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Le Congo se meurt à cause de son propre égoïsme politique.

Le Congo se meurt à cause de son propre égoïsme politique.

Par

Jean-Claude BERI

 » Le véritable héroïsme n’est pas l’absence de peur mais la canalisation de la peur vers l’action.  » Doric Germain : Extrait de Le soleil se lève au nord.

Lorsque nous avions commencé ce combat en 1997, nous n’avions pas besoin de MOKOKO, ni de TSATY MABIALA ni encore moins de Parfait KOLELAS Ceux qui savent, savent. « Lorsqu’on ne sait pas où l’on vient, on se saura jamais où on va ». A LYON, nous avions la « RESCO » nous étions les bras armés par l’information pour dire NON au COUP d’ETAT de SASSOU. A Paris nous avions le CODICORD qui a permis à ce que les congolais (de Paris) puisse s’exprimer aujourd’hui. En 1998 nous avions entamé la première marche des revendications de LYON à GRENOBLE, on était tous des congolais : Il n’y avait pas de pro MOKOKO, de pro KOLELAS, de pro BOUKADIA…. L’objectif était concentré sur le départ de SASSOU et tout son système prédateur.

L’AIDDC, la première association pour l’information, la défense de la démocratie au Congo crée en 1998 et déclarée à la préfecture du Rhône a rassemblé et unifié le combat. Seulement, depuis 2000, il est apparu en France, le « fléau » des associations de « Résistance ». On a tout fait et n’importe quoi pour dénaturer la lutte. Le travail de coordination et de mobilisation abattu par le CODICORD depuis 2000  est combattu et relégué au second plan par les mêmes opposants qui se proclament « vrais résistants » pour imposer une diversité d’opinion et dynamiser le combat disent-ils. NOUS RESTERONS DANS LA CONSTANCE DE LA RESTAURATION DE LA DÉMOCRATIE

Depuis, c’est une sécheresse de propositions cohérente et une prolifération d’association de positionnement du pouvoir pour le pouvoir. Le vrai combat n’est plus évoqué que des bouts de lèvres.
Dans notre société congolaise secouée par une fuite en avant, une désaffection grandissante à l’égard de l’activité politique laisse libre court aux personnes mal intentionnées d’abuser injustement de la puissance des réseaux sociaux pour une diversion en règle de nos forces. Le ballottage des médias et de la presse condamne les populations à subir un abreuvage orienté et totalement partial de l’information. Si le peuple congolais est victime de cette culture de la désinformation sur le terrain favorisé par le pouvoir en place, ceux de l’extérieur ont le devoir d’éclairer l’opinion sur l’état réel de notre pays. C’est cela la liberté d’expression, porter l’information juste et impartiale à tous ceux qui en sont privés.

La mobilisation aujourd’hui autour d’une volonté de dialogue avec tous les partenaires exclus par cette politique de déni de démocratie instaurée par le pouvoir de Brazzaville est grandissante. Notre société actuellement regorge plus des gens qui sont  » contre  » et pendant que se raréfie ceux qui sont » pour « cette politique déshumanisante. Tout le problème repose, non pas sur le courage politique des uns et des autres à aller braver la dictature, mais dans la cohésion pour mener une action concertée et solidaire dans un but précis. Les tentatives solitaires et non concertées affaiblissent notre action et peuvent renforcer le pouvoir de Brazzaville à accélérer ses manœuvres de récupération, d’étouffement dans l’œuf de toute velléité de revendication sociale. Nous n’arrêterons jamais de le dire, ayons le sens de l’écoute et l’humilité pour en finir définitivement du Système  NGUESSO.

La prolifération des associations est le signe de l’absence de coordination et de manque de cohésion dans la combat. Nous ne sommes pas mieux que l’opposition interne qui navigue entre le flou et la compromission. Nous avons été vaincues, car l’ennemi a réussi a nous infiltrer et a propagé son virus de la corruption et de la division. Certaines associations de Paris ne survivent que grâce à la perfusion en Cf CFA de Brazzaville. La multiplication des réunions politiques à la Congolaise ont montré une dispersion des énergies à un point tel qu’on se demande si les impuissances du politique ne s’expliquent pas par un foisonnement de gens épris de quelques miettes de notoriété, gloire et pouvoir. La personnalisation de la politique est un phénomène récent mais bien cerné. La personnalisation, c’est autant la mise en scène et en intrigue des grandes figures que la montée en puissance de figurants de tous bords, prêts à défendre n’importe quelle cause, du moment qu’ils peuvent se la jouer en causant dans des petits cénacles, voire plus si affinité des médias et des masses. La politique serait-elle comme l’art, 10% d’inspiration et 90% de transpiration selon Picasso, autrement dit, la politique, 10% de choses sérieuses et le reste, des futilités, des postures, des caprices, des bavardages, des réunions et bien évidemment un peu de transpiration sous les projecteurs de 1000 watts.

