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Le Congo de SASSOU ou la culture des crises immuables

TRIBUNE LIBRE.

Le Congo de SASSOU ou la culture des crises immuables

 

Par    Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI

Depuis 1960, le Congo-Brazzaville traverse des situations de crise permanente, de tension politique, c’est l’état dans lequel vivent les congolais depuis 62 ans. Cela nécessitera un changement de mentalités dans le processus d’une réelle vision d’avenir propice au développement. Ainsi, il nous faut adopter des instruments et mécanismes nouveaux pour proposer des réponses plus efficaces aux futurs maux de l’enlisement de la crise permanente au Congo.

Affaiblissement des congolais face à la crise

Pour de nombreux de congolais, le pays se trouve dans un environnement politique difficile depuis bien trop longtemps. Il n’y a pas de fin immédiate au regard de la gestion catastrophique des dossiers importants qui secouent le Congo : Crise politique, crise sanitaire, crise alimentaire, crise éducative, crise sociale sans parler des inévitables défis économiques structurels qui surviennent au rythme de la tension mondiale et de l’irresponsabilité des dirigeants successifs. 

 La cohésion politique interne et le respect des valeurs nationales ponctuant l’unité d’une nation tant vantées est un leurre.  Ces valeurs continuent d’être remises en question dans tout le pays, et l’environnement politique reste en constante décrépitude. Une déclinaison que certains expliqueraient par le manque d’égalité, de justice et de rigueur, bref de mauvaise gouvernance qui est stigmatisée ici comme l’un des principaux maux dont souffre le pays

Dans le même temps, tous les signes indiquent un enlisement moral affectant les transformations majeures en matière d’innovation intellectuelle et de progrès technologiques. Le congolais se meurt à petit feu. Les Congolais n’ont plus le moral depuis belle lurette. Faut-il encore se fier aux statistiques du gouvernement qui ont été prouvé que ce ne sont que des maquillages pour embellir une situation socio-politique catastrophique

De nombreux citoyens congolais récusent les politiques actuels tout en adoptant les attitudes néfastes à la cohésion nationale, et à la stabilité économique.  Tout est fait dans le désordre et la prédation financière pour la pérennisation d’un pouvoir qui œuvre le déclin.  Le coupable, c’est la crise multidimensionnelle sans précédent à laquelle le Congo a été plongé par les choix pervers, incohérents et surtout par l’absence totale d’une vision de gouvernance démocratique. Certains observateurs prédisent que si la même politique menée jusqu’à lors perdurait qu’il sera difficile de relever le Congo sans réformer en profondeur le pays.  Tout est dans un relent de vengeance, de mépris de l’autre oubliant de ce fait l’essentiel qui est l’homme qui doit être en perpétuel réflexion pour faire avancer le Congo.

Les congolais veulent échapper à l’environnement politique volatile auquel nous sommes confrontés depuis 1960. Et nous nous souvenons qu’au cours des cinq dernières décennies, plutôt que de construire une politique d’union nationale nous avons été confrontés à une serie de crises grave, caractérisée par des violences, des pillages et l’ethnistaion, guerre civile… Toutes ses crises souvent liées entre elles, dans un large éventail par une soif morbide du pouvoir. Cela va des soubresauts des alliances absurdes, des coups d’état (années 60-70-90 ), à la dévaluation du Fra CFA, à  la « militarisation de la politique ‘’, aux défis liés au populisme autoritaire d’un seul homme imposant un régime presque à la nord-coréenne. Ainsi on a laissé se développer la chienlit de la crise permanente.

SASSOU encourage les crises plus qu’il les combat

Dire que les congolais sont déçus est un euphémisme : Ils vivent de crise en crise où une crise est suivie sans discontinuité par la suivante. Plutôt que de mettre en place des vrais mécanismes pour combattre le « COVID-19, on a plutôt floué le peuple avec des TASK FORCE qui s’apparentent à des « tontines » ou les oligarques claniques se servent égoïstement en laissant le peuple vivre avec la pandémie et ses conséquences. Et même si la vaccination (mondiale) nous aide à surmonter cette crise, il est presque certain qu’une autre pandémie nous frappera à un moment donné dans le futur et le gouvernement congolais sera toujours aussi défaillant, si rien n’est fait pour bâtir une varie politique de santé publique.  

