Politique, Société

La nuit des longs couteaux au Congo-Brazzaville.

Par :   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

A l’approche de l’élections présidentielle de 2021, une recomposition du paysage politique semble se dessiner. Les entrepreneurs politiques congolais sont de sortie avec des agendas longtemps cachés.

La politique congolaise est faite de corruption, trahisons et liaisons incestueuses.

Alors que l’opposition congolaise dans son ensemble devrait s’opposer à l’action du gouvernement congolais qui s’auto-satisfait de son incompétence à régler les problèmes du quotidien du peuple congolais, les manœuvres de débauchage politique commencent. C’est l’heure du mercato. Ne dit-on pas que la vertu n’est qu’une question de choix ? Chacun de nous en accord avec sa conscience assumera ses propres turpitudes devant le peuple congolais. « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. » disait André Malraux.

L’opposition congolaise nommée, nourrit au lait et au miel de la dictature sort son mémorandum pour accompagner une énième fois Sassou à une réélection quasi assurée en 2021 tant il est le seul à choisir le score qui lui sied. Cette opposition ne se réveille qu’à l’approche des élections. Pendant ce temps, les conditions de vie de nos concitoyens qui se dégradent au jour le jour ne semblent pas intéresser ceux qui ont fait de la politique au Congo un fond de commerce juteux. Chaque écurie telle une PME doit prospérer sur la base du ressentiment tribaliste.

Le vrai problème de l’action politique au Congo-Brazzaville n’est pas le bien être des Congolais mais la manne financière à se répartir entre petits copains et coquins. Ceux qui ont connu la traversé du désert ne veulent plus la revivre et ceux qui ont déjà goûté aux délices du pouvoir veulent toujours leur part du gâteau quoi qu’il en coûte en termes de compromission. Alors comment ne pas s’étonner de la malgouvernance qui associe le pouvoir actuel et certains opposants d’hier ? Le rôle du politique a été dévoyé jusqu’à réduire ses propres concitoyens à l’état d’esclaves. C’est là notre drame mais qui n’est pas insurmontable.

La lassitude a envahi une partie de l’opposition congolaise écartée du buffet. Certains d’entre nous commencent à baisser pavillon attirés par les sirènes du pouvoir qu’ils avaient côtoyées autrefois. C’est le violent coup de poignard que le peuple congolais vient de recevoir dans le dos.

Désabusé, le peuple congolais assiste incrédule à un spectacle pitoyable, indigne de nous. Notre crédibilité est plus qu’entamée. La cohérence de la pensée et l’action est un élément essentiel du discours politique. Lorsque l’on fait de la politique l’on ne s’appartient plus ni à sa famille, l’on appartient au peuple qui scrute nos faits et gestes. Nos actes d’aujourd’hui conditionnent nos vies de demain. Le peuple congolais n’est pas naïf de ces tractations réalisées au coin d’une table de bistrot. Envolés les grands discours lyriques face à la triste réalité qui nous ramène à la mangeoire, le lieu le plus prisé des politiques congolais. Le peuple congolais attendra son tour tel est dorénavant leur leitmotiv. Les promesses n’engagent-elles pas que ceux qui y croient ?

Sassou distille au gré de son bon vouloir à son opposition congolaise les 14 000 000 000 milliards de francs CFA stockés à la banque centrale d’Oyo. Les virées nocturnes de certains membres de l’opposition congolaise chez le dictateur commencent à payer ; C’est un secret de polichinelle. Tout homme a un prix et le ver est dans le fruit. N’oublions jamais que seul le peuple congolais est le souverain primaire et que rien ne pourra se faire sans lui.

A nos sœurs et frères égarés qui ont préféré le champagne pour eux à l’eau potable pour tous, nous leur souhaitons bonne chance. La politique au Congo a toujours été faite d’allers et retours au gré des intérêts personnels. C’est cette façon de faire de la politique que nous ne voulons plus, qui relance la cristallisation entre le Nord et le Sud. Les vieux démons ont la vie dure. Sassou sème le vent de la discorde. Là où nous construisons des ponts de la fraternité, il s’ingénue à ériger les murs de la division.

L’heure de refondation de l’opposition congolaise a sonné. Il est temps de rassembler dans notre opposition congolaise toutes celles et tous ceux quelque soit leur passé ou pedigree veulent apporter leur contribution à l’édification d’une société congolaise responsable et démocratique. Le sectarisme n’a pas lieu d’être au moment où l’union fait la force de notre mouvement populaire.

La politique consiste à mettre son talent, son action au service du peuple et non de soi. Le problème du Congo-Brazzaville se résume en un mauvais leadership incarné par notre timonier national. Son absence de vision et son aveuglement politique sous-tendus par le tribalisme lui donne une vision étroite sur le devenir de notre pays. Il gère le Congo-Brazzaville comme une épicerie familiale en distribuant des sucreries à l’opposition congolaise qui en est friand.

L’opposition congolaise prend l’eau de toute part d’où le silence de cathédrale de certains d’entre nous devant la situation tragique de nos étudiants à l’étranger impayés depuis des lustres. Il est temps de colmater les brèches pour ne pas sombrer de plus belle. Nos doutes sont des traites qui nous font souvent perdre par crainte d’entreprendre la bataille que nous pourrions gagner. Il n’y a pas de quoi que nous ne gagnions pas celle-ci.

La légitimité de la lutte contre la dictature du Congo-Brazzaville n’incombe pas qu’à certains mais à tous les Congolais résidant au pays ou à l’extérieur. Personne n’a le monopole de l’amour du Congo-Brazzaville. Nous avons tous des histoires ou trajectoires différentes et c’est ce qui fait notre force.

C’est Michel de Montaigne qui écrivait : « C’est raison qu’on fasse grande différence entre les fautes qui viennent de notre faiblesse, et celles qui viennent de notre malice. »

Le peuple congolais n’est pas dupe.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

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