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La transhumance politique et la compromission, une maladie bien congolaise

La transhumance politique et la compromission, une maladie bien congolaise

Par Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI, communicant, activiste et libre penseur Lyon

Au Congo-Brazzaville, le manque de conviction est un mal qui gangrène la jeunesse qui se dit décomplexée et politiquement apte. Un mal dont les jeunes Congolais doivent guérir. À défaut d’une guérison totale, au moins une rééducation soit prescrite.

En politique, lorsqu’on n supporte pas d’être un opposant, il serait plus digne de changer de camp pour être crédible. Mais changer de masques a tout de champs est non seulement improductif mas suicidaire. Hier, ils étaient nombreux à chahuter contre le pouvoir dont ils demandent aujourd’hui un blanc-seing pour être nommé député.

Il est une certaine catégorie de jeunes acteurs politiques congolais qui naviguent les yeux bandés, l’essentiel est de suivre le son des froissements des billets, même si ce son vous conduit dans la gueule du crocodile. Après juste un an que le leader de l’UDH-YUKI ait été lâchement empoisonné, que ses partisans foulent aux pieds ses dernières recommandations. Accueillir COLINET MAKASSO a KINKALA est un acte de trahison politique qui reste de surcroît une grosse plaie ouverte sur la famille. De même, le KUENDA-VUTUKA,  d’HONORE SAYI a l’UPADS sont des images qui rendent notre opposition illisible. Peut-on dire réellement aujourd’hui que L’UPADS et UDH_YUKI sont-ils des parts affilés à l’opposition ?

Comment voulez-vous blâmer HENRI BLAISE NZONZA, lorsqu’on ferme les yeux sur les vraies traîtrises qui s’opèrent à ciel ouvert et sous vos yeux ? L’on ne s’étonne point, pour rester pudique, de dire que dès qu’il y a des élections (législatives, municipalises, communales ou autres) nous en revenons toujours à cette vieille maladie congolaise qui est : la transhumance politique et la compromission. « Mieux vaut être proche de la marmite que de la regarder de loin et de voir les autres se servir en ayant pour seule consolation les bonnes odeurs de la ripaille. Pour être toujours proches de la marmite, les adeptes de la politique du ventre deviennent donc des virtuoses de la transhumance politique, prêts à retourner prestement leur veste quand le vent tourne. » Serge Ouitona in « Quand la politique du ventre prend le dessus en Afrique »

Depuis la chute de Pascal LISSOUBA, les politiques congolais occupent le sommet de la pyramide en ce qui concerne le « girouettisme » politique. Il suffit, pour s’en convaincre davantage, de jeter un regard du côté des deux grands partis dits de l’opposition où, visiblement, l’intégrité, la constance et l’attachement aux idéaux ne sont guère les choses les mieux partagées. Je ne le dirai jamais assez, cette conception erronée de faire la politique sans éthique, qui se caractérise par l’absence de toute conviction et la course effrénée vers la satisfaction des intérêts égoïstes n’est pas de nature à permettre à nos pays de sortir du tunnel de l’obscurité. Car on l’a vu depuis trente comment des politiciens ayant dans leur agenda cette conception ne pas arriver à e mettre au service des intérêts supérieurs de la nation.

Cette démarche n’a rien de surprenant dans la politique moderne congolaise . Elle reflète la disparition du débat d’idées et de projets, au profit d’une vision de la politique dominée par l’obsession narcissique, mercantile. Ces sont des habiles tourneurs en rond qui sont sur scéne. Leur but est clair : brouiller les pistes en 2022 pour préparer au mieux les présidentielles plus tard. Une partie des troupes de ces lézards qui aujourd’hui se cachent dans l’opposition devrait  tentée de répondre à cette main tendue du pouvoir qui aurait l’avantage de sauver la face en affichant une figure tronquée de démocratie saine. Mais ce ne sera pas du pain sorti d’une même boulangerie.

 Une démocratie, où on laisse la compromission s’installer comme mode de gouvernance, la justice être attaquée et blessée, est une démocratie qui sape ses propres fondements. Il est où cet humanisme congolais qui nous fait et nous distingue et qui serait à défendre Est-il dans les actes de gangstérisme, comme on l’a vu a l’ambassade de France et au Canada récemment ? Est-il dans le broyage des jambes de nos jeunes sous le viaduc de KINTELE ? Est-il dans la séquestration injustifiée d’une jeune étudiante de 26 ?Non, ce spectacle est une honte pour le Congo de demain.