L’incertitude politique et le changement des mentalités resteront nos compagnons constants. Nous assisterons bientôt à la fin de l’ère SASSOU ; nous devons nous préparer à répondre aux défis de la reconstruction du pays et à ouvrir la voie à une énième crise.

À l’échelle mondiale, la Chine continuera de faire pression pour jouer un rôle plus important sur la scène internationale, tandis que la Russie devrait maintenir sa trajectoire perturbatrice actuelle.

La tendance politique fluctuante de SASSOU et son système est des plus illisibles marquée par une absence de politique internationale constante et lisible. Comment peut-on penser un seul instant que SASSOU et sa bande puisse prendre officiellement position dans la guerre Russie-Ukraine au regard des nombreuses maltraitances vécues par les africains ? S’abstenir n’est pas une réponse, lorsque que l’on vous demande e montrer votre humanité. Qui ignore que dans l’ensemble des pays de l’ex URSS, les africains vivent du calvaire du rejet permanant, du dénigrement dans l’indifférence internationale.  Les Ukrainiens ont piloté des hélicoptères qui ont bombardé la région du pool dans l’indifférence totale du monde occidentale. Qui ignore que le armes qui tuent, massacres nos concitoyens viennent de Russie, Turquie et la Corée du nord, comment peut –on décemment penser que le Congo de SASSOU doit prendre parti soit pour la Russie ou soit pour l’Ukraine. Sans vouloir préjugés sur les intentions réelles de Monsieur SASSOU, force est de constater que la politique étrangère congolaise est illisible depuis 1997.

En s’enfermant dans son attitude de « girouetiste » politique égoïste, SASSOU entraine le Congo vers des choix dont le peuple n’a jamais rien validé. En bon fidèle ancien militant marxisme-léninisme, SASSOU a retrouvé très vite ses relents de communiste. La guerre qui n’est qu’à 6264 km de Brazzaville, pour l’instant, aurait suscité un changement dans le positionnement du Congo-Brazzaville : au lieu de ses bonnes relations traditionnelles avec le reste du monde, la république de SASSOU aurait fléchi désormais, si cela se confirmait, du côté de la Russie. L’égarement des relations internationales des diplomates congolais depuis le retour sanglant de SASSOU aux devants de la scène politique d’une part et d’autre part, son implication très décevante dans l’actualité politique en Afrique, devraient servir de motivation pour une position plus neutre et responsable du Congo.

Nous interpellons les diplomates congolais à la plus grande prudence devant cette actualité brulante.

Bien entendu, nous ne pouvons pas prédire l’issue de ce conflit. Dans de nombreux cas, le pire scénario ne se réalisera pas. L’Europe a prouvé à maintes reprises, tout au long de son existence tumultueuse, qu’elle était plus résistante que ce que les prophètes de malheur et les communicateurs des réseaux sociaux aiment à croire. Mais, pour le cas express du Congo certains fantômes du passé pourraient revenir, et de nouveaux défis apparaîtront, y compris les « guerres civiles » imprévues – c’est clairement une leçon de la dernière décennie que les congolais doivent apprendre par cœur.

Nous pourrions avoir à faire face à la résurgence d’anciennes crises, telles que la lutte du pouvoir, une crise économique faisant suite à l’accumulation record actuelle de la richesse du pays aux mains d’un clan accroissant dangereusement les inégalités sociales. Tôt ou tard ça finira par exploser.

SASSOU une girouette politique immuable

En résumé, une fois que nous aurons réussi à maîtriser la crise politique actuelle, nous n’entrerons pas dans une « nouvelle normalité » permanente. Au contraire, les Congolais devront se préparer et s’adapter à un environnement qui change radicalement et régulièrement. Le monde dans lequel nous vivons continuera à être caractérisé par des niveaux élevés d’incertitude, de fragilité et d’imprévisibilité. Ou on voit les généraux (de Sassou) devenir les puissants maitres de la politique congolaise.

