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Le Delta de la Cuvette, un mensonge au sommet de l’Etat en bande organisée

 

Le gisement du Delta de la Cuvette en République du Congo

Comment tromper la vigilance d’un peuple ? C’est à cet exercice macabre que se livre le clan Sassou aux abois depuis la publication par l’ONG Britannique, Global Witness, du probable détournement de fonds (50 millions de dollars).

On nous ressert un plat indigeste dont les ingrédients sont une bombe pour l‘environnement et la biodiversité. C’est une énième distraction du pouvoir. Car cette information date des années 1982 , pourquoi la brandir maintenant en faisant croire aux congolais que c’est une découverte d’avenir en plus en gonflant les chiffres d’une exploitation encore improbable.

La zone couverte est soumise à un règlement strict  qui tient compte du respect de l’environnement et la biodiversité dont le Congo signataire de la «  Résolution 37/7 de l’Assemblée générale des Nations unies  », qui – pour la première fois – consacre l’importance pour la survie de l’humanité de la protection de la nature et des écosystèmes. Elle préfigure aussi la notion de développement soutenable ».

A ce titre l’agence ECOFIN a émis des alertes très prononcés  sur l’idée d’exploitation des ressources du delta de la cuvette. Car son exploitation par le Congo mettrait en danger non le sol et la biodiversité congolaise mais également ceux des pays transfrontaliers (RCA, Cameroun, RDC).
Ainsi la décision n’appartient pas seulement aux décideurs congolais.

De même des experts de TOTAL et ENI souvent excités de sauter sur n’importe quel occasion tant qu’elle rapporte des millions, Ils sont pourtant bien reconnus de ne pas être trop regardants en matière de respect de l’environnement et de la biodiversité. Pourquoi là ils ont souhaité ne pas s’y aventuriers ?

Ce que les Congolais doivent savoir

Claude Wilfrid Etoka, PDG de SARPD Oil et de PEPA, un prête-nom de la famille Sassou.

L’exploitation du delta de la Cuvette serait octroyée à la société appartenant à Willy ETOKA dont la direction serait confiée à: PDG : Etoka Willy, DG : Cyr Nguesso, DGA : Salifou LAMARO, Financier : Mohammed Jawad Rahmani.  Des personnes qui ont largement prouvé leur accointances et leur implication dans les scandales financiers qui éclaboussent le Congo.

A ce jour il y règne un désordre total sur les sites répertoriés. De sources locales, on note un grand chamboulement au niveau des infrastructures quasiment embryonnaires qui y sont déployées.

Le site de forage est à Mikoungou dans la Likouala aux herbes (proche de la rivière Bomitabas). Un site pétrolier qui se trouve dans une zone non couvert par le GSM  dépourvu d’Internet, aucun système des télécoms, pas HSE  pourtant  le gouvernement  nous vante déjà une implantation moderne et performante.

Selon certaines indiscrétions, il n’existe aucun programme de certification par un cabinet international des réserves de pétrole onshore de la Cuvette au Nord du Congo.

Certains experts disent être sceptiques quant aux études de prospection du gisement qui pourrait produire jusqu’à plus d’un milliard de mètres cubes d’hydrocarbures, dont 359 millions de barils de pétrole, soit 983 000 barils par jour.

Le Congo n’est qu’un petit pays producteur de pétrole dans le monde entier, il n’existe pas un puits onshore qui produit près d’un million de barils de pétrole par jour.

Le scepticisme devient encore plus grand lorsqu’on s’aperçoit que des majors du pétrole au Congo, Total, ENI, CHEVRON, OXXI, B.P… ne font pas partie de l’exploitation de ce gisement.

Le pouvoir de Sassou n’est qu’une bande organisée au sommet de l’Etat

Delta de la Cuvette

A en croire, la publication faite à Oyo, le gisement DELTA de la CUVETTE s’étend sur une superficie de 9 392 m2 et dispose de quatre puits, dont le premier est en perforation depuis mars, selon la Société africaine de recherche pétrolière et distribution (SARPD-Oil) et l’entreprise Petroleum Exploration & Production Africa (PEPA), chargées de son exploitation.

Hors, à ce jour, certaines indiscrétions parlent de l’existence de 2 puits sondés et non 10. Le premier puits en forage, appelé P1 est a 80% sur 3100m et le deuxième, P2 est à 6 km de P1. Sur ces deux puits, à ce jour, il n’y a pas de pétrole qui remonte des forages.

Malgré tout le tapage médiatique organisé par le tyran d’Oyo, les agents qui évoluent sur l’actuelle plateforme, accusent 5 mois d’impayés de salaires.

Pour certains cadres du ministère des hydrocarbures et du pétrole à Brazzaville, ceci n’est  qu’ une diversion du pouvoir de Mpila dans le but de pousser le FMI à débloquer les crédits promis au Congo. En annonçant la découverte de DELTA, le pouvoir fait croire qu’il attend dans les mois à venir d’importantes entrées d’argent qui garantiraient les paiements de tous les créanciers.

