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Le Premier ministre peine à trouver le bon cap pour les réformes.

Le Premier ministre peine à trouver le bon cap pour les réformes.

 

Par Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI, communicant, activiste et libre penseur Lyon

Le 12 mai 2021 après la démission de Clément MOUAMBA, à la suite de la réélection frauduleuse de Denis Sassou-Nguesso à la tête du Congo, Anatole Collinet MAKOSSO est nommé Premier ministre. Un an après sa ligne politique reste floue et donne prise aux critiques.

 

 La satisfaction biaisée sur fond d’un consensus tronqué, le jeune Premier ministre, Anatole Collinet MAKOSSO attendu sur le terrain des reformes peine à imprimer sa pédagogie. C’est un pays qui s’enfonce dans une conjoncture maussade et d’interrogations récurrentes sur la ligne économique et sociale. Manque de transparence sur les projets qui engagent la nation, ministres trop incontrôlables, tensions au sommet de l’Etat, flambée des prix de produits alimentaires, pénurie de carburant, infrastructures sportives hors normes et soumises aux sanctions internationales … Depuis un an, l’exécutif peine à convaincre les Congolais de la pertinence de ses décisions. On a l’impression qu’on a la tête de l’exécutif, un Premier ministre téléguidé.

D’ici là, les spéculations sur les priorités gouvernementales risquent de demeurer vives, d’autant qu’elles sont presque quotidiennement alimentées au sein de la majorité par les velléités législatives des membres du PCT qui cherchent à peser sur les choix gouvernementaux. Il ne se passe un jour sans que Christel Denis SASSOU NGUESSO ou Jean Jacques BOUYA interviennent pour insister sur la nécessité de prioriser leur service en impactant sur le travail collectif. Du coup, on se demande comment le gouvernement MAKOSSO va s’y prendre pour mettre en œuvre toutes ses promesses : baisser l’impôt sur le revenu, baisser les charges sociales, adapter la fiscalité des entreprises, alors que sa marge de manœuvre apparaît très étroite. On l’a tous vu comment il a été éclipsé pour les accords scandaleux CONGO-RWANDA.

 

Sa prudence ou peut-être sa marche étroite sur l’évolution des dépenses et sa discrétion sur le niveau du déficit contribuent à alimenter le trouble. Au point que son cabinet ignore qui prend les décisions et à quel moment faut-il ou pas payer les salaires des fonctionnaires, surtout qui détient les clés ?

Depuis 2000, rien n’a été réellement reformé l’exploitation forestière nage toujours dans les eaux troubles de la complaisance gouvernementale envers les trafiquants qui alimentent la filière illicite depuis le port de Yaoundé. DJOMBO n’est plus ministre, mais son système mafieux perdure et se perfectionne avec Rosalie MATONDO

 

A La SNCP, Un NGUESSO remplace un autre NGUESSO à la tête de la distribution de produits pétroliers. De pire en pire le Congo pays pétroliers vit des vagues de pénuries de carburant à répétition. Pourtant, on nous signale une certaine embellie financière de ce côté-là. Comment explique-t-on cette grave situation qui pénalise les congolais dans leur quotidien ? On nous dit,  c’est un secteur qui est géré par la présidence. Quel est l’article de la constitution qui stipule que le ministère des hydrocarbures doit être rattaché à la présidence afin qu’elle y nomme ses fils dans une gestion plus qu’opaque du pétrole congolais ?

 

Au ministère des Finances, la tension entre NGONDO et ANDELY crée des vagues simplement parce que l’inamovible et éternel Trésorier Payeur Général a les faveurs de roi SASSOU. « On flatte, on offre de séjours à DUBAI, on nomme les maîtresses à des postes clés, on préfère les effets d’annonce à l’action concrète (…). C’est le règne de la gouvernance épicière » clame un agent du trésor.

