DIASPORA, Education, Politique, Société

Le courage de l’intellectuel  

« A quand la prise de conscience ».

Par    Jean-Claude BERI

 NOTE DE DAC

 Le 24 Août 2009 j’écrivais ceci pour interpeller bons nombres de nos compatriotes intellectuels à un sursaut patriotique salutaire. 10 ans,  après la situation s’est empirée. L’éducation est devenue le credo d’une acculturation accélérée. Voir  au Congo-Brazzaville, les étudiants en 1 ere année incapable de s’exprimer correctement en français, les dégâts sont plus graves que ceux causés par le délabrement du tissu socio-économique.
Il faudrait un puissant « homme de foi et patriotique » pour faire que cette classe d’intellectuelle soit unie et se réveille. L’intellectuel congolais, a muté et est englué dans une « marmelade » idéo (il)logique multi directionnelle, multi forme, sans autre boussole que le combat anti-sassou, primaire et dénué de toute autre proposition.

Beaucoup de nos amis  de combat de la première heure ont placé leurs espoirs dans cette bande des intellectuels se sentent aujourd’hui frustrés (voire trompés), par cette purée indigeste, inconsistante et sans saveur.
Pour mettre tout le monde d’accord il faudrait une personnalité hors du commun. Force est de constater que cette personnalité n’apparait pas encore. . Il est à parier que la zizanie règnera encore longtemps, dans l’auberge espagnole qu’est devenue la honte des intellectuels.

« A quand la prise de conscience ».  Les intellectuels donnent l’image d’un panier de crabes qui luttent entre eux pour être sur le dessus du lot. La défense des idées et des valeurs sont totalement absentes. Ces pseudo-acteurs de l’opposition ne savent que décrier les actions du pouvoir en place, aucune proposition, aucune idée, aucun projet, leurs interventions dans les meetings devient lassantes et démoralisante.
A quand un homme ou une femme avec un jugement et message d’espoir fondés sur les temps difficiles que notre société traverse.
Avec les acteurs actuels de l’opposition le pouvoir en place ne peut que tenter de trouver seul, une voie correcte pour notre pays, l’intellectuel n’est plus représenté que par de bien tristes querelleurs.
Cela suffit maintenant il faut réfléchir et construire pour demain ou nous taire.

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Le courage de l’intellectuel  (Article écrit le 24 Aout 2009)

«  Celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura pas où il va, car il ne sait pas là où il est ».  O. HASBOURG (Député européen Allemand)

Les intellectuels congolais sont aujourd’hui en majorité, en proie à une amnésie collective dans laquelle, selon leurs intérêts, ils se réfugient pour éviter de voir la réalité en face. Ils pensent trouver dans ce comportement le moyen  de fuir leurs responsabilités. Le règne du « m’en-foutisme » a pris le dessus sur le devoir de garant de la société. On retrouve pour cela, trois catégories d’intellectuels congolais aujourd’hui.

En premier nous avons « les rêveurs ». Ceux qui  »dorment et refusent » de s’assumer ou de prendre leur destin en main. Ceux qui attendent toujours que tous leurs soient apportés en ne fournissant aucun effort. Ceux qui ont choisi de vivre au jour le jour en espérant des solutions miracles venant d’ailleurs. A ces confrères intellectuels, j’aimerai tant leur dire que c’est une erreur d’adopter une telle attitude pendant que le peuple congolais a tant besoin de votre lumière et  votre de apport pour l’aider dans son engagement enclenché pour recouvrir sa dignité.

Ces intellectuels trahissent leur rôle, faute d’avoir le courage d’exprimer haut et fort leur différence. Le respect qui incombe à notre rang s’acquiert par la détermination que chacun d’entre nous mets dans la réalisation de l’œuvre noble qui le nôtre ; à savoir : réfléchir et proposer des modèles propres à notre pays, modèles capables d’engendrer le développement tant recherché. Ce n’est pas en applaudissant ceux qui aujourd’hui humilient notre pays par des méthodes politiques d’un autre temps que viendra le salut.  Choisir de garder le silence pendant que le peuple attend de notre part une réaction de soutien est tout simplement inacceptable.

Aujourd’hui ou le Congo a tant besoin de vous, vous choisissez  de l’abandonner en utilisant des prétextes insignifiants : « … Ils sont tous pourris… »  « … tous les mêmes… » «… Moi la politique ce n’est pas mon affaire…». Là encore c’est une mauvaise lecture de la situation inquiétante que traverse le Congo-Brazzaville actuellement.

Personne n’impose aux intellectuels d’en faire un problème privé, ni d’aider un autre démon à prendre la place de SASSOU. Ce que le peuple nous demande c’est de l’aider à atténuer ses souffrances, de lui redonner espoir de croire, en l’avenir, car il est encore possible de sauver le Congo et de le voir enfin prendre le chemin du développement uni pour un seul combat : La reconstruction du Congo. Cette mission est la nôtre en tant que Congolais et en tant qu’intellectuel. Ce devoir nous incombe d’éclairer le peuple.