On peut nous apporter toutes les preuves nécessaires de la faillite du pouvoir de Brazzaville, nous ne réussirons qu’a en faire qu’une bouillie indigeste. Car chaque association voudrait tirer la couverture de son côté. Quelqu’un ici peut nous dire ce que MOKOKO a fait pour la restauration  de la démocratie avant sa candidature aux élections en 2016 qui puisse faire que notre combat soit tétanisé par sa personne ??? Ne serait-il pas temps de revenir aux vraies valeurs de notre combat ? Je vous dis qu’avoir de la constance, de la continuité, ça paie toujours. Nous avions voulu le dialogue nous l’en récusons aujourd’hui pour diverses raisons. On a souhaité les élections en 2016, nous sommes partis divisés » et totalement infectés de l’intérieur pour le résultat que nous connaissons. Après on a résisté pour finir par lâcher l’un de nos « meilleurs résistants » NTUMI comme un serpent venimeux.

Nous ne devrions pas nous s’opposer à cette dictature comme des amateurs ni encore moins comme des prédateurs égoïstes dans la mesure ou notre action ne dessine rien de commun et de bien précis à l’horizon, a part vouloir le départ de Mr SASSOU. Beaucoup s’agitent sur la place de Paris se révélerons demain de n’être que des prédateurs assoiffés de pouvoir pour le pouvoir.

Les années passent et les dissensions persistent au détriment de l’objectif principal : le départ de Mr SASSOU. Nos vieux târs resurgissent à chaque fois qu’un groupe essaye d’émerger du lot. Oubliant tout de cette même tradition qui nous enseigne « qu’il y a un temps pour palabrer et un autre pour trancher ». Le Congo se fissure, marqué par la difficulté des politiques à résoudre la crise nationale. Derrière la posture « d’opposition », on peine à tracer un chemin commun devant interpeller tous les Congolais prisonniers du pouvoir hégémonique du PCT et SASSOU. Nous retombons sur les mêmes travers tant décriés : Manque de vision, manque d´ambition, manque de grand dessein collectif…Ce n’est pas une division idéologique qui est observée mais l’on est plus dans la politique de « ôte-toi de là que je m’y mette. » On y trouve de tous des fanfarons aux injecteurs de venins verbaux creux, des pseudos-prophètes à la science infuse aux clameurs de « il faut bouffer du Nordiste », des militaires semi-retraités distillant le venin d’une guerre de revanche aux illusionnistes sécessionnistes… Tout y passe.

Dans ce pays qui est la « cible d’interférences extérieures, en particulier chinoise été française, »nous déplorons le manque d’opposition organisée pour réveiller un peuple endormi. Mais on continue à discourir à travers des meeting, réunions et diverses vidéos et autres sans se rendre compte, on ne fait qu’éterniser le combat à la gloire du tyran.

 Nous ne le dirons jamais assez, s’opposer systématiquement au système SASSOU ne suffit plus, n’est pas tenable du point de vue politique. Ou encore miser sur le discrédit du PCT n’assurerait ni la crédibilité de l’opposition, ni sa capacité réelle à moderniser demain le pays. Pour incarner une alternative forte et crédible, il faut commencer à bâtir un projet qui démontre que l’on possède d’autres solutions que celles qui sont mises en œuvre par le régime que l’on combat. L’impératif d’une démarche cohérente d’ensemble, la modernisation et la rectification du fichier électoral, la libération des énergies militantes, l’amélioration du mode de communication et surtout la visibilité et l’acceptation par le peuple d’un projet de société les impliquant sont autant d’enjeux qui doivent interpeller l’opposition congolaise et toutes les forces du changement.

Changer de logique pour apprendre et faire différemment

Pour agir différemment on doit abandonner certaines de nos convictions, nos croyances conscientes ou inconscientes et ensuite nos comportements qui nous ont porté vers l’échec. Ceci est plus facile à dire qu’à faire et comporte le fait d’essayer quelque chose de nouveau avec le risque d’un nouvel échec. La vérité est que si nous décidons de nous aventurer dans la voie du changement, nous devons accepter aussi de nous tromper, comme un enfant qui pour appendre à marcher doit tomber des centaines de fois pour activer de nouveaux muscles qui lui permettront de marcher. Pour oser essayer et se tromper, nous avons besoin d’abandonner le perfectionnisme, et de valoriser l’audace. A travers nos échecs et erreurs nous apprenons à changer et ainsi à évoluer.

Ne l’oublions surtout pas que la caractéristique d’un vrai leader est le courage d’échouer, justement car si nous avons ce courage, nous nous donnons aussi des chances d’évoluer et faire évoluer les autres avec nous.  On ne gagnera jamais seul …. Remettons nous sérieusement en cause pour réellement avancer 

 

Jean-Claude BERI

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