Tout congolais s’interroge sur l’expertise que possède Willy Etoka à pouvoir manager un gisement sensé quadrupler la production pétrolière du Congo. Dans le domaine pétrolier, de quelles compétences déclarées, réelles, supposées ou reconnues disposent Willy ETOKA et ses deux sociétés ( PEPA et SARPD-oïl) pour découvrir, explorer et exploiter ce Géant Champ Pétrolier du Delta de la Cuvette?

Willy Etoka, un prête nom utilisé par le pouvoir d’Oyo n’est jamais parvenu à faire émerger économiquement les nombreuses entreprises d’Etat reprises par le clan.

Les Congolais sont toujours sidérés par un sentiment d’impunité d’un autre temps : arrogance du clan d’Oyo, mépris des contre-pouvoirs, mépris du Parlement, mépris de la presse, mépris de la société civile…

Les «premiers de cordée» ont l’ivresse des cimes : Dénis Sassou Nguesso est ivre de sa puissance tyrannique à un point dangereux pour le développement économique du Congo, les libertés publiques et la stabilité de l’Etat.

Si certains partisans de ce pouvoir aux abois peuvent accorder du crédit à cette découverte de Ngoki ou DELTA, les congolais se rappellent des promesses faites par Sassou Nguesso lors de la découverte du gisement de Nkossa et Moho au large de Pointe-Noire.

Les congolais jouissent-ils des revenus issus de l’exploitation de tous ces gisements pétroliers ?

Beaucoup ont cru à la promesse d’exemplarité en voyant arriver les contrats de partage entre l’Etat et les sociétés pétrolières, ils voient la réalité de la coterie, vol, détournement des fonds publics et de l’impunité, l’impunité des voleurs de l’argent des générations futures, surfacturation…

Pourtant, la transparence de la gestion des recettes pétrolières, l’éthique, l’Etat de droit, le respect de l’environnement, l’équilibre des pouvoirs n’ont jamais été aussi importants à défendre qu’aujourd’hui, face aux forces antirépublicaines de Sassou qui n’ont aucun respect du périmètre de l’ITIE et des valeurs partagées par tous au Congo.

Cette fois-ci, la duperie de Sassou ne passe pas. Il veut faire diversion pour faire oublier Denis Christel Sassou qui doit se justifier sur un probable détournement de fonds de 50 millions de dollars selon l’ONG Internationale Global Witness.

Cette affaire rappelle l’arrogance, presque pathologique, de Sassou Nguesso envers toute demande de transparence. C’est d’ailleurs le même symptôme affiché par tout le clan qui se pense intouchable.

Sassou Nguesso, bien que usé et n’ayant plus de programmes politique, économique, social, donne trop souvent l’impression qu’il se croit tyran de droit divin. Or cette impunité, ces affaires, ces privilèges minent la quête de démocratie et alimentent le tribalisme, le régionalisme.

Les congolais ne cessent de s’alarmer des turpitudes de Sassou Nguesso et des membres de son clan qui alimentent la chronique du «tous pourris», comment s’étonner de la colère du délitement républicain et du dégagisme ?

Jean Claude BERI

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Brazzaville-Pointe Noire, le 14 août 2019

                                          Note de position

Projet pétrolier « Delta de la Cuvette » : Plus de transparence et respect des engagements internationaux

La coalition congolaise Publiez ce que vous payez (PCQVP) a appris avec surprise la découverte d’un gisement pétrolier on shore dans la Cuvette centrale, à Mikoungou dans le district de LOUKOLELA, par deux entreprises pétrolières, précisément la Société Africaine de Recherche et de Distribution (SARPD-OIL) au Congo et le Consortium Petroleum Exploration and Production Africa (PEPA).

Selon les études de prospection, ce gisement s’étend sur une superficie de 9 392 mètres carrés et dispose de 4 puits dont le premier est en perforation depuis mars dernier, de l’avis d’Albert BOUKOULOU MATONDO , Ingénieur forage sénior. Ce projet pourrait produire jusqu’à plus d’un milliard de mètres cubes d’hydrocarbures dont 359 millions de barils de pétrole, soit 983.00 barils par jour, a affirmé Mohamed Rahmani, Directeur Marketing de SARP-OIL.

Officiellement, le processus de recherche a démarré en 1980 et en 2006 l’Etat a accordé le permis d’exploration sur ce gisement, qui, à en croire les experts, devra permettre de renforcer l’indépendance énergétique et financière du Congo, entendu que le Congo bénéficierait de 35% de part conformément au contrat de partage de production y relatif.

Au stade actuel, trois phases ont déjà été franchies dans le forage, et la quatrième est en cours. Cette phase pourrait prendre fin avant la fin du mois d’Août et l’exploitation pourrait démarrer dans six mois selon certains articles de presse .