 

Au ministère de la fonction publique, on est encore à la même situation de 2000 ou plus de 12.000 fonctionnaires fictifs perçoivent des salaires. Le nouveau ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Rigobert Roger Andely, s’est engagé le 9 août 2021, lors de l’adoption de la loi de finance rectificative 2021 au Parlement, à mener un contrôle strict des agents de l’Etat afin de sanctionner les contrevenants. « J’ai trouvé beaucoup de rapports concernant la masse salariale. Je le dis solennellement pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté et d’interprétations déviantes. Nous allons mettre de l’ordre en nous débarrassant des fausseurs, notamment les fonctionnaires fictifs et tous ceux qui touchent les primes et indemnités non méritées. C’est un travail de chirurgie fine que nous allons faire pour nettoyer ce fichier », a souligné Rigobert Roger Andely.

 

La fraude et la délivrance des faux diplômes minent l’enseignement au Congo depuis l’an 2000, malgré les mesures et les promesses successives pour redresser la barre. Rien n’est fait la courbe de l’éducation au Congo vacille dans le négatif.

On a pourtant construit des nouveaux hôpitaux et infrastructures hospitalières, mais on dénombre encore plus d’évacuation sanitaire à l’étranger que des admissions dans ces nouveaux hôpitaux. Si tu es opposant, on te conseillera d’aller te faire soigner à KINSHASA ou au Maroc. Pour le Congolais moyen, pas de moyens financiers pas de soins.

 

Dites-moi qu’est ce qui marche vraiment au Congo ?
L’effet d’annonce devenue une méthode de gouvernance des cancres au pouvoir révèle l’impossibilité de faire de la vraie politique. Puisque peu importe l’efficacité de décisions à long terme – seule l’instantanéité compte. Et comme il n’y a plus que des successions de ces instantanéités qui comptent – plus rien de sérieux ne peut se glisser dans ce magma d’inefficacités. Ce n’est pas réformer du tout qu’il faut– mais bien changer des pans entiers de la société. Et déjà les manières de faire (de ne pas faire dans le cas présent) de la politique. Il nous faut penser un autre Congo. La politique n’est pas un art aisé, et le pouvoir est un exercice particulièrement périlleux, surtout pour ceux qui s’en emparent sans jamais avoir réellement réfléchi à ce qu’ils allaient en faire. C’est, très manifestement, le cas des clowns à roulettes qui dirigent le Congo-Brazzaville.


La mainmise des NGUESSO est à l’origine de nombreux couacs au sein du gouvernement : entre les choix incohérents d’une succession a vie et la volonté de faire de vraies reformes, le Congo n’est plus qu’un immense marécage putride de prédateurs de tous genres, des arrestations injustifiées, un terrain de jeu des violeurs d’enfants, massacreurs aux marteaux, violeurs constitutionnels…
L’embarras du gouvernement ne se réduit pas à un simple défaut de communication et d’absence de réformes. Depuis le début, plusieurs lignes s’affrontent en son sein qui sont aussi le reflet de la diversité et des divergences sur la succession de Christel Denis SASSOU NGUESSO : il y a ceux qui sont pressés d’agir et ceux qui prônent la concertation avant l’action.
En un an, la « nouvelle gouvernance du gouvernement MAKOSSO » s’est traduite par la multiplication des concertations, et les tensions sociales. Dans une conjoncture dégradée par les velléités de succession qui réduisent les manouvres du premier ministre, il est difficile de tout faire à la fois : améliorer le quotidien des ménages et reformer tout. Sauf à dire clairement que la tâche est difficile pour un Premier ministre qui n’est en fait qu’un exécutant. Depuis 2000 tous les premiers ministres successifs de SASSOU jouent à la prudence : Les trous béants de l’économie congolaise ne seront pas rebouchés avec la pédagogie d’Anatole Collinet MAKOSSO. C‘est comme si la fin du sassoussisme tétanisaient l’action gouvernementale, au moment où une pédagogie active, sur la réforme de l’Etat notamment, s’avère indispensable.

Jean-Claude BERI

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