En second, nous avons ceux qui ont choisi l’ethnie, la tribu ou la région comme seul critère pour s’engager dans un combat pour le développement du Congo. Cette catégorie d’intellectuel déifie des individus qui foulent aux pieds, en toute impunité, la logique nationale pour faire régner celle de l’ethnie. L’accaparement du pouvoir politique par ces groupes ethnico-régionalistes se fait avec l’appui d’une armée à tonalité partisane. Cette dernière subissant des pressions énormes et des purges successives perdant ainsi son rôle de garant de la souveraineté et  de l’équilibre nationale.

Ces manœuvres sont  l’œuvre encore une fois des intellectuels qui ont choisi de capituler, de trahir pour être admis à la table du festin empoisonné bâillonnant ainsi tout un système. L’objectif consistant en la confiscation des richesses  en excluant d’autres intellectuels. C’est encore une trahison de nos différentes formations qui nous prédisposaient à jouer des rôles importants dans le processus de l’apport très significatifs de nos acquis  dans la réalisation des projets de développement.

Loin de moi l’idée de condamner ici le groupement des intellectuels par région ou par ethnie.

Au contraire, cela peut servir à inciter toute une région à s’investir pour le Congo. Mais ce qu’il faut craindre c’est d’en faire des élites extrémistes pouvant véhiculer le discours de la haine et de la division. La région ou l’ethnie fait partie de notre culture et le devoir de l’intellectuel  c’est de réunir cette entité pour en faire un atout propulseur des talents pouvant profiter à l’ensemble des congolais. Pourquoi ne pas tenter l’exemple asiatique ? Ces derniers ayant réussi, à partir de groupements des personnes par affinités ou  par région, de créer des communautés solidaires autour du travail. Le travail devenant ainsi le facteur déterminant pour chaque individu,  non pas l’ethnie,  favorisant ainsi le développement régionale. Dans cette logique communautaire le respect s’acquiert par l’énergie que chaque individu met dans la réalisation des projets de développement  locaux et bien entendu la nation entière en bénéficie. Cette homogénéité de la société asiatique a fait d’eux aujourd’hui des partenaires indispensables et incontournables. Il y a 30 ans nous étions tous des « pays non alignés » aux revenus modestes. Pourquoi les autres ont réussi à relever le défi et pas les congolais ???

Mon rêve c’est de croire que les congolais dépasseront le cadre purement ethnique (groupement d’individus liés par des affinités linguistiques ou culturelles..) mais se serviront de l’ethnie comme tremplin pour conduire le Congo sur le chemin de la modernité et prendront le train du développement.

Enfin la troisième catégorie regroupe tous ceux qui ont vendu leur âme, leur amour propre pour quelques profits dérisoires. Pour eux seul le sacre d’un compte en banque bien garnis compte. Tout est fait au service des détournements, des malversations, de l’invention des projets bidons et irréalisable, la surfacturation, le vol etc. La seule règle qui les motive reste celle d’être riche et encore riche au détriment de la misère causée par ces pratiques ignobles. Ils sont partout là où ils doivent déverser leur venin de mensonges pour soutirer encore plus de sous …Ces pseudo-intellectuels capables de développer des thèses machiavéliques pour accréditer des mensonges qui nuisent gravement à la vie quotidienne des congolais ne méritent aucun respect. En réalité, j’ai envie de crier ma colère  face à cette bande de rapace déguisée en intellectuels  vous détruisez le Congo au même titre que les mentors  politiciens qui vous payent.

Notre société a toujours eu  à gérer ce genre d’intellectuels qui ont su survivre malgré les incessants changements que connaisse la vie politique congolaise. Il est actuellement dangereux de vivre au Congo ou les graines de ces mercenaires politiques et financiers poussent partout écrasant les bonnes graines de pousser.

En restant vigilant et cohérent avec notre conscience, nous arriverons à réduire fortement leurs marges de manœuvres.

La situation actuelle du Congo ne cesse de se dégrader et notre devoir ce n’est pas de le précipiter davantage dans le fossé en adhérant à ces trois catégories d’intellectuels (Ils y en a bien sûr d’autres non citées ici). Nous avons  pour mission de rassembler nos idées pour « inventer » cette nouvelle façon de faire de la politique, de sortir cette démocratie mis à mal par l’égoïsme primaire de certains.

Pour cela, le Congo a besoin des intellectuels courageux, investis d’un sens patriotique sans faille,  de valeurs qui sont capables de dépasser les influences d’appartenances régionales. Mais surtout d’« inventer » un vrai projet pour le Congo, un autre Congo est possible.

JEAN-CLAUDE BERI

Activiste, lanceur d’alerte  

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