Cette annonce parait pour le moins intrigante. Publiez Ce Que Vous Payez Congo s’interroge à juste titre sur quelle base cette estimation a été faite au niveau actuel de la recherche, alors qu’un seul puit sur les quatre est en phase de perforation. Elle suscite par conséquent plusieurs interrogations sur le respect des engagements de la république du Congo.

1. Pourquoi ces entreprises sont-elles absentes du périmètre de l’ITIE ?

Pourquoi le Ministère des Hydrocarbures, qui en toute logique devrait avoir connaissance des activités de ces entreprises n’a jamais communiqué sur l’existence de celles-ci ?

En effet, les rapports successifs de l’ITIE n’ont jamais mentionné l’existence de la Société Africaine de Recherche et de Distribution (SARPD-OIL) au Congo et le Consortium Petroleum Exploration and Production Africa (PEPA) comme acteurs du secteur extractif.

PCQVP s’étonne que depuis toujours, ces deux entreprises n’aient jamais figuré dans le périmètre des entreprises concernées par la réconciliation ITIE. La campagne note dans ces conditions, que de ce contexte découle un véritable problème de sincérité et de fiabilité des données collectées dans le cadre du processus ITIE et une violation de l’exigence 2.2 de la norme ITIE .

2. Pourquoi aucun flux n’a jamais été versé par ces entreprises ?

L’ITIE exige une divulgation exhaustive des paiements des entreprises et des revenus de l’Etat provenant des industries extractives. Les exigences ITIE liées à la collecte des revenus se réfèrent à l’exigence 4.1. L’analyse des rapports ITIE publiés récemment (2014, 2015 et 2016) montre qu’aucun paiement n’a été effectué par ces entreprises pourtant en exploration depuis 2006.

PCQVP estime que celles-ci devaient faire l’objet d’un redressement fiscal et intégrer ces revenus dans le budget 2019. Le FMI devrait y veiller lors de la prochaine mission d’évaluation de la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Dans quatre mois précisément, la République du Congo se soumettra à une deuxième validation dans le processus ITIE. Récemment à la conférence mondiale de Paris, en juin 2019, le Premier Ministre Clément MOUAMBA a pris l’engagement public de mettre en œuvre les exigences de la norme. PCQVP demande que ces engagements soient tenus, et que les rapports ITIE 2017 et 2018 soient divulgués dans les meilleurs délais, en vue de garantir le succès de cette validation.

3. Quelle participation de la société civile et des communautés dans la mise en œuvre de ce projet ?

La communication officielle du gouvernement fait état de ce qu’une étude d’impact environnemental et social (EIES) a été réalisée et validée par le ministère de l’environnement. Il est curieux de constater que la société civile ait été mise à l’écart de ces activités de consultation du public pour la réalisation de cette EIES. La participation et le suivi des projets doivent être effectifs depuis la signature des licences, contrats, et surtout l’évaluation préalable pour déterminer de l’opportunité ou non de la réalisation du projet, au regard des risques environnementaux, sociaux établis.

La particularité que l’on accorde à ce gisement et conséquemment à cette exploitation onshore vient de son emplacement, car cette activité se fera dans une zone géographique faite d’un écosystème riche en carbone, constituée dans une partie essentielle « des tourbières du bassin du Congo ». PCQVP se demande comment même au niveau actuel des technologies, cette exploitation pourrait épargner ces riches tourbières et permettre au pays de tenir ses engagements climatiques, lorsqu’on connait l’expérience du Congo en matière de gouvernance.

Tout en recommandant la transparence dans les opérations liées à ce projet, PCQVP s’inquiète énormément au sujet de l’opportunité de la mise en œuvre d’un tel projet ayant potentiellement des risques importants, du point de vue environnemental, et pouvant menacer gravement les engagements du Congo en matière de changement climatique.

La coalition congolaise Publiez ce que vous payez (PCQVP)

Un commentaire

  1. Le combat contre la dictature la plus féroce du continent noir au début de ce XXIe siècle est à la fois dur et passionnant. Ce combat est dur à partir du moment où l’on est pas entouré des gens qui ont la même mission que vous. Ce combat devient passionnant lorsqu’on se sent entouré des gens qui ont la même mission que vous. Au final, à la libération et d’ici peu de temps, la liesse sera générale.

    TOP 10 DES DIASPORAS CONGOLAISES LES PLUS ACTIVES CONTRE LA DICTATURE DE SASSOU ET DES NGUESSOS: TOP 1 FRANCE, TOP 2 CANADA, TOP 3 USA, TOP 4 SUISSE, TOP 5 GRANDE BRETAGNE, TOP 6 AFRIQUE DU SUD, TOP 7 ESPAGNE, TOP 8 BELGIQUE, TOP 9 MAROC, TOP 10 ITALIE https://www.youtube.com/watch?v=KBej-ZDiKj0

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