En ces temps de crises, SASSOU se trompe en accordant la priorité décisionnelle aux militaires partiaux et limités par des compétences douteuses. Le sentiment d’abandon est tel que les populations rejettent en majorité le tort sur les partis politique. Oubliant que c’est le gouvernement seul qui dirige le pays, c’est le gouvernement qui dicte la politique économique du pays… Et lorsque tous leviers d’un État se trouvent phagocytés par un système pyramidal habillement clanique, le gouvernement devient un gouvernement d’un clan, d’une fratrie. L’unité du pays s’en trouve blessée, fissurée, des citoyens estimant que ce qui divise les Congolais est exacerbée par une main mise politique de leur quotidien par un clan qui les muselle et les intimide au jour le jour.

Les conséquences de ses choix erronés ou ethniques sont potentiellement désastreuses, cela décline l’inactivité collective. Cet environnement difficile est sous-tendu par la volatilité politique, où les décideurs politiques font face à des soutiens changeants, à des gouvernements de coalition faibles et muselées, à des campagnes de désinformation croissantes. Tant que la pyramide restera dans cet état, le changement sera de plus en plus difficile sinon meurtrier.

L’opposition congolaise est-elle prête ?

Les dernières décennies ont montré que l’opposition congolaise et ses mécanismes décisionnels ne sont pas préparés à combattre la crise.  Il faut passer de l’anticipation stratégique et de la planification de réponses politiques adéquates et opportunes aux défis à venir à une action rapide et décisive en cas de crise. De l’adhésion et de la mise en œuvre commune entre l’opposition, le peuple et ses partenaires à la mise en place de compétences suffisantes (dans les deux sens du terme, c’est-à-dire la compétence juridique pour agir ainsi que les aptitudes et les capacités) et de mécanismes adéquats pour relever ces défis. L’opposition congolaise n’a pas toujours été à la hauteur et continuera à patauger dans les interminables guerre d’egos.

Cette faiblesse est en partie liée à la nature même de notre opposition. Les crises exigent de la souplesse, mais l’ADN de base de de l’opposition repose sur un cadre plutôt rigide : « ôtes de là que je m’y mette ». Si un consensus et des mécanismes souples peuvent être trouvés, cela devrait ensuite conduire à légitimer une opposition rassemblée et plus combattante.

Si l’on ne remédie pas à ces déficiences structurelles, l’opposition congolaise continuera à subir des pressions et livrée à la merci de la corruption. Les grands sujets qui intéressent les Congolais sont simplement relégués dans une moindre mesure au second plan. Avec les crises constitutionnelles africaines qui s’observent ci là, la course à l’acquisition de pétrodollars devient une priorité qui s’observe avec acuité ces derniers temps. À tel point que certains disent que les pétrodollars sont montés au cerveau de quelques Brazzavillois transformant la capitale congolaise en un   Las Vegas de la corruption à ciel ouvert !

Dans ces conditions, le fonctionnement de l’opposition congolaise devrait se reposer de plus en plus sur la capacité des dirigeants nationaux à surmonter les contraintes nationales et à agir davantage dans l’intérêt du peuple. Les leaders de l’opposition   sont, dans de nombreux cas, politiquement dépassés par ce double défi. Et en période de volatilité politique croissante au niveau national, ce phénomène risque de devenir encore plus difficile à l’avenir.

Changer le paradigme de l’opposition pour rester pertinent

La réalisation du potentiel d’une opposition crédible dans le cadre de la crise politique, en termes d’objectifs à atteindre, nécessitera des changements structurels. Plutôt que de s’appuyer sur l’actuelle approche de gouvernance rigide et coercitive qui multiplie les concertations depuis 15 ans, qui est le plus souvent conçue pour limiter les actions de l’opposition, celle-ci doit être en mesure d’exercer ses pouvoirs avec plus de souplesse lorsqu’elle est confrontée à des crises. En bref, l’opposition doit disposer d’une plus grande capacité d’exécution, pour agir plus efficacement. C’est de la responsabilité de l’opposition de tracer la voie à suivre pour les nouvelles générations. Cette responsabilité ne doit surtout pas se traduire par des actions en vase clos. L’échange d’idée et la complémentarité des actions de tout un peuple réunis autour d’une volonté populaire de changement est une force inépuisable qu’aucune dictature ne peut vaincre.

