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Les problèmes du Congo sont ailleurs…

Par :   Jean-Claude BERI

 

« On le voit bien, il a beau transposer tout à OYO, les usines, les banques, les installations sportives, sanitaires et autres pourtant rien ne suit pas parce que ce ne sont que des politiques économiques éphémères construites sur des politiques incohérentes, de jalousie, et d’orgueil. La diaspora doit donc édifier le peuple et non le noyer dans des faux problèmes. »  JCB 

Il m’arrive toujours d’être surpris par les réactions des Congolais, tout particulièrement, ceux de la diaspora qui se prennent la tête avec des problèmes largement secondaires aux vrais soucis du moment qui devraient être priorisés.

Que TCHICAYA MISSAMOU aille solliciter les sponsors à Brazzaville en quoi cela faiblirait-il le combat contre notre véritable adversaire qui est  SASSOU et son système de mercenariat politique ?  Dr TCHICAYA MISSAMOU a le droit de changer d’opinion à un moment donné. Cela ne revient pas à dire qu’il s’est éloigné de nos aspirations profondes. En fait, c’est se rendre compte du fait que des personnes qui semblent vous accompagner dans un combat qui puis est commun, des personnes en lesquelles nous avions confiance ne sont pas fiables. S’il trouve que le chemin que nous croyions sûr ne l’était pas tant que cela, et c’est par-dessus tout savoir avancer avec davantage de perspective et de maturité. C’est son droit le plus absolu de changer de logiciel.

Ainsi, n’oublions pas que nous avons tous ce droit précieux : le droit de changer pour pouvoir grandir. Essayons d’éviter de s’ériger en détenteur de la science infuse. Tous pensent changer le monde, mais aucun ne pense à changer lui-même. Changer de point de vue à un moment donné n’est pas un sacrilège et ne fait pas de nous des personnes volubiles ou instables. En réalité chaque personne capable d’ouvrir son esprit, de voir plus loin que son bout de nez, une personne réceptive à d’autres stimulations et qui en plus, est ouverte au changement peut être une personne dotée d’une compétence qu’on ignore souvent.

Notre inquiétude devrait plus être orientée vers les personnes qui changent d’avis à la légère et sans conviction ni autre proposition du comment et du comment de ce changement. Les personnes qui changent pour atténuer les gargouillements gastriques qui les empêchent de réfléchir. Ceux-ci sont des gens peu fiables, des inconstants récurrents. Notre diaspora de France en compte des milliers de ces personnes. Ce fait est évident, car il n’est pas facile de vivre avec des donneurs de leçons qui nous disent à longueur de journée détenir la solution pour dégager SASSOU, mais ont prêt a prendre la café ou le thé ou encore voyager avec de ce dernier. Des Congolais de la diaspora qui un jour défendent à corps et âme une série de valeurs et qui les rejettent le lendemain et optent pour d’autres valeurs complètement opposées. C’est la complexité de notre perception de notre combat. Car on s’aperçoit que tout est politisé. Il a suffi que TCHICAYA MISSAMOU crie un jour sur les réseaux sociaux, « SASSOU TOUVIE »,  pour qu’il soit propulsé au rang de politiciens congolais.

C’est absurde cette perception.  N’est pas politicien qui le veut.

Pour les « futurs politiciens en herbe de la diaspora », les problèmes du Congo sont ailleurs. Ce n’est pas en fustigeant BOWAO,  MISSAMOU et autres qu’ils seront résolus. Plutôt dans l’élévation de notre paradigme de réflexion. À commencer par intégrer le fait d’être contre Sassou NGUESSO ne constitue pas un projet politique. Si demain SASSOU n’est plus là et remplacé par un autre qui garde le même système prédateur et infecté de mercenaires politiques, on aura perdu du temps pour rien. Ceux de la diaspora qui cultivent cette logique et qui voient les choses comme ça, ils peuvent tout de suite prendre leur retraite politique, ils sont des hommes du passé. Que l’on soit fidèle à des valeurs, c’est tout à fait louable, mais un homme politique par essence est une personne qui doit s’adapter aux circonstances. Quand un homme se lance en politique, il défend un projet, s’il gagne, il l’applique du mieux possible, s’il perd, c’est le vainqueur qui est légitime pour appliquer son projet. TCHICAYA MISSAMOU n’est pas un politique, certainement un futur businessman qui a compris l’argent n’a pas d’odeur, ni d’étiquette politique en affaire.

La diaspora de France en particulier doit s’intégrer le fait que sur certains points, leur avis n’est plus d’actualité, faut-il alors être obtus et s’attacher à ces opinions qu’on veut immuables ? Qui a lu le scénario du futur film de TCHICAYA MISSAMOU ? Et s’il s’avérait que ce dernier traite le problème crucial de la Crise congolaise, très peu des aboyeurs de la diaspora viendront faire leur mea-culpa.

Allons vers la source de nos véritables problèmes. C’est-à-dire indexer les questions existentielles qui posent problème. Proposer les remèdes ou solutions pour attirer l’adhésion du peuple à notre combat. Notre pays est irrigué par plusieurs lacs, rivières, fleuves, et océan, une terre fertile faisant de cet atout un excellent vivier pour le  décollage économique. Il est normal qu’aujourd’hui sur un trajet de 523 km reliant Brazzaville à Pointe-Noire que les usagers puissent payer plus d’une dizaine de fois les péages ?  A quoi sert de pousser le congolais d’être des acquéreurs de terrains ? Si c’est pour se retrouver devant les tribunaux, car les juges et les propriétaires se sont constitués en bande organisée pour escroquer les paisibles gens. Est-il normal que les étudiants qui ont manifesté leur mécontentement pour le non-paiement de leurs bourses soient de force rapatriés au pays hypothéquant ainsi leur avenir. Notre assemblée des godillots vient de donner son aval pour rééchelonner la dette contractée à la chine condamnant le pays pour des longues années à venir, une dette qui n’a servi qu’à enrichir un clan.

Voyez-vous nos problèmes sont énormes et diversifiés. Concentrons-nous à solutionner ces petits problèmes internes qui sont chaque jour multiplier par 1000 étranglant la productivité de nos agriculteurs, éleveurs. L’orientation de notre réflexion à agir sur le terrain par une implication positive par des apports changeant peut être un « un moyen stratégique d’orienter l’engagement des populations » par des mouvements non-violents.

On le voit bien, il a beau transposer tout à OYO, les usines, les banques , les installations sportives , sanitaires et autres pourtant rien ne suit pas parce que ce ne sont que politiques économiques éphémères construites sur des politiques incohérentes , de jalousie, et d’orgueil. La diaspora doit donc édifier le peuple et non le noyer dans des faux problèmes.

Jean-Claude BERI

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