Politique

Les atermoiements de l’opposition congolaise.

Par  Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA
Au Congo-Brazzaville, la démocratie est la façade reluisante d’une dictature féroce dans un gant de velours.
Il ne peut y avoir une opposition constitutionnelle dans une tyrannie telle que le Congo-Brazzaville dont la mégalomanie a atteint un paroxysme que l’on croyait révolu. C’est nous faire croire qu’il en existe une en Corée du Nord ; Or les mots ont un sens !
De scandale financier en scandale de la famille dictatoriale, le Congo-Brazzaville devient la risée de la planète. Le Congo-Brazzaville est dirigé par des kleptomanes.
Telle dans une parade de paons, les hommes politiques congolais, aux cris stridents, déploient leurs plus beaux plumages aux piques venimeux afin d’écarter les adversaires pour plaire au prince.
Des choses vaines et frivoles inondent notre espace médiatique, notamment en ce qui concerne l’échéance de l’élection présidentielle de 2021 au Congo-Brazzaville ; Idée lumineuse pour berner le peuple tout en occultant les véritables problèmes qui impactent la vie des Congolais.
Le système démocratique tel que conçu, ne consiste pas seulement à organiser des élections notamment présidentielle à jour et heure fixes quand le peuple croupit dans la misère sans aucun changement depuis des lustres. Dans l’idéal comme dans certains pays, il devrait s’accompagner des conditions de vie décentes de la population, d’une justice sociale, du respect des droits de l’homme, de l’acceptation de la volonté populaire, du développement économique, de la création d’emplois, de la prise en compte des aspirations de la jeunesse, de l’égalité du genre, d’un meilleur accès aux soins de santé de qualité, à l’éducation, de la mise en place des infrastructures de qualité permettant l’essor du pays, etc.
Mais que nenni au Congo-Brazzaville, où la démocratie a été louvoyé pour faire l’éloge d’un despote qui s’accroche vaille que vaille à un pouvoir au service de la famille, du clan et des courtisans.
Les politiques se positionnent déjà tandis que peuple congolais, dont le sort est très peu envieux, sombre au jour le jour avec son lot de mauvaises nouvelles ternissant encore un peu plus son avenir. L’on cherche déjà à savoir qui va gouverner avec qui après l’élection présidentielle de 2021 qui n’est qu’une mascarade qui tentera à légitimer ces pouvoirs peu encombrants que certains de nos partenaires au développement fustigent de dictature en Occident ; Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es ?
Entre un Chef de l’opposition nommé et payé par le pouvoir en place arpentant les lambris dorés de la république pour le critiquer et qui propose hors les règles de la constitution de proroger le mandat présidentiel de son mentor d’une part, et les autres partis satellites de cette opposition officielle marqués du sceau de l’infamie qui demandent l’union des oppositions pour faire gagner cette opposition en 2021 d’autre part, le discours devient inaudible. Même cette opposition officielle marche en ordre de bataille dispersée, pleine de contradictions pour un résultat couru d’avance. Quelle incohérence !
Par ailleurs, l’opposition dite « radicale » est atone, amorphe, ne pipe mot comme déconnectée d’une situation qui fait le malheur de tout un peuple depuis si longtemps. Certains sont dans le recyclage d’un hypothétique candidat guerrier du système. Un autre sert de marche pied au tyran comme à son habitude. L’on aura tout vu au niveau de l’opposition congolaise en matière de stratégie politique confinant à la cacophonie pour le bonheur des autres. S’y ajoutent des primaires fantaisistes d’une diaspora en manque de boussole qui compte autant de Présidents que de militants.
La démocratie africaine, surtout en Afrique centrale, ne rime qu’avec l’élection présidentielle. Ce symbole de légitimité que l’on acquiert pour mieux spolier le pays, narguer les opposants, afficher ostentatoirement ses richesses, pendant que le peuple manque de tout et croupit depuis plus de 59 ans dans la misère au Congo-Brazzaville. Le leitmotiv de chaque opposant congolais est « C’est notre tour », alors que le pouvoir que lui confère le peuple est pour le bien être de tous.
La dernière faribole est celle qui consiste à demander l’union d’une opposition écartelée, morcelée, triturée, torturée entre les visiteurs de nuit du palais présidentiel et les rêveurs d’un passé glorieux fait d’opulence.
Aucune union de l’opposition ne peut se faire sans un réel programme politique ou projet de société, le départ du locataire actuel de Mpila n’étant en soi une finalité. Si nous ne savons pas comment prendre en charge les mauvais maux qui nous minent notamment la corruption, la malgouvernance, la violation des libertés fondamentales, la torture, le vol des deniers publics et la misère que porte notre peuple, alors nous ne sommes pas prêts à gouverner ce pays ; Et ce serait un drame !
