Diplomatie, International, Politique

La politique désastreuse de la France au Congo-Brazzaville.

 

 

Par   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

 

Tel un Roi fainéant qu’il est, et qui peine à payer les fonctionnaires congolais, Sassou-Nguesso est renfloué par la France, cet allié de circonstances aux contours flous. Et ça, ce n’est pas pour lui déplaire.

La dictature continue sa marche implacable dans une illégalité manifeste découlant d’un pouvoir usurpé.

Nul n’est contre une coopération bilatérale, mais à condition que celle-ci profite au peuple et non pas aux dirigeants véreux qui redistribuent des rétrocommissions.

La France encore une fois fait un cadeau  au tyran congolais sous le prétexte de la coopération. Au lieu de jouer l’apaisement devant une situation catastrophique politique, sociale, économique, cette dernière joue le désordre en soufflant sur les braises. Une soi-disant coopération qui jusqu’à ce jour n’a pas permis au peuple congolais de sortir de la misère dans laquelle il est englué depuis fort longtemps.

«Ce lundi 18 novembre 2019, le Ministre du plan, de la statistique et de l’intégration Régionale,  Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, l’Ambassadeur de France, Monsieur François Barateau, et le Directeur de l’Agence Française de Développement  (AFD), Monsieur Lionnel Cafférini, ont procédé à la signature d’un accord-cadre permettant la mise à  disposition du Congo d’un appui budgétaire d’un montant total de 135 millions d’euros, soit 88,5 milliards de FCFA.» Dont acte !

En même temps et comme par hasard, l’État congolais vient d’attribuer 04 grands permis d’exploration pétrolière au géant français TOTAL (le permis « Nsoko II », le permis « Nanga I », le permis « Marine XX » et le permis « Haute Mer B ». Bien que les États n’aient que des intérêts et non des amis, aucune morale ou règle internationale ne permet à un État de spolier un autre au point de maintenir son peuple dans une pauvreté extrême. Nous assistons au grand banditisme d’État qui n’est autre que la Françafrique dont nous avons du mal à humer les miasmes qui déshonorent non pas les Congolais, mais tous ceux qui s’accommodent aux corruptions en Afrique, notamment la France. Tel un charognard, la France avec ses griffes acérées et son bec pointu ne cesse de se nourrir du cadavre de l’État congolais qu’il a contribué dans ce cas d’espèce à mettre à mort à la différence des vautours.

Le drame de la coopération française au Congo-Brazzaville, c’est le manque criard de résultats d’une politique qui n’a jamais été évaluée, ce qui constitue pourtant le b.a.-ba d’une gestion saine. Comment comprendre que depuis plus de 59 ans le peuple congolais continue toujours de croupir dans la misère, alors que dans le même temps 14 000 milliards de francs CFA soit au moins 23 milliards de dollars sont détenus par les dirigeants actuels. Autant dire que ce que la France pense donner est une obole.

En tant que Congolais, je suis sali, déshonoré par cette politique de la main tendue qui n’a aucun impact sur la population, encouragée par la France. Bien qu’usurpateurs du pouvoir qu’ils exercent actuellement, ces politiciens sont censés représenter le peuple.

La France fait un cadeau à Sassou afin que ce dernier puisse se maintenir au pouvoir pour servir et défendre ses intérêts ; Ne l’a-t-il pas déjà dit ! Le double langage de la France à destination de la société civile et en même temps aux dictateurs africains devient inaudible et incompréhensible.

France, ton aura pâlit, ta lumière faiblit, ton ombre disparaît et tu t’enfonces dans l’abîme du néant.

Au lieu de dénoncer une gestion catastrophique des deniers publics, une démocratie martyrisée, des droits de l’Homme bafoués, une justice inexistante, la France créée encore le chaos en renforçant une dictature des milliardaires rouges qui n’a que faire de la petite monnaie de cette dernière.

Au passage, l’injonction, le geste demandé pour libérer les prisonniers politiques notamment Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, est restée lettre morte. Les dirigeants français manquent de conviction et préfèrent se vautrer devant le distributeur automatique de l’argent congolais à tous les renards flatteurs qui chantent les louanges du corbeau congolais, oiseau de mauvais augure.

