Economie, Education, Société

LE PND EST MORT, VIVE LE PND

Partick Eric MAMPOUYA

Par  Patrick Eric MAMPOUYA

L’image de Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas Ministre du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, sourire jusqu’aux oreilles, brandissant devant les caméras de télévision un volumineux parchemin, fruit d’un travail épuisant et laborieux dans lequel était répertorié le chronogramme du Plan National de Développement (PND) 2018-2022 le 7 juillet 2018 est désormais à classer aux oubliettes.

Sous l’autorité du Premier ministre, chef du gouvernement, Clément Mouamba, le Conseil de cabinet avait validé le 6 juillet 2018, le Plan National de Développement (PND) 2018-2022.

Cette « fille à papa », (fille de l’ancien ministre des Finances Edouard Ebouka-Babakas) avait pourtant la détermination et surtout les compétences requises pour faire progresser le Congo. Elle doit se rendre compte maintenant que le travail qu’on lui avait demandé était voué à l’échec. Avec courage et abnégation elle a fait un travail qui quelques mois après, va finir dans la poubelle..

Un CV en béton armé avec une expérience avérée.

Jugé plutôt vous-même. Après avoir étudié la finance à Paris, elle rentre au Congo et travaille dans plusieurs institutions financières, dont la Banque internationale du Congo et la Commission bancaire de l’Afrique centrale (2001-2011). Elle est par la suite membre du Conseil national du crédit, du Comité monétaire et financier national et du Comité de stabilité financière en Afrique centrale. Plus tard, elle est nommée directrice générale des institutions financières nationales auprès du ministère de l’Économie, des finances, du budget et du portefeuille public.

QU’EST-CE QUI N’A DONC PAS FONCTIONNÉ ? C’est la question que chacun pourrait justement se poser.

La soumission a un individu qui a une mauvaise vision plutôt qu’à une éthique, des valeurs et des normes mondialement admises dans son domaine de compétence. Voilà où conduit la dévotion pour un homme plutôt que pour son pays.

C’est hélas le mauvais choix que font beaucoup d’intellectuels et d’experts congolais qui se retrouvent aujourd’hui dans l’impasse en cherchant à expliquer l’inexplicable car au lieu de défendre les normes qu’ils connaissent pourtant bien et l’éthique de leurs compétences, ils se rangent derrières la vision alambiqué et tordu d’un individu.

C’en est donc fini de tous les programmes tordus élaborés depuis des années par des spécialistes sans éthiques qui devaient sortir notre pays du sous développement et de la pauvreté. La municipalisation accélérée, la Nouvelle espérance, la marche vers le développement, émergence en 2025, ect…, tous ces projets sont à oublier ou à enfermer à double tour dans un placard. PLACE AUX 48 MESURES DU FMI. Car disons le clairement même la diversification de l’économie dépend désormais de ces 48 mesures.

C’en est fini de notre pseudo souveraineté et de notre indépendance factice. Tous ces bons mots n’existent que sur le papier et dans les discours vaseux des défenseurs du régime. Aujourd’hui plus qu’hier, notre pays a besoin non seulement des 48 mesures exigés par le FMI mais aussi des partenaires au développement qui sont déjà au chevet de notre pays dans quasiment tous les domaines de notre vie quotidienne bien avant ue la crise de gouvernance ne devienne aigüe..

Notre pays se trouve actuellement dans le cas de figure d’un chef de famille qui ne peut pas nourrir ses enfants et encore moins les soigner. Car même pour faire manger nos enfants à l’école primaire, nous avons besoin des boites de sardines généreusement offert par les Japonais et le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) dans les cantines scolaires.

Si ces 48 mesures sont mises en œuvre, elles peuvent permettre de réussir le Plan National de Développement (PND) bien qu’il soit déjà trop tard pour les délais. Ce PND a besoin des financements de la Banque Mondiale (BM) et d’autres bailleurs de fonds multilatéraux / bilatéraux. Le Congo reste débiteur de quelques pays et du club de Paris par conséquent, les financements de ces pays se feront sous forme de dons à commencer par les 135 millions d’euros de la France… voilà comment l’aide au développement se finance, par les aides et les dons !

LES AIDES ET LES DONS NE SONT PAS SI GRATUITS QUE ÇA

Attention aux dons, à la culture de la gratuité qui sape les efforts de ceux qui poussent au travail et à l’effort. La gratuité est, en économie, un concept qui recouvre le fait qu’un bien ou un service peut être obtenu sans aucune contrepartie apparente, en particulier pécuniaire. La notion de gratuité est souvent galvaudée puisque, dans la réalité, rien n’est tout à fait gratuit : dans la plupart des cas, il est nécessaire que quelqu’un assume le coût, et, même lorsque ce n’est pas le cas, il existe au moins un coût d’opportunité (différence entre la valeur du bien obtenu et celle du bien le plus intéressant auquel on renonce par le simple fait d’accepter le bien gratuit).

La gratuité n’est pas à encourager dans notre pays car elle pousse à l’oisiveté et à la paresse.

Quand bien même ces solidarités transversales ou ces us et coutumes étaient nécessaires et obligatoires dans nos communautés réduites à quelques individus, elles deviennent dévastatrices dans nos mégalopoles modernes. Si hier encore un membre de la communauté pouvait se permettre de faire des bébés et laissé la collectivité les prendre en charge, aujourd’hui ce n’est plus possible même s’il est vrai que la venue d’un bébé est encore perçu dans notre société comme un don divin.

Le don et la gratuité sont perçus comme un dû même au plus haut sommet de l’état. Plus aucun projet d’envergure local ou national ne se conçoit sans le concours de la communauté internationale ou des partenaires au développement. Les autorités et même les ministres passent beaucoup trop à chercher des partenaires et donc des aides qu’à trouver des solutions internes pour leurs projet

Le dernier coup de sang de notre président en ait l’illustration parfaite, furieux de ne pas avoir reçu d’argent de la communauté internationale pour son projet alambiqué du fonds bleu, il menace et s’adonne à un chantage grotesque et ignoble. Non Monsieur le Président, le don n’est pas un dû, le don n’est pas une obligation.

Patrick Eric Mampouya

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