Un pays ne se construit pas à coup d’élection présidentielle, mais dans une justice sociale, une stabilité politique, économique, financière capable de rassurer les investisseurs économiques et les partenaires au développement qui ont déserté notre pays. Toutes nos politiques devront être évaluées pour y apporter des correctifs et/ou ajustements selon les conjonctures nationales et/ou internationales.
Toutes les institutions politiques, économiques, judiciaires, exécutives, législatives, journalistiques devraient jouer pleinement leur rôle de contre pouvoir ; Au lieu de ne se référer qu’à une seule personne qui, tel un gourou, maintient la classe politique congolaise dans la terreur à tel point qu’il a déplacé de facto dans son village la capitale administrative du Congo-Brazzaville pour la prise des décisions importantes quoi que sans importances pour notre pays. La consultation des mages devient la norme en lieu est place des nominations rationnelles censées mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est de l’obscurantisme.
La véritable opposition républicaine découlera d’un dialogue national inclusif et non d’un bric-à-brac élaboré dans des officines étatiques.
Sans un projet de société chiffré pour remettre le Congo-Brazzaville sur les rails, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Dans cette cacophonie, chacun essaie de jouer sa partition pour mieux se démarquer des autres et donner l’illusion d’une démocratie.
La genèse de notre combat est la restauration d’un État démocratique, car la violation de la constitution de 2002 a permis la continuation d’un système féroce opprimant le peuple au prix de nombreux morts que nous n’oublions pas. Le chef de l’actuelle opposition nommée qui avait fait pour ces morts leur oraison funèbre, bien que funeste, se retrouve aujourd’hui être le chantre zélé de ceux là même qui hier nous maltraitaient.
Dans cette cacophonie, il y a lieu de rappeler les fondamentaux qui nous permettront de sortir de cette crise multidimensionnelle qui fait perdre le sommeil à certains :
-La libération de tous les prisonniers politiques qui est une condition non négociable pour apaiser le pays,
-Le dialogue national inclusif,
-L’instauration d’un véritable État de droit dans lequel chaque citoyen pourrait s’exprimer,
-Un gouvernement de transition qui posera les bases d’une véritable démocratie,
-Le rapatriement des 14 000 milliards de francs CFA du Fonds des générations futures,
-L’audit des institutions étatiques,
-L’arrêt des malversations financières et la dissimulation des créances (marque de fabrique de notre pays avec des mises en examen pour des biens mal acquis qui se succèdent comme dans un mauvais feuilleton),
-Le travail pour le bien être du peuple congolais.
Nous apprécions les incantations de nos amis de l’opposition. Mais nous craignons que cela ne fasse que le jeu de la dictature congolaise qui aime gagner du temps devant sa politique vide de sens et qui ne perd pas les élections quand elle les organise. Elle se moque éperdument de la vie de nos compatriotes qui perdent espoir.
Les gesticulations sans fondement en politique s’apparentent à des appels du pied de ceux qui tenaillés par la faim abandonnent le peuple en rase campagne pour pouvoir s’inviter aux buffets gargantuesques qu’offrent tous les jours les barons congolais ; Le peuple devant se contenter des miettes.
Quoi qu’il en soit, notre salut n’arrivera pas tant que le système politique actuel perdurera avec ses affidés affublés de titres ronflants de ces opposants officiels nommés et grassement nourris avec les deniers publics.
Le peuple congolais a besoin de changement et nous nous y attelons.
Les errements des uns et des autres ne doivent en aucun cas nous détourner de notre mission première qui est la reprise en main de notre pays quoi que cela nous coûte.
Lorsqu’un pays est accaparé par un clan, une famille qui décide à la place de tout un peuple, c’est la dictature que nous expérimentons à nos dépends depuis plus de 35 ans. En cela nous disons NON, et il revient aux forces vives de finir urgemment avec cette mascarade face à cette horde soutenue par des soudards aveuglés. Et c’est cela le rôle de la véritable opposition congolaise.
Il nous revient de séparer la logique des droits de l’Homme qui garantissent à chaque citoyen congolais un avenir meilleur de la logique mercantile des Hommes politiques véreux qui ne pensent qu’à eux.
La seule question qu’il faille se poser actuellement est celle de savoir s’il faut sauver une famille ou un pays ?
Comme disait l’autre : « Si nous ne savons pas là où nous allons, nous n’arriverons nulle part, à notre grand désarroi ! »
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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