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Les non-dits sur l’Affaire Coussoud Mavoungou

Les non-dits sur l’Affaire Coussoud Mavoungou

Par  Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

 

Ghys-Fortune-BEMBA-DOMBE-journaliste-congolais

Après le fiasco observé à l’aéroport de Brazzaville, le 27 mars 2022 qui frise le désordre au sommet de l’État, notamment au sein des services de sécurité, consulaire, protocolaire et de la Primature, le cadavre de l’ancien ministre Coussoud Mavoungou, décédé lundi 14 mars à Paris en France des suites de cirrhose de foie, a été finalement ramené au Congo le lendemain 28, puis porté en terre jeudi 31 à Bilala, terre de ses ancêtres.

Il est indécent d’intervenir sur les affaires liées au deuil et à la santé des tiers, mais les obsèques et le rapatriement du corps de Coussoud Mavoungou ayant pris un caractère tribalo-privé et officiel, laissent interrogateur le public.

Du caractère tribalo-privé au national-officiel

Selon les termes d’un communiqué, «le 17 mars 2022, le Premier ministre chef du gouvernement, a réuni autour de lui, en sa résidence du Plateau – ville, à Brazzaville, les cadres et les parlementaires du Kouilou et de Pointe Noire » ils ont mis en place « une commission ». C’est le tribalisme. La preuve: cette fameuse commission est constituée uniquement des Vilis et non des cadres et des parlementaires du Kouilou et de Pointe Noire. Gaetan Kodia, Maurice Mavoungou, Alexis Ndinga, Fernand Mamona et autres élus de ces deux départements qui ne sont pas Vilis n’ont pas figuré dans ladite commission. L’écrivain-docteur-enseignant, Anatole Collinet Makosso, opposant au tribalisme hier, devrait se morfondre en relisant son livre « le génocide en droit à l’épreuve du génocide de l’émotion ».

La réunion s’est tenue à la « résidence officielle ». Le terme de « Premier ministre » utilisé dans le compte rendu est officiel. L’en-tête des papiers utilisés dans ledit compte rendu porte les armoiries de la République. Le jalonnement des éléments des services de sécurité, le salon de l’aéroport utilisé et les agents en service çà et là, les charges supportées par le contribuable, etc., confirment bel et bien le caractère national ou officiel.

De l’incompétence aux dysfonctionnements des services et collabos

C’est un secret de polichinelle : le Congo, depuis son vote ambigu aux Nations unies, qui réconforte la Russie, devrait être regardant sur beaucoup de choses jusqu’à ce que le ciel s’éclaircisse. Tenez ! Pendant des années, et sur des centaines des corps rapatriés au Congo, les pompes funèbres Taty n’ont jamais failli à leurs missions. Le vol du dimanche 27 mars n’était pas un vol cargo comme l’a fait croire un diplomate, pour justifier le refus d’embarquer un macchabée. Le transitaire, la LTA, la date d’embarquement, etc., ne sont qu’alibis. Les services de sécurité congolais ont failli sur toute la ligne, à moins de laisser glisser, sciemment, « le Bleu » Anatole Collinet Makosso. Ses services ont-ils oublié d’interroger les manifestes ou le tracking ? Comment mettre en branle des autorités et des centaines d’éléments sans garanties ? Selon nos informations, le président Sassou et Madame étaient en train de quitter leur palais pour l’aéroport Maya-Maya, quand le  « Bleu » Anatole Collinet Makosso les a appelés pour leur annoncer le fiasco. C’est le déclin d’un État ! Car, les services spéciaux sont les poumons d’une nation. Or, ceux du Congo ne seraient que des officines de pillage, d’intrigues, de fausses fiches et de montages de complots et pseudo atteintes à la sûreté intérieure de l’État.

Dans des pays sérieux, plusieurs personnes devraient être sanctionnées. Comme le Directeur de protocole de la primature, Précieux Massouémé, qui a assumé la sortie de son chef et rassurer plus d’une personne de l’arrivée de la dépouille, Francky Loemba, directeur de cabinet adjoint de la Primature qui a mal conseillé son patron et n’a suivi aucun dossier ; les membres de la commission ; l’attaché de défense, le ministre-conseiller et toute la cellule des renseignements de l’ambassade du Congo en France pour avoir communiqué des B.R.Q biaisés ou ne pas consulter le tracking, etc.

Si autrefois M. Sassou avait sanctionné et chassé les officiers Serge Oboa et Hilaire Moko à la présidence, C.f «De l’Enfer à la Liberté PP. 27-28-29 » de Ghys Fortune BEMBA-DOMBE, pourquoi le « Bleu » qui prône la rigueur ne ferait-il pas autant en commençant par convoquer les patrons des services ?

Il est impérieux de rappeler au « Bleu » que l’Abbé Fulbert Youlou perdit le pouvoir en 1963 en partie, à cause, de l’arrogance de son parent Nzalakanda, qu’il tenait à conserver au gouvernement; Alphonse Massamba-Débat perdit le pouvoir en 1968 en partie, à cause des Mabouaka, Castro et Cie, avant d’être assassiné en 1977 à cause des pseudo prieurs et des prophéties fallacieuses.

Il est certes vrai que le bilan de l’an -1 du « Bleu » à la tête du gouvernement est positif, vu la relance des appareils économique, diplomatique et social (dialogues). Cependant, continuer à évacuer les fraternels en Europe tel que Coussoud Mavoungou et dépenser autant de fortune pour le rapatriement des cadavres et dans des veillées relèvent du gâchis et de la mauvaise gestion. Les évacuations sanitaires coûtent des milliards de Fcfa chaque année à l’État congolais. Pire, elles sont teintées d’injustice. Car, 92% de la population n’en bénéficient pas. Pourquoi ne pas moderniser le système sanitaire congolais afin de loger les patients à la même enseigne ?

Aux Gangsters et Mafieux, à la place de chercher des poux sur ma calvitie, il faut faire la politique autrement comme le conseille Hugues Ngouolondélé dans son dernier ouvrage. Il faut écouter aussi les enseignements de Thomas Jerffersons s’adressant à Thomas Cooper le 29 novembre 1802 et à Lafayette en 1823. Enfin, il faut ruminer les enseignements du professeur Charles Zacharie Bowao « les gens qui savent discuter ne s’entre-déchirent pas (…). Ils se respectent et se tolèrent mutuellement » l’imposture ethnocentriste, plaidoyer pour une argumentation éthique du politique. P. 55.

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

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