Sport

Le football au Congo-Brazzaville ne fait plus rêver

Par :  Patrick Eric MAMPOUYA

 

Notre pays a gagné sa première et dernière coupe d’Afrique des Nations en 1972. Depuis, les diables rouges, notre équipe nationale n’a plus jamais gagné ce trophée. En cause, la politisation du football au Congo et le tribalisme qui mine la sélection nationale.

Le Football congolais manque de dirigeants sérieux, compétents et de sponsors, en fait notre équipe nationale est à l’image de notre pays. Les dirigeants de la fédération congolaise de football veulent tribaliser le football congolais en favorisant des joueurs sans talents et une équipe de football sans âme et sans histoire.

Ainsi, l’équipe congolaise qui brasse le plus d’argent, l’As Otôho est l’équipe qui a le plus de soutiens financier auprès des bailleurs et au sein de la fédération congolaise de football malgré qu’elle ait des résultats catastrophiques. Le seul désenvoutement des stades par le Ministre des sports et de la jeunesse ne suffira pas à redonner ses lettres de noblesses au football congolais.

La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) verse beaucoup d’argent à toutes les fédérations de football du monde dans le but de développer ce sport. Notre pays le Congo-Brazzaville reçoit de la FIFA chaque année la bagatelle de 1 Milliard 750 Millions de F cfa pour aider à la promotion de ce sport, construire et entretenir les stades, faire fonctionner les championnats, etc..
Curieusement, au Congo-Brazzaville il n’y a aucun championnat de football féminin dans tous les départements comme le recommande la FIFA. Dans tout le pays, une seule équipe de football est sponsorisée alors que le pays compte des nombreux milliardaires qui préfèrent cacher leur argent dans les paradis fiscaux ou dans les banques chinoises, c’est l’équipe des Diables Noirs qui est sponsorisée par la société X OIL. Le reste des équipes se débrouillent comme des amateurs, sans aide financière ni de la fédération, ni des pouvoirs publics et encore moins de partenaires privés.

En fait la gestion de la Fédération Congolaise de Football est une affaire juteuse qui devrait faire l’objet d’un audit diligenté par les experts de la FIFA pour savoir pourquoi le football congolais n’engrange aucun résultat à l’international depuis plus de 45 ans au moins.

Quant aux arbitres congolais qui sont des acteurs indispensables de ce sport, ils vivotent comme ils le peuvent, ils sont mal rémunéré et s’adonnent à la combine et à la manipulation des matchs pour favoriser les dirigeants des équipes qui les rétribuent le mieux.

Le football congolais est gangrené par la petite vérole du tribalisme, du crétinisme et de la corruption comme tous les compartiments du pays. Même les joueurs congolais qui évoluent à l’étranger rechignent quelque fois à se faire enrôler dans l’équipe nationale.

Autres maux du football congolais, le fétichisme auxquels s’adonnent même les plus hautes autorités du pays. Les séances de désenvoutement collectif des stades ou des joueurs s’inscrivent dans cette logique. Ancrés viscéralement dans les cultures africaines, au Congo-Brazzaville comme ailleurs sur le continent, certaines personnes préfèrent faire confiance aux fétiches plutôt qu’à leurs médecins, même s’ils doivent en mourir. Dans le football comme ailleurs, ces pratiques sont nuisibles. Certains joueurs cachent de petits objets fétiches, amulettes ou gris-gris dans les shorts, les chaussettes et les chaussures avant d’entrer sur le terrain. Ainsi, ils n’appliquent même plus les consignes de l’entraineur et préfèrent faire confiance à leurs féticheurs ou à leurs marabouts. Comme si les équipes Européennes s’adonnaient aux séances de maraboutage pour gagner les compétitions.

On ne peut pas aller loin dans le football congolais avec ce genre de conception. Pour obtenir de bon résultats au football, il faut travailler dure. On le voit avec les joueurs comme Cristiano, Messi ou Mbappé. Ce sont des gars qui bossent beaucoup et s’entrainent presque tous les jours avant d’aller sur le terrain. Voilà pourquoi ils réussissent.

Les congolais qui pensent que la fétiches, les gris-gris ou le maraboutage peuvent aider aux examens, en économie, en médecine ou au football se trompent. Oui ces pratiques qui sont encouragées au Congo-Brazzaville par les ministres et les hauts cadres de la fédération au nom de nos traditions anciennes sont nuisibles pour notre société et surtout pour le football.

Un arbitre international congolais gagne autour de 75 000 F cfa par an alors qu’un arbitre national congolais plafonne autour 50 000 F cfa par an, alors il s’est créé ce qu’on nomme pudiquement par les « arbitres Kamikazes ». Ce sont des arbitres qui vous sifflent des pénaltis là où il n’y en a pas et qui vous font gagner des matchs quel que soit le niveau de votre équipe. Car personne ne peut comprendre que As Otôho puisse participer à des compétitions internationales pour représenter le Congo malgré la médiocrité de son jeu et les défaites honteuses qu’elle engrange. Etant l’équipe qui a les dirigeants les plus riches du Congo Brazzaville, tous les joueurs qui veulent se faire un peu d’argent veulent faire partie de cette équipe non pas pour pratiquer du bon jeu, mais seulement pour assurer leurs besoins quotidiens.

Faute de moyens financiers, il est impossible de professionnaliser ce sport. Les joueurs congolais qui veulent vivre de ce sport lorgnent vers l’étranger. Le Football au Congo-Brazzaville ne fait plus rêver hélas !

Là comme dans d’autres domaines il n’y a pas de mystères à attendre, le travail et la rigueur donnent toujours des résultats.

Partick Eric MAMPOUYA

Patrick Eric MAMPOUYA

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