Economie, Politique

L’âme perdue de Louis Bakabadio, acteur politique congolais.

L’âme perdue de Louis Bakabadio, acteur politique congolais.

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Alors que les enjeux du monde changent devant nos yeux, certains tels que Louis Bakabadio, éternel Conseiller officiel de monsieur Sassou-Nguesso, veut distraire la galaxie avec des réflexions « Du rôle et de l’importance d’un think tank dans la construction de l’émergence. » publié sur DAC-E-NEWS le 4 juin 2020.

Combien de think tank existe dans le monde, sans changement majeur, surtout en Afrique et particulièrement au Congo-Brazzaville ? Comme disait l’autre, il a raté sa sortie.

Les intellectuels congolais, certains affublés du titre de Professeur, ne se rendent pas comptent que le monde change et avec, ses outils d’appréciation.

Il fut brillant m’aurait-on dit. Mais, il finit par s’habituer à humer les miasmes du PCT (Parti congolais du travail) et de certaines coteries, qu’il s’égara pour troquer ses réflexions pour une aide alimentaire au profit de ceux qui au jour le jour détruisent le Congo-Brazzaville.

Monsieur Louis Bakabadio, acteur politique congolais, a le droit de s’exprimer librement et cela est notre conception de la démocratie qui comprend la liberté d’expression. Mais que cet homme n’oublie pas que de par sa formation et les missions politiques qu’il assume, il est une voix écoutée ; Bien que l’on se rende compte qu’à travers sa dernière réflexion, il ne fasse que l’apologie déguisée du programme du Congo-Brazzaville émergent en 2025 de son maître et employeur, le dictateur congolais.

Le monde change, les dédicaces de monsieur Louis Bakabadio  à ses pairs, ceux-là même qui participent au délabrement du Congo-Brazzaville, notamment le Premier ministre actuel et les caciques du PCT, me révulsent. Comme dans une mafia, l’on se congratule entre brigands.

Conseiller du Président de la République en charge de l’éducation depuis des lustres et par ailleurs Professeur d’économie, ce dernier devrait comprendre que le Cabinet du Président de la république n’est autre qu’un think tank, même s’il n’en porte pas le nom ; Ce dernier sert de réflexion pour la mise en place d’une politique et d’un nouveau paradigme économique participant à l’amélioration du bien-être de tous les Congolais.

Quelles définitions de l’émergence allons-nous prendre :

– l’émergence concept philosophique apparu au XIXe siècle grossièrement résumé par l’adage « le tout est plus que la somme de ses parties »,

– sortir de l’eau,

– apparition soudaine d’une idée, d’un fait social, économique ?

Dans l’état actuel, ce concept relève d’une escroquerie intellectuelle car l’émergence d’une société ne se décrète pas. Ayant constaté le hiatus abyssal qui nous sépare des pays occidentaux, l’émergence est devenue un rêve que l’on vend aux africains à travers de nombreux projets et conférences. Même l’eau dans laquelle nous devrions sortir pour émerger est une denrée rare en Afrique.

Même si d’un point de vue basique, l’émergence, émerger, consiste à sortir la tête de l’eau, le Congo-Brazzaville manque cruellement d’eau potable pour sa population après plus de 59 ans d’indépendance et ce sont toujours les mêmes qui sont aux manettes.

A combien de projets provenant du « penser un nouveau genre », Louis Bakabadio a-t-il participé ? « De la nouvelle espérance », en passant au « Chemin d’avenir » pour arriver à « La marche vers le développement », nous n’avons noté aucune amélioration de la condition de vie des Congolais. Son seul but dans cet exercice est de remettre du bois dans une machine fumeuse dont plus personne ne veut entendre parler. C’est de la duperie. D’échec en échec, il ne perd pas son enthousiasme, telle est sa marque de fabrique. « Aucun homme n’a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge » disait Abraham Lincoln.

Pour sa gouverne, les « think tank » existent depuis longtemps, mais ils n’ont pas tous la même vocation comme ces gouvernements qui oppriment leur peuple au lieu de leur apporter la prospérité.

L’émergence n’est pas un mot magique qui suffit à apaiser la soif, à apporter la nourriture, à rendre la justice et promouvoir la démocratie. Dans le concept de Louis Bakabadio c’est un leurre qui consiste à faire espérer aux Congolaises et Congolais ce qu’ils ne verront et n’auront jamais car tel l’a décidé le think tank de Mpila auquel sans se tromper participe ce cher monsieur.

En tant que Conseiller du Président de la République en charge de l’éducation, ce dernier devrait plus se soucier en premier de l’état de délabrement de l’enseignement et de l’éducation de nos jeunes, la relève d’un pays qui fonctionne correctement, qui apprennent dans des conditions moyenâgeuses avec des salles de classes surpeuplées. Quant aux mœurs de la jeunesse congolaise, nous savons tous que le poisson commence à pourrir par la tête et c’est le cas au Congo-Brazzaville.

Traumatisé depuis la guerre civile du 05 juin 1997, le peuple congolais est plus que jamais apeuré. Il n’a même pas commencé sa résilience qui lui permettrait de se reconstruire après un traumatisme d’une façon socialement acceptable. Les chapelets de malheur ne font que l’accabler au quotidien.

En ce jour 05 juin 2020, le peuple congolais pose un genou par terre : « geste d’humilité, de prière et de non-violence » comme le fît en son temps le révérend Martin Luther King.

Vieillir c’est traverser le temps, mais il est préférable de le faire avec dignité en laissant sa plus belle empreinte dans la société pour les générations à venir. Se fourvoyer est la meilleure des façons de disparaître car « toutes les existences humaines sont menacées par l’oubli. »

Il faut trouver les formes souples, modernes, ouvertes pour bâtir un commun acceptable par toutes et tous. Il faut retisser les liens, construire un récit incluant l’espérance d’une réconciliation de la nation congolaise. Ressasser le passé sans se projeter dans l’avenir est une condamnation à mort pour notre jeunesse qui désespère tant de ses ainés de ne pouvoir lui offrir des perspectives envieuses en dehors de la PAIX qui ne nourrit pas son homme.

Tout ceci n’est qu’une escroquerie intellectuelle qui consiste à promouvoir des idées saugrenues de ses maîtres pour assouvir ses besoins purement matériels dépourvus de toute idéologie politique.

C’est Hannah Arendt qui écrivait : « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal. »

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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