DIASPORA, Justice, Politique

L’Etat a encore tué à Gamboma.

Enfant tué à Gamboma

Par  OUABARI MARIOTTI

Alors que les congolais continuent d’attendre avec fébrilité les conclusions du procès de l’affaire des treize victimes du commissariat de Chacona à Mpila Brazzaville et que les familles de celles ci n’ont pas encore séché leurs larmes, voilà qu’un collégien de Gamboma, interpelé la veille par des gendarmes, a été retrouvé sans vie, ce 22 décembre 2018, dans sa cellule de détention.

S’en sont suivies des scènes de violences opposant des jeunes de Gamboma aux gendarmes. Ainsi, se succèdent, au Congo, les unes après les autres, des morts de détenus dans les lieux d’enfermement de la gendarmerie, de la police et dans les maisons d’arrêt du pays. Assimilables aux assassinats politiques où tuer l’adversaire et même le citoyen porteur d’une contestation légitime deviennent une nouvelle forme de les éliminer pour protéger le régime, ces décès surviennent au mépris des violations les plus graves des droits fondamentaux.

Et tout porte à croire que l’agent de police, le gendarme et le gardien de prison, tournant le dos aux principes de base de leurs métiers pour servir les buts politiques du pouvoir, s’excluent de leurs obligations conventionnelles qui respectent la règle desdits droits. J’éprouve un sentiment de révolte devant ces pratiques avilissantes. Enfant de Gamboma, je dénonce et condamne les violences qui ont frappé cette ville, par la faute des gendarmes. Aux populations laborieuses de cette localité qui ne demandent qu’à vivre en paix , j’exprime ma solidarité.

Que la famille du collégien décédé trouve ici l’expression de mes condoléances les plus attristées. Quel qu’en soient leurs rangs, les auteurs de son assassinat et des blessures sur d’autres jeunes doivent en répondre, au terme de procédures judiciaires transparentes, pour ne pas les laisser courir impunément et défier insolemment les familles affectées. D’où mon rejet de la version des autorités faisant croire que rien d’anormal ne s’est passé dans la cellule du collégien décédé et qu’elles ignorent les circonstances de sa mort. Une version qui démontrerait que les autorités sont en déficit de tout instrument de lucidité sur la société dans laquelle elles sont sensées agir dans l’intérêt général.

Dans l’entre temps, les pouvoirs publics sont en devoir de procéder, dans l’immédiat, aux réparations d’usage au bénéfice des corps et structures touchés par les violences. A l’ensemble de la communauté scolaire de Gamboma dont je partage les inquiétudes pédagogiques et me sens solidaire de ses revendications dans un pays où la question socio-culturelle n’est plus, entre autres, une priorité pour les gouvernants, je dis également mon soutien. Ngâa ambon ké yilima? –

Paris le 23 décembre 2018 –

OUABARI MARIOTTI

TROUBLES À GAMBOMA SUITE À L' ASSASSINAT D' UN COLLÉGIEN PAR LES MILICIENS DE NGUESSO

Gepostet von Cherie Mboula am Samstag, 22. Dezember 2018

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