Politique

La levée du mandat d’arrêt contre le Pasteur N’toumi est-elle effective ?

Le pasteur Ntumi

Par  Daniel Bazébita

Après une année de guerre dans le Pool, le gouvernement et les « ex-rebelles » ont signé un accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités dans lequel les deux belligérants ont fumé le calumet de la paix. Cet accord présente-t-il des garanties aux deux camps diamétralement opposés et permettra-t-il aux populations du Pool de retrouver la quiétude ?
D’aucuns disent que cette décision est bonne d’autant plus que le Pool va retrouver la paix tant recherchée. D’autres rétorquent « NON », au regard de certains griefs non élucidés dans cet accord. L’accord parle de la levée des barrières militaires sur les tous axes menant dans le Pool, mais jusqu’à ce jour, aucune n’est encore levée. Les militaires grouillent toujours dans cette région. Les pièces d’identité sont toujours exigées aux populations par ces militaires qui demandent 500 à 1000 FCFA à tous les usagers sur ces routes.
L’accord « permet » au Pasteur N’toumi de s’émouvoir sans qu’il n’ait énuméré les mesures d’accompagnement ni les garanties pour sa sécurité ni ne parle pas de la levée du mandat d’arrêt émis contre N’toumi par le procureur de la république.
Un juriste qui a requis l’anonymat a indiqué que « la décision prise par cette commission mixte (rebelles-gouvernement) ne peut lever une sanction ou un mandat judiciaire prise par une cour ou un procureur de la République. C’est l’image d’un décret présidentiel qui ne peut être abrogé que par un décret présidentiel. Or,dans le cas d’espèce, premièrement, cette commission mixte a émis la liberté au Pasteur N’toumi sans qu’elle n’ait associé à cet accord, le Procureur de la République pour la levée du mandat d’arrêt ni le représentant du président de la République pour empiéter sur ce mandat.
Deuxièmement, l’accord ordonne le ramassage, le rachat des armes des rebelles et le retour de l’Etat dans le département du Pool, mais rien n’est dit sur les garanties sécuritaires du Pasteur Ntoumi, le principal acteur. Pensez-vous que cet homme peut se hasarder à s’émouvoir ?
Aux yeux de tous, cet accord ne profite qu’aux représentants de N’toumi venus pour négocier, aux ex-combattants et à ceux qui les sortent un à un des forêts » a-t-il dit.
Une autre question que les uns et les autres se posent est de savoir dans quelle zone ces jeunes qui sortent des forêts laissent-ils leurs armes ?

« Y aura- t-i une mission de ramassage et de rachat des armes ou encore il s’agit de la ruse du comité de veille de sortir les Ninja des forêts sans l’apport du Pasteur N’toumi pour l’isoler ? » s’est interrogé Pascal Matsimouna membre de l’association Congolais-unis qui a ajouté que « le président de la République avait demandé aux jeunes de sortir avec leurs armes que le gouvernement rachètera. Les accords signés à Kinkala donnent également le quitus au Pasteur N’toumi l’insertion et la réinsertion des ex-combattants. Or, quand le comité de veille sorte les Ninja, N’toumi n’est pas là. Il se focalise sur le terme «Ce sont les Ninja eux-mêmes qui avaient demandé de sortir». C’est comme si ce comité de veille veut justifier quelque chose. A l’allure où vont les choses, il est probable que ce comité soit en collision avec l’accord quand il s’agira de réinsérer ces jeunes. Parce que beaucoup de jeunes fabriqués Ninja risqueront d’être recalés quand ils n’arriveront pas à indiquer la zone de leur combat ou le chef de leurs écuries.
Les deux entités « comité de veille et commission mixte paritaire » sont pour les mêmes problèmes : la paix et la réinsertion des ex-combattants mais pourquoi ne travaillent-ils pas ensemble ?
Pourquoi le comité de veille tient-il sur la sortie des Ninja sans N’toumi? Que cache donc l’impérative de ce comité ?
Voilà un problème qui risque de provoquer un Tsunami dans le Pool quand on sait que les congolais ancrés dans la fraude ne manqueront pas à réinsérer des jeunes fabriqués Ninjas dans des quartiers de Brazzaville qui ne seront à mesure de décliner le chef de leur écurie. Car beaucoup de jeunes ont été pris en fragrant délit lors de la première réinsertion pour le même motif.
Ceci dit, l’implication du Pasteur N’toumi est essentielle pour la paix dans le Pool »
«…Nous avons demandé que tous les droits et toute la liberté soient restitués au Pasteur Ntoumi », a déclaré à l’AFP son représentant, Jean-Gustave Ntondo. Mais le couac se pose sur le fameux mandat d’arrêt infligé par le procureur de la république puisque en le disant, les membres de la commission mixte n’avaient pas posé les jalons de la levée de ce mandat d’arrêt.
Pire, cet accord n’est pas contresigné par le président de la République ni par le procureur de la République pour que ce mandat soit juridiquement caduc.
L’accord est signé par le représentant du Pasteur N’toumi d’un côté et par un des représentants du gouvernement, le colonel Pierre Mongo conseiller du ministre de l’intérieur, qui a insisté sur la mise en œuvre de l’accord, notamment le ramassage d’armes, le retour des populations dans leur environnement. Cet accord a-t-il vraiment de la valeur du côté du gouvernement? », s’est interrogé Trésor Nzila, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’homme qui a ajouté «Pourquoi le ministre lui-même n’a pas signé cet accord».
Mais dans une autre version de faits, il est indiqué qu’une personne peut parapher un document si celle-ci est mandatée légalement par un gouvernement. C’est le cas du conseiller du ministre. Donc cela ne pose pas de problèmes, les poursuites judiciaires contre N’toumi sont tombées tout comme le flou que certaines personnes constatent sur cet accord.
Signalons que la guerre dans le Pool avait mis 138.000 personnes en situation humanitaire difficile. Les violences avaient aussi entraîné l’arrêt de l’exploitation du chemin de fer Congo-Océan entre Brazzaville et Pointe Noire, principal axe du pays

Daniel Bazébita

La griffeinfos Journal

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