quotas sur l’immigration économique ne sont pas là pour attirer une main d’œuvre qualifiée ou des élites, quand on sait que ceux qui s’y trouvent déjà, doivent se contenter du Conseil présidentiel pour l’Afrique. Il s’agit là des Élites Noires Françaises dont on ne sait quoi faire en France, mais au service de l’Afrique. C’est de l’intégration selon les origines, ce qui n’est ni plus ni moins qu’une escroquerie intellectuelle qui vise à ne pas intégrer à des postes de responsabilité politique ou administrative ceux que l’on ne veut pas voir comme Français. Combien de Français Noirs qualifiés ont systématiquement leur CV (curriculum vitae) rejeté sans être lu ?

La seule question qui faille se poser c’est celle de savoir si l’Afrique, un continent aux multiples talents, a besoin de ces Africains Français que l’on n’intègre pas en France ? L’Afrique n’est pas une poubelle et mérite beaucoup de respect en tant que berceau de l’humanité.

La France ne pourra résister à cette masse migratoire venue d’Afrique car celle-ci suit le chemin de l’argent pillé dans son continent, entreposé et utilisé en Occident pour le bien d’autres peuples. En fermant ses frontières à double tour avec des fils barbelés tel un Fort assiégé, cette même France quittera-t-elle l’Afrique et laissera-t-elle les Africains s’assumer ?

Le soutien très fort de la France aux dictateurs africains, ces Rois nègres qui servent de Préfet pour la France, est un mauvais signal pour une saine éclosion de la démocratie dans nos pays. La corruption d’un petit nombre d’entres nous suffit à freiner l’essor de tout un continent pendant qu’ils pillent nos richesses au vu et au su de tout le monde et en toute quiétude.

Cet acte de divorce posé par la France a le mérite d’exister, mais incomplet car flou ; En même temps la France veut garder le beurre, l’argent du beurre et la crémière pour son propre plaisir.

La jeunesse africaine ne doit pas désespérer, car à l’heure du numérique, dont nous ne pourrions que nous réjouir, le savoir est à la portée de tout le monde. Nul besoin de s’expatrier pour acquérir les bases de notre développement.

La France a choisi l’enfermement, le repli sur soi de ces peuples en voie de perdition ; Cela est son choix. Même si tout citoyen a le droit de s’établir où il veut selon le strict respect des lois, l’hexagone est devenu la terre des illusions perdues dans laquelle la stigmatisation des étrangers est devenue une norme suffocante, ce qui ne peut que nous inquiéter.

Les Africains dans leur infinie sagesse devront-ils imposer des quotas aux Français en fonction de nos besoins ? La question a le mérite d’être posée et le débat est ouvert.

L’Afrique, notamment Francophone, depuis ses indépendances n’a jamais jusqu’aujourd’hui perçue les bienfaits de sa coopération avec la France. Les drames humains, sociaux, économiques, sanitaires, politiques et militaires qui nous assaillent, sont là pour démontrer les effets pervers de cette coopération à travers l’Agence française pour le développement (AFD) ; C’est bien une agence française qui gère l’Afrique. Quelle misère !

La France frileuse, qui tisse du mauvais coton peut se barricader. Cela ne nous gène pas car ce qui s’y passe de l’intérieur n’est pas réjouissant, une société minée par le racisme, l’antisémitisme, et elle n’est plus une terre promise. Mais cette dernière doit aller loin dans sa réflexion en arrêtant de maintenir en place en Afrique, ces dictateurs qui leur servent la soupe au détriment des Africains qui ne cessent de dépérir pendant que l’obésité gagne la France.

La France ne pouvant assumer à elle seule toute la misère du monde, ne doit pas se défausser de sa responsabilité éminemment historique de la misère, responsable de l’immigration de la faim qu’elle a créée en Afrique par des pratiques peu orthodoxes.

Pour paraphraser Abraham Lincoln, je dirais : «On peut tromper une partie du continent africain tout le temps et tout le continent africain une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le continent africain tout le temps.»

Le réveil de l’Afrique procure des sueurs froides que même des lois liberticides ne pourront arrêter.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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