Economie, Politique

Le Franc CFA, la monnaie coloniale de la discorde.

 

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

Le débat qui agite la suppression ou non du Franc CFA en Afrique francophone ne peut être l’alpha et l’oméga de notre lutte pour la reconquête de notre identité.

Nous ne pouvons pas ignorer cette problématique à l’instar du Dollar ou de l’Euro qui participe à la souveraineté des États. Mais le mal actuel de l’Afrique francophone est la multitude de petits dictateurs qui s’insurgent en nos « Pères de la nation », d’une nation qu’ils sont venus eux-mêmes trouver. C’est ça le génie de l’homme politique africain qui consiste à nous faire croire qu’avant eux rien n’a existé et qu’après eux c’est le chaos.

Toute l’Afrique francophone à l’exception que quelques pays, brille par sa mauvaise gestion des affaires publiques et sa soumission totale à la France qui garantit à ces petits potentats leur siège de dictateur à vie au détriment des principes démocratiques élémentaires.

Nous allons nous acharner contre la France et le Franc CFA, rien ne changera tant que les marionnettes de la France demeureront au pouvoir au détriment de la survie des Africains qui périssent tout autant chez eux que dans la méditerranée en essayant de trouver refuge ailleurs.

Les élites africaines au pouvoir ont perverti la démocratie comme imaginée sous d’autres cieux. Ce sont ces soi-disant sachants intolérants et imperméables aux critiques, à la liberté d’expression, qui se muent en de véritables dictateurs. Les exemples du Bénin et de la Côte d’Ivoire, qui rejoignent le club des fossoyeurs de la démocratie, ne sont là que pour nous rappeler que la liberté est un bien si précieux qu’il faille se battre tous les jours et à tout instant pour la préserver. Rien n’est acquis définitivement, la menace venant surtout des extrémistes de tout bord.

Avoir occupé un poste prestigieux dans une grande institution, être bardé de diplômes, avoir été un entrepreneur à succès, ne fait pas de vous forcément un bon leader ou un démocrate. Des mauvais leaders existent, mais les mauvais démocrates ne sont que des dictateurs.

L’entourloupe d’Alassane Ouattara, Président de la république de Côte d’Ivoire vis-à-vis du changement du Franc CFA de l’Afrique de l’Ouest en ECO devant Emmanuel Macron, Président français, est une autre démonstration de la perfidie de ces dirigeants africains qui sont prêts à trahir leurs pairs pour faire plaisir à la mère patrie qui est la France.

L’Afrique francophone va mal et les Africains implorent tous les Dieux afin qu’ils viennent à leur secours. Mais le problème de l’homme africain c’est d’abord lui-même qui n’arrive pas à prioriser ses besoins et se lance sur tout ce qui est superficiel.

Comme dans tout projet, pour changer, il faut changer l’image. Force est de constater que ces dinosaures qui dirigent l’Afrique francophone veulent devenir les premiers présidents centenaires au monde car tel est leur seul projet. Vis-à-vis de cette ineptie, il nous revient de changer la donne par des révolutions, des changements radicaux de mentalité si nous voulons effectivement avancer.

Au Congo-Brazzaville, les congrès des petits partis ressemblant plus à des sectes n’y changeront rien. Les accommodations des oppositions politiques nommées pour proroger certains mandats au-delà de la constitution en vigueur ne sont là que pour rajouter de la confusion à la confusion ambiante et des lubies pour amuser la galerie.

Les pays africains francophones pourront avoir comme monnaie le Dollar ou l’Euro, rien ne changera tant la corruption est endémique dans nos contrées. Aucun plan de la communauté internationale n’a jusqu’alors réussi à sauver un pays africain. C’est que le problème est ailleurs.

Aucune armée du monde ne viendra sauver l’Afrique. Ce n’est pas pour les Africains qui croupissent depuis si longtemps dans la misère que les soldats étrangers meurent en Afrique, mais bel et bien pour les intérêts de leur propre pays. Cela doit être dit et entendu.

Le terrorisme en Afrique est multiforme et a pour noms, la pauvreté, la famine, la misère, la dictature. Ainsi, notre Afrique a besoin d’eau, d’électricité, de nourriture, d’infrastructures de santé et d’éducation, de justice sociale, et entre autre d’une démocratie qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Le son des armes et des canons nous terrorisent car cela participe à tuer nos propres frères. Pour quels intérêts ?

Notre combat actuel ne doit pas que se focaliser sur le rejet de la France et du Franc CFA qui par ailleurs font partie de nos problématiques actuelles, pour oublier l’essentiel qu’est la mauvaise gestion des affaires publiques et la violation de nos droits fondamentaux par nos propres dirigeants.

C’est l’autre qui disait : « Qui trop embrasse, mal étreint. »

Commençons d’abord par balayer devant notre propre porte.

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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