Sous prétexte qu’il ne faut pas les laisser tout voler on, s’embarque dans des opérations de kamikazes politiques suicidaires. En réalité ils supportent plus de voir les autres manger, voler, piller et s’adonner a tous les plaisirs mondains ils se laissent envouter par toutes les compromissions possibles, mêmes les plus dangereuses pour leur propre existence, pourvu qu’ils soient dans les bonnes grâces du pouvoir, toujours à la recherche de strapontins. C’est la politique du ventre, qui fragilise, détruit l’esprit de beaucoup de jeunes.

Après les annonces en cascade des candidats aux législatives, beaucoup ‘entre eux les sortants et les prétendants ont défilés tantôt chez Christel Denis SASSOU ou tantôt chez les pasteurs véreux a qui ils font des offrandes sur els personnes de leur progéniture parfois. Tout s’effrite, tout s’évapore, tout s’envole, tout disparaît faudrait recommencer.

Après 23 ans au pouvoir en passant sur les corps des milliers de Congolais le système immonde des parvenus tente de sortir du brouillard politique dans lequel il s’est empêtré C’est une certitude aujourd’hui que SASSOU et son système ont échoué.

Sa stratégie militaro-expansive est un désastre tant pour la survie d’un clan après SASSOU que pour l’hégémonie militaire avouée. Et il est de plus en plus clair, jour après jour, que son plan était foireux dès le départ. À l’instar de la plupart des dictateurs, il ne lui reste plus qu’a se lancer dans l’achat excessif des consciences. Il est confronté à la réalité que le Congo ne sera jamais sauvé par sa seule volonté brouillée par son penchant ethnique.

Repli sur un état-major clanique qui essaie laborieusement de préserver un pouvoir qui tome en ruine. Consolider quelques-unes des positions et partis gracieusement corrompus apparaît comme une solution de doute ou de manque d’assurance évidente devant les incertitudes d’un monde futur complexe.
Le peuple n’a jamais eu autant de preuves que le PCT est un mammouth évidé que les gouvernements successifs de sassou n’ont jamais travaillé pour l’intérêt national, que le pillage, les vol et détournements ainsi les injustices judiciaires seront couvertes par l’oligarchie sassou.
Lorsqu’on a fait tout ça que vous reste-t-il ? Bien évidemment s’acheter une conscience en essayer d’entraîner le plus grand nombre la fosse. Ont-ils réellement pris conscience de la mesure de la gravité de leur choix politique incohérent tout conduit à en douter à la vue de la réalité .
L’unité de la Fédération de l’opposition et la coalition des 17 partis et plateforme regroupant plusieurs partis de l’opposition n’était qu’apparente. Il a suffi que le ministre de l’Intérieur ouvre les vannes du trésor pour que les masques tombent et le PCT devient un parti fréquentable et on ne s’embarrasse plus de faire les selfies avec les honorables membres du PCT.. Franchement quel peuple. !! Comme le dit ce proverbe africain « la nuit, est longue pour un enfant affamé. »
Notre pays, le Congo Brazzaville, est aujourd’hui exposés à de graves tensions, voire au risque d’une déstabilisation sociale de grande ampleur, liées à la poussée des mauvais choix politiques menés, au repli ethnique, à la menace de la corruption , dans un climat d’aveuglement et d’inconstance politique. À cela, s’ajoute la perspective d’un ralentissement économique voire d’une nouvelle crise, probable dans les années qui viennent alors que le pays n’est jamais sorti du chômage massif et de la morosité sociale au quotidien. C’est pourquoi, au-delà des intérêts égoïstes et de la course aux satisfactions de vanité, fléau de la politique congolaise de ces 24 dernières années, ce pays a besoin d’une opposition crédible au pouvoir actuel et susceptible d’assurer la relève. Il serait désastreux d’abandonner le monopole de l’opposition aux corrompus et aux inconstants. La possibilité d’une alternance à la fois ambitieuse et raisonnable est la condition absolue de survie la démocratie et, dans un pays qui étouffe, du retour de l’espérance.

 Jean-Claude BERI


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