Politique

L’éviction d’une ministre en fonction par le président de la République.

Inès Bertille INGANI

 

Par  OLEG FABRICE KIESSILA

Un fait tellement rare qu’il mérite d’être souligné. En effet, depuis son retour au pouvoir en 1997, le président de la République, jusqu’au limogeage inattendu de la ministre de la promotion de la femme, madame Inès INGANI, avait fait preuve d’un laxisme déroutant donnant le sentiment non pas d’une impuissance criarde mais plutôt d’un laisser aller rimant à une forme de favoritisme
débordant. L’on pouvait détourner les deniers publics, l’on pouvait jouer au clientélisme, l’on pouvait jouer au chantage, l’on pouvait s’illustrer au détournement des fonds publics, à la gabegie financière, à la délinquance morale: tribalisme, régionalisme, clanisme… aucune sanction n’était possible.

De cette attitude était née au Congo tous les maux plus haut cités avec pour effet foudroyant le désespoir, l’exaspération. Le Congo n’était plus attrayant ni agréable comme si nous vivions encore au moyen âge. L’impunité donnait des ailes de plus en plus grandes à certains citoyens qui se permettaient tout au nom de la famille du président de la République. C’est ce qui s’est vérifié dans cet audio de madame la ministre de la promotion de la femme. Une attitude blâmable non pas pour sa personne mais pour la fonction qu’elle occupait.

Hélas, cette vidéo mettait en claire la gestion de l’Etat ramenée à une dimension barbare. Une gestion basée sur le renversement des moeurs régissant une société civilisée et éduquée. Le vice prenant la place de la vertus. Ainsi l’on pouvait se poser la question, étions nous là dans une république avec un gouvernement? Une République avec des institutions? Une Républiques avec des règles? La suite peut s’allonger. Cette question, je me la posais le premier. Mais je savais déjà la réponse.

Ces agissements contraires à l’éthique des responsables politiques induisant la moralisation de la vie politique étaient devenus courants au coeur de l’Etat mettant au passage en mal le républicain. Plusieurs fois, des ministres ont été pris en flagrant délit, mais derrière, le premier des congolais, que je nomme moi, souvent comme un super manager, comme dans une entreprise, ne prenait jamais les mesures qu’il fallait, à la hauteur des fautes commises, pour remettre de l’ordre. Plutôt, il se faisait discret.

Mais devant la foudre et la monté en puissance des réseaux sociaux, comment continuer à faire l’ignorant devant la puissance de la vérité. Ce super manager a été contraint bon gré malgré de prendre une mesure. Il a enfin sanctionné. Tout le monde acclame, moi le premier car ce geste va dans le sens de ce que j’ai toujours réclamé. Je l’ai toujours dit dans tous les cercles que je fréquente, nous pouvons changer les choses, mais cela n’est possible que si le président de la République prenait ses responsabilités, celles de remettre de l’ordre dans la République. Eh ben, ce n’est qu’avec cette volonté que tout peut suivre. C’est toujours du sommet que, je le crois, que pourrait s’enclencher le changement au Congo. Le peuple ne fait que suivre le modèle qu’on lui calque.

Et je suis en droit de m’interroger, si ce premier cas, de la ministre virée du gouvernement pour manquement à la bonne conduite, est une sanction qui sera non seulement élargie à tous les niveaux en commençant par les plus gros poissons comme il le disait lui-même, le président de la République, au cours d’un de ses nombreux pompeux discours, mais surtout dans le temps en revenant aux fondamentaux d’une société gouvernée sur la base des règles et des principes.

En tout cas, je suis impatient comme bon nombre des congolais. J’espère que ceci fera jurisprudence. Enfin, je l’espère de tout mon coeur!

Enfin, j’encourage le chef de l’Etat de persister sur cette brèche ouverte maintenant que la boite de pandore a été elle aussi ouverte.

OLEG FABRICE KIESSILA

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