Avec cet acte, encore un de plus après lui avoir donné un blanc-seing pour consulter son peuple, la France a choisi son camp, celui du soutien sans condition des dictateurs africains qui oppressent leur peuple. Les droits de l’Homme ne sont plus qu’un lointain souvenir qui se rappellent à eux pour faire bonne conscience devant Vladimir Poutine ou les États de l’Amérique du Sud. L’Afrique devient ainsi une variable d’ajustement qu’il ne faut surtout pas bousculer à la veille des échéances électorales sous peine d’être privés de rétrocommissions.

La foudre ne cesse de s’abattre sur notre pays, mettant ainsi à néant les efforts  de tous les Congolais désireux d’un État démocratique. Ce système mafieux qui dirige le Congo-Brazzaville aurait pu s’écrouler de lui-même sans l’aide de la France qui joue le rôle de pompier-pyromane.

Nous sommes capables de bien gérer le Congo-Brazzaville avec toutes nos richesses. Mais cela semble poser un problème à ceux qui considère notre pays comme une chasse gardée avec des « animaux qui y vivent. » C’est une continuation de la colonisation qui ne dit pas son nom sous le couvert des Préfets de la Françafrique nommés ici et là, tels que Denis Sassou-Nguesso, Paul Biya, Idriss Déby, Ali Bongo, etc.

Cette coopération est une entourloupe financière destinée à toujours engraisser les mêmes et à appauvrir les mêmes.

Qu’il sied à monsieur Emmanuel Macron de se rendre au Congo-Brazzaville et de constater de visu le quotidien des Congolais ; Peut être changera-t-il d’avis ! Ses hauts fonctionnaires nourris à la Françafrique ne lui font que des comptes-rendus tronqués. Mais en homme avisé, il est au courant. Sinon ce serait un désastre.

Cette politique qui consiste à chérir les dictateurs africains plutôt que les peuples afin de bien maintenir son emprise sur le continent africain à travers les grandes compagnies pétrolières est une impasse pour tous. Alors comment ne pas comprendre la migration des Africains vers l’Europe qui suivent la trace de leur argent ?

Sassou est ragaillardi tout en conservant son butin de guerre. L’achat des consciences peut commencer pour donner une caution à son pseudo-dialogue, lui l’homme qui mate toutes les révoltes par la force.

Nous en appelons à la prise de conscience du peuple congolais. Après un plan triennal bancal, un plan quinquennal qui avait glissé, une autosuffisance alimentaire d’ici à l’an 2000 inexistante, une nouvelle espérance dans la gabegie, un chemin d’avenir pavé de clous digne d’un chemin de croix, la marche vers le développement n’est plus ni moins encore qu’un slogan de plus pour celui qui a irrémédiablement perdu notre confiance. Dans un monde sain, un homme avec un tel C.V. (curriculum vitae) ne peut recevoir aucune aide car ne bénéficiant aucunement au développement du pays ni au peuple.

La politique des petits copains et coquins de la France la rend indigne au regard de son passé bien que colonial et  de certaines de ses prises de positions dans le monde.

La seule question qu’il faille se poser est celle de savoir quelle est la contribution  de la France au Congo-Brazzaville ou en Afrique en dehors de sa caution pour les coups d’état, les assassinats politiques, les changements de constitution ?

Le peuple congolais sur la terre de ses ancêtres a besoin de liberté afin de voguer vers un monde meilleur ; Ceci n’est pas pourtant difficile à entendre ni à comprendre.

L’on amuse le peuple congolais avec des fermetures des pseudo-partis politiques tels des officines qui se dissolvent dans le PCT (Parti congolais du travail). Le monopartisme tente de refaire surface avec quelques satellites acquis à sa cause quand l’essentiel est ailleurs. Les chants du mobutisme, les chants de cygne, sont repris par les propagandistes du PCT louant le dénominateur commun de nos malheurs ; Est-ce là un signe du destin ?

Ce qui arrive au peuple congolais n’est pas une fatalité car nous sommes de ces peuples capables de prendre en main notre destin qui ne pourra se conjuguer qu’avec la réconciliation de tous dans un monde moderne et apaisé.

Pour paraphraser Martin Luther-King, je dirais : « A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des actes coupables de nos amis. »

…………….

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*