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Les terres congolaises ne sont pas à vendre

Les terres congolaises ne sont pas à vendre

Par  Jean-Claude BERI

 

Jean-Claude BERI, communicant, activiste et libre penseur Lyon

Dans la longue litanie d’une « mondialisation malheureuse » où les inégalités se creusent inexorablement, les traités de libre-échange se suivent et se ressemblent. Le Congo-Brazzaville, terre de convoitise, pas seulement par les multinationales européennes ou chinoises, mais également par beaucoup d’État africains. Ces derniers profitant de la naïveté ou l’ivresse du pouvoir de dirigeants actuels laissent se propager  le virus de la  fausse coopération gagnant-gagnant. Que peut apporter le Rwanda aux congolais que les Congolais eux-mêmes seraient incapables de réaliser ?

De mémoire de congolais Sassou serait le premier dirigeant à signer des accords de cession avec un pays africain dans une opacité qui fait douter de la régularité et le bénéfice qu’ont tirerait le Congo Brazzaville. Du côté de Kigali on sabre le champagne car le coup serait bien évidement propice pour ce pays en manque de terre arables.

Les accords de MALOUKOU entre le Rwanda et le Congo signés ce 12 avril concernent les domaines suivants : agriculture, infrastructures, PME et artisanat, culture et arts, commerce et industrie, mines et géologie, éducation civique et formation qualifiante. Une belle illusion de coopération qui résonne de manière douloureuse au moment où le Congo est dépecé de tout part par les enfants SASSOU et une guerre de succession qui s’annonce très difficile. On ne nous dit pas tout.

Kagamé aurait demandé à Sassou de garder sur son sol les 8 000 Rwandais exilés au Congo-Brazzaville depuis 1997, qui ont précédemment perdus ce dimanche 30 juin, leur statut de réfugié. Cela arrangerait bien Kigali qui voudrait que ces rwandais deviennent des Congolais afin d’eviter un probable foyer de tension et surtout le laisser continuer à régner en maitre au RWANDA. En contrepartie SASSOU aurait sollicité le soutien militaire de Kigali pour sécuriser la succession de son fils au trône.

L’histoire récente de ce pays (RWANDA) prouve à suffisance que son élan hégémonique le pousse à violer les lois internationales sous les prétendus accords signés entre KABILA père et Kagamé.  Le Rwanda est devenu la plaque tournante du diamant alors ce pays n ‘est pas producteur, pille et tue en RDC . Faites vos recherches personnelles pour découvrir tout le mal que la RWANDA cause en RDC.

Prétendre que les accords de MALOUKOU est une chance pour le Congo c’est une hérésie. C’est la pure expression du refus du droit des citoyens. C’est le symbole de la gouvernance par l’échec et le mensonge. Il montre comment le ministre de la Coopération internationale entérine les unes après les autres les provocations au moment l’opinion publique critique le manque de scrupules du dictateur. Il considère que le verrouillage de sa succession au pouvoir passe avant tout et surtout par le refus de toute contradiction. Ce gouvernement occulte tout débat à propos de nos terres en refusant de mettre à la disposition de tous les Congolais les clauses de ce fameux contrat pour que ce dernier décide en âme et conscience. Trop de zones d’ombres entourent ce contrat : Le peuple congolais veut savoir :

La durée du contrat,

Les cultures qui seront cultivées,

La solvabilité du ‘’Crystal Ventures Ltd’’

Les garanties en matière de protection de l’environnement, de l’utilisation probables des produits phytosanitaires….

Le peuple congolais exige le respect de :

De L’article 217 de la constitution qui stipule que : « Le Président de la République négocie, signe et ratifie les traités et les accords internationaux. La ratification ne peut intervenir qu’après autorisation du Parlement, notamment en ce qui concerne les traités de paix, les traités de défense, les traités de commerce, les traités relatifs aux ressources naturelles ou les accords relatifs aux organisations internationales, ceux qui engagent les finances de l’État, ceux qui modifient les dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction du territoire. Ces accords doivent être ratifiés par les deux chambres parlementaires (assemblée nationale plus sénat. »   

De l’article 219 qui stipule : »Nulle cession, nul échange, nulle adjonction du territoire n’est valable sans le consentement du Peuple Congolais appelé à se prononcer par voie de référendum »

Peuple congolais êtes -vous prêt à vendre votre dignité, votre souveraineté, votre liberté alimentaire au profit d’une machination conjuguée entre oligarchie dictatoriale ?

Ne soyez pas aussi naïf que ça. Pourquoi le président Rwanda  Paul Kagame s’est adressé au Parlement congolais réuni en congrès en ces termes, alors que les accords militaires n’ont pas été mentionnés « Plus 5 000 troupes rwandaises étaient stationnées sur le continent, en Centrafrique et au Soudan du Sud notamment, où elles interviennent dans le cadre de missions de maintien de la paix des Nations Unies. » Kigali se prépare-t-il à intervenir au Congo ?, le Congo est-il en guerre?, La paix au Congo serait-elle menacée ? Par qui ?

Rien n’est clair dans ces accords qui seraient sans logiques et totalement biaisés car ils contiennent en germe la systématisation des tractations contestables et de possibles violences. 12.000 ha ce qui fait 120km2, il n’y a que des cons pour accepter cela. C’est ça que vous appelez un gouvernement des technocrates avec un premier ministre aux antipodes de la bonne gouvernance. Ces accords sont tout sauf une bonne gestion. Du reste, il semble s’inscrire aux antipodes du soutien aux agriculteurs et artisans congolais, avec un certain mépris prononcé pour le citoyen congolais. Le tout conçu dans une violation de tous les principes d’équité et d’égalité, autrement, des principes universels des droits humains et des textes qui régissent l’administration parlementaire Une assemblée des godillots ou sont tassés les parents, amis et enfants du dictateurs qui demeure curieusement silencieuse. En effet, il suffit aujourd’hui de faire un tour à l’Assemblée nationale pour comprendre la situation.

Jean-Claude BERI

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