Economie, Justice, Politique

Le neveu du président congolais dans des accords louches avec les politiques français

Jean Dominique OKEMBA

LU POUR VOUS

Jean Dominique Okemba, le neveu du président congolais, est impliqué dans des transactions douteuses en France aux côtés d’institutions financières françaises et de Proparco, l’agence française d’investissement.
Son nom n’est pas souvent mentionné dans les médias et il a même réussi à éviter l’enquête sur les «biens mal acquis» en France.
Cette enquête a été déclenchée à la suite d’une plainte déposée en 2009 par SHERPA, un groupe de défense des droits de l’homme, au nom de Transparency International France, à l’encontre de plusieurs dirigeants africains et de leurs entourages du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Congo-Brazzaville, pour avoir prétendument utilisé des fonds publics. acheter des biens de luxe et des biens en France.
Cet homme discret serait cependant prochainement le prochain dirigeant de la République du Congo et serait soutenu par les services de renseignement français. Il s’appelle Jean Dominique Okemba, alias JDO.
Jean Dominique Okemba, conseiller spécial de Denis Sassou N’guesso, président en exercice du Congo Brazzaville depuis 1997, est secrétaire général du Conseil de sécurité nationale depuis 2002.
Contrairement aux autres membres de la tribu Sassou connus pour leurs goûts dans les voitures de luxe et les voyages somptueux, JDO ne mène pas un style de vie flamboyant. Ou semble-t-il.
JDO est le président du conseil d’administration de BGFIBANK Congo, une filiale de BGFIBank SA. Cette banque a été créée sur les cendres de la Banque Française Intercontinentale / Banque Intercontinentale Française (FIBA) d’ELF, plus connue sous le nom de banque des présidents africains. Cette banque était au cœur d’une enquête française contre le groupe pétrolier controversé ELF.
La direction de BGFIBANK est composée de ressortissants français proches de JDO et d’anciens dirigeants de la banque pro-africaine Crédit Commercial de France (CFF). Il s’agit d’Eric Guyon, directeur général adjoint de BGFIBANK Congo et de Bernard Pedrepat-Lamechinou, directeur général de BGFI International. Mais les liens entre les Français et JDO ne s’arrêtent pas là.
En 2008, BGFIBANK Congo aurait acquis une société bancaire dénommée Société Congolaise de Financement (SOCOFIN) / ALIOS FINANCE CONGO SA du holding français Alios Finance SA / Groupement d’intérêt économique pour le développement du crédit automobile et industriel en Afrique (GIEFCA). ).
Cette société financière panafricaine spécialisée, basée dans le 8ème arrondissement de Paris, siège des Champs-Élysées et de la branche exécutive du gouvernement français, compte plusieurs filiales principalement basées dans des pays africains francophones. La banque dirigeante d’Alios Finance / GIEFCA est le Crédit commercial de France, désormais appelé HSBC, où JDO entretient d’excellentes relations.
La particularité de ce groupe ALIOS FINANCE / GIEFCA réside dans le fait qu’en dépit du fait qu’il n’y a pas de personnel dans leur bureau (situé dans un centre d’affaires situé au 8 rue de Berri), il reçoit actuellement des millions d’emprunts de PROPARCO, une institution financière de développement française. Détenue en partie par l’Agence française de développement (AFD) sur la base d’accords-cadres renouvelés. L’objectif initial des prêts était de soutenir le développement d’un groupe financier jouant un rôle clé dans le financement de l’acquisition de biens d’équipement productifs en monnaie locale.
Combien d’argent retourne à PROPARCO et comment l’argent est-il utilisé dans Alios Finance, personne ne le sait. L’institution a toujours été opaque en ce qui concerne ses investissements. Il avait déjà été blâmé dans un article publié en juin 2014 par le journal satirique français «Le Canard Enchaîné» pour avoir investi principalement dans des paradis fiscaux tels que les îles Caïman, les Îles Vierges britanniques ou Chypre. Selon l’enquête du journal, PROPARCO aurait même financé la construction d’une clinique de chirurgie plastique en Tunisie.
Avant octobre 2014, l’actionnaire majoritaire d’Alios Finance / GIEFCA était sa filiale SAFCA, SOCIÉTÉ AFRICAINE DE CRÉDIT AUTOMOBILE (SAFCA) / Alios Finance Côte d’Ivoire. Cette société est dirigée par Eric Leclere, un homme d’affaires français réputé dans son entourage comme étant le bras droit de JDO. Leclere était également directeur d’ALIOS FINANCE CONGO avant sa vente à BGFIBANK Congo.
Alain Guyon est un autre Français ayant le pouvoir de signature sur la société. Pourrait-il être un parent d’Eric Guyon de BGFIBank Congo? Très probable. D’autant qu’Alain et Eric Guyon co-administrent une société immobilière en France dénommée SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE DU STADE.
En octobre 2014, les actions majoritaires d’Alios Finance (59,3%) ont été achetées par PROPARCO et Tunisie Leasing pour un montant non divulgué. L’opération aurait pu être insignifiante si le contrat de vente n’avait pas été facilité par le cabinet d’avocats parisien Scemla Loizon Veverka & de Fontmichel (SLVF) et la banque d’investissement privée Oddo Finance.
La SLVF compte parmi ses associés exécutifs Charles Fillon, fils de l’ancien Premier ministre français François Fillon, et Olivier Loizon, avocat réputé pour représenter les intérêts du Congo dans les litiges. Avant de rejoindre SLVF, Loizon travaillait pour le cabinet d’avocats Cleary Gottlieb Steen & Hamilton aux côtés de Jean-Pierre Vignaud, partenaire de Cleary pour le Congo.
Fatine Layt était l’associée dirigeante d’ODDO Finance. Mme Layt est très connue dans les milieux politiques français car elle devait remplacer Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, lors du remaniement ministériel de 2008 ordonné par l’ancien président Nicolas Sarkozy.
C’est sous le mandat de Nicolas Sarkozy que JDO s’est vu offrir l’ordre national de la Légion d’honneur sur les recommandations de Claude Guéant et de Robert Bourgui. Le gouvernement Sarkozy a été impliqué dans une série de scandales de corruption impliquant des géants du pétrole appartenant à un État d’Afrique occidentale. Les enquêtes de la justice française sont toujours en cours.
Source :  Congo Morning

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