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Laisser sassou faire, l’opposition doit faire aussi.

Laissez sassou faire, la vraie opposition doit aussi agir en pesant de tout son poids

Par :  Hervé MACHIKA

Un conseil national du dialogue composé par le régime congolais a provoqué l’ire de nombreux partis politiques congolais d’opposition qui se plaignent d’une sous-représentation. Quelle est la problématique de ce conseil ?

Le FMI exige une consultation sur la gestion de la nation et un audit mené avec l’accompagnement des forces vives du pays. Le Congo n’a pas été reçu au conseil d’administration de juin, il n’a rien fait de ce qui lui a été demandé, notamment de partager son programme de redressement avec son peuple avant de le soumettre là-bas. Signalons que la pression du FMI c’est tout ce que nous avons aujourd’hui pour faire plier ce régime. Ainsi, cafouilleur professionnel, monsieur Sassou Nguesso veut mentir le FMI en créant ses propres instances de dialogue. Il a créé son opposition officielle (en ayant pris soin d’emprisonner celui qui pouvait rassembler la vraie), il va créer ses associations de la société civile (en ayant tenté là aussi d’emprisonner une des plus actives, le mouvement Ras-le-bol). Ces structures à ses ordres, vont pondre pour le FMI des papiers favorables à la continuité du système incompétent, tribaliste, illégal, kleptocrate … je vous laisse continuer la liste des adjectifs. C’est ce que ces partis auraient voulu empêcher en tentant d’être représentatifs dans ce conseil.

LAISSEZ FAIRE SASSOU! 

On n’a pas besoin d’être nommé par lui dans ses instances faites pour imposer sa vision. Il ne nous y accepterons jamais avec un poids important ou une représentativité égale à ses partis et associations à lui. Nous n’avons aucun moyen de pression et en plus, ce conseil n’est que consultatif. Alors laissons le faire !
Réunissons nous ailleurs et dressons notre propre analyse et nos propres propositions sur la base des grandes lignes présentées en conclusion de la dernière mission du FMI.

Le gouvernement qui est reconnu c’est le sien, il dressera ses propositions finales selon la consultation aux ordres qu’il aura organisé, mais le FMI qui n’est pas bête, lira aussi les nôtres avant de prendre son correcteur et sa calculatrice. J’ai même envie de dire qu’il a besoin de nos contre-propositions pour se faire une idée réelle ou comparative des problèmes et des attentes. Nous avons en plus un atout de taille: l’Eglise catholique partage nos vues. Alors, associons là à notre démarche libre et indépendante par rapport au congrès du PCT bis que le pouvoir veut organiser.

C’est une sorte de dialogue de Diata bis qu’il nous faut, mais avec deux nuances: (1) les conclusions du dialogue de Diata restaient entre nos mains, personne ne nous les demandaient et ils étaient sans effet; tandis qu’ici, elles sont censés aboutir quelque part ou elles sont attendues et influenceront réellement le jeu. (2) Aussi, il n’est pas besoin de se réunir physiquement chez quelqu’un à Brazzaville pour le faire, tout le monde sera arrêter dès l’ouverture même de la réunion pour atteinte à la sureté de l’Etat. Mais aujourd’hui avec l’informatique a-t-on vraiment besoin d’un lieu physique pour travailler ?
La mission du FMI est parti le 18 avril du Congo. Cela fait donc deux mois que l’on aurait déjà dû se mettre au travail. Mais cette mission du FMI et ses conclusions retentissantes, ont été frimées par la plus grande partie de l’opposition, dans un étonnement ahurissant que j’ai exprimé en son temps. L’Eglise catholique a pris la mesure des enjeux et s’est exprimée avec brio il y’a quelques semaine. Qu’avons-nous fait? Nous attendons maintenant que Sassou donne le top pour nous agiter et vouloir intégrer ses dispositifs. Ce n’est vraiment pas sérieux et on doit se le dire.
A la date d’aujourd’hui nos propositions seraient déjà disponibles, envoyé au FMI, à chaque membre du conseil d’administration s’il le faut, et publiées. J’irai jusqu’à imaginer un système de pétition électronique pour qu’elles requièrent le maximum de soutien populaire possible. En prenant ainsi les devants, ce sont eux qui allaient se retrouver à nous suivre en situation de gêne, et empêchés d’oser amoindrir ou dire l’inverse de ce que nous avons déjà incriminé et ce que nous aurons proposé.

Les questions posées à nous sont claires et connues:
– Comment créer un véritable régime de transparence, de compétence et au service de l’amélioration de la vie des populations ?
– Comment garantir la création et le fonctionnement d’un organe de lutte contre la corruption, réellement indépendant et avec tous les pouvoirs d’investigation ?
– Comment mener un audit, par qui, selon quel calendrier possible ?
C’est à cela grosso modo que nous devons répondre. Nous sommes déjà demandés à consultation depuis le 18 avril en fait et nous n’avons pas besoin de l’onction de Monsieur Sassou Nguesso. Il y’a dans l’opposition énormément de compétences et de volontés pour y participer. Il faut que les groupements politiques au sein desquels ils se sentent représentés les mettent en musique. C’est tout. Il faut que ces groupements s’associent pour un travail collectif. Je n’entends pas par là les partis et association de la diaspora qui bien sur doivent être là en appui, mais des partis inscrits au Congo, avec une histoire et une légitimité d’action. Je parle du FROCAD, je parle de l’IDC, je parle du Collectif des Partis de l’Opposition.
Excusez que je le rappelle, mais la politique ce n’est pas seulement passer son temps à encenser un leader, à s’accuser de nguirisation, à se prétendre des puretés dans le combat, à vilipender les choix des autres ou à donner des conférences de presse ou des meetings avec des propos dithyrambiques mais aussi la capacité à proposer des réponses demandées et à faire preuve d’humilité pour travailler ensemble afin de peser lourd.

Tous ceci je l’ai déjà dit en mode off aux différents responsables, mais pardonnez que l’inertie, l’attente de soi-disant « grandes conférences » de presse, me poussent à le partager en public. Agissons mes chers amis. S’il y’a aussi d’autres stratégies, de grâce, ébauchez-les parce qu’on n’est pas propriétaires de ses militants qui sont des moutons.
Maintenant que c’est dit, soit l’orgueil vous poussera à ne rien faire pour qu’on ne dise pas qu’on a du vous forcer la main pour bouger (ce qui serait dommage), soit le sens des responsabilités vous fera admettre qu’il y’ a peut-être du bon dans tout ceci. Mais cette attitude de suivre Sassou ou d’observer, est suicidaire.

 

Hervé MACHIKA

Hervé MACHIKA

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