Pour cela J’interpelle ici HERVE MACHIKA, MARION MANDZIMBA, BANKOUNDA MPELE, MOUSSONDA SIMON, RAPHAEL GOMA, ALPHONSINE MIKOUIZA, Guy MAFIMBA, KISSA MARIUS, Marcel MAKOME, Djess Dia MOUNGOUANSI, NDOBA Magloire, Alexis PASSY   et beaucoup d’autres (aux compétences aussi élogieuses et méritantes) de sortir de cette attitude passive et de contribuer à une grande réflexion pour le devenir du Congo. Pourquoi attendre toujours que votre maison soit saccagée, votre frère ait le dos hachuré, que ta région soit pilonnée… pour monter au créneau. Nous pouvons vaincre cette dictature si nous le voulons vraiment.  

En principe, cette opposition a déjà l’onction du peuple c’est un avantage précis, comme la possibilité de penser et de planifier à plus long terme, sans les pressions politiques immédiates toujours présentes dans la politique intérieure.

L’opposition devrait également être en mesure d’agir dans l’intérêt collectif de 12 régions du compte le Congo, contribuant ainsi à renforcer la cohésion politique. Toutefois, il reste à voir dans quelle mesure et pour combien de temps une opposition plus « politique » peut continuer à échapper aux pressions politiques croissantes.

Il faudra réorganiser et investir dans de nouvelles capacités au niveau de niveau de la diaspora, intensifier les efforts en cours pour renforcer la capacité de prévision stratégique à l’échelle africaine et accroître la flexibilité des instruments politiques et des financements. Il faudra créer des plans d’urgence, afin que l’opposition soit apte à réagir rapidement lorsque les problèmes surgiront. Il faudra également expérimenter et avoir la capacité, ainsi que le soutien politique, de changer de cap lorsque les solutions ne fonctionnent pas. La mise en place d’une procédure de décision d’urgence permettant à l’opposition de prendre des décisions dans un délai plus court et d’un mécanisme de financement d’urgence comprenant des fonds d’urgence et prenant la forme du Fonds de solidarité de la résistance serait un pas dans la bonne direction. HERVE MACHIKA, MARION MANDZIMBA, BANKOUNDA MPELE, MOUSSONDA SIMON, RAPHAEL GOMA, ALPHONSINE MIKOUIZA, Guy MAFIMBA, KISSA MARIUS, Marcel MAKOME, OUABARI MARIOTTI…   Ne serait-il pas là une piste de réflexion ?

Il convient également d’explorer des mécanismes d’élaboration des politiques nouveaux et innovants qui dépassent la dichotomie de base sur les choix de positionnement égoïste.

Le débat sur l’avenir de l’opposition offre également l’occasion d’encourager un débat plus fondamental sur la manière de renforcer structurellement la capacité réelle de sortie de crise et à faire face aux futurs chapitres de crise de demain. Ce débat devrait fournir le cadre d’un vaste échange sur les enseignements tirés non seulement de la crise sanitaire du COVID-19, mais aussi d’autres défis graves auxquels le gouvernement successif sous SASSOU a entrainé le Congo au cours des 22 dernières années. On pourrait profiter de l’occasion pour débattre de ce que les citoyens attendent de l’opposition et de la manière dont celle-ci doit se préparer à affronter plus efficacement les crises futures. En fin de compte, le débat devrait préparer le terrain pour ajuster les mécanismes décisionnels actuels et fournir des instruments politiques et juridiques plus adaptés afin de renforcer la capacité de l’opposition à tenir ses promesses.

Pour le gouvernement SASSOU et son clan la crise permanente c’est du bain béni. Pour que l’opposition conserve sa pertinence, sa force d’action, ses mécanismes de prise de décision et de mise en œuvre doivent être reformatées pour répondre à cette nouvelle environnement de crise permanente. Ce n’est qu’en changeant que l’opposition pourra faire face aux nouveaux chapitres du changement qui arrivera inévitablement.

Jean-Claude BERI

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