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L’opposition congolaise, une ruine qui ne tient qu’à ses divisions

L’opposition congolaise, une ruine qui ne tient qu’à ses divisions

Par Jean-Claude BERI

 

La prochaine élection présidentielle est ouverte et les tractations de magouille, de compromission et de passage en force vont bon train. L’opposition avait la possibilité, si elle jouait carte sur table, sur l’unité et la mise en place d’un rapport de force, elle pouvait faire descendre les congolais dans les rues et organiser la révolte congolaise contre le clan SASSOU.

On n’a jamais demandé à l’opposition d’aller aux élections pour les gagner, car nous savions tous d’avance que ces scrutins organiser par le PCT et le Clan SASSOU sont une parodie. Mais de profiter de cette fenêtre de tir qui s’ouvre pour montrer leur efficacité par des rassemblements monstres qui feront soit douter la barbarie, ou soit ouvrir le débat sur la révision du code électorale. C’est la manière la plus frontale de lutter contre ce régime dictatorial. C’était l’occasion de faire sur le terrain ce que font les autres peuples devant de l’abus du pouvoir et la confiscation de la liberté.

Se lancer dans cette aventure électorale comme c’est le cas, ça serait comme je l’ai déjà écrit (1) c’est aller « Vers un aveu d’échec !!! Cela semble être le constat qui se dessine au regard des tractations teintées d’un excessif repli sur soi qui prévaut au sein de l’opposition. Pourtant, il est acté depuis des siècles que pour résoudre un problème la première étape est de reconnaître qu’il y en a un. Au-delà des constats alarmistes et des publications tous azimuts, force est de constater que l’opposition congolaise est empêtrée dans son propre déni ».

Maintenant que la machine à broyer les congolais se met en branle j’aimerais que ces génies de stratégistes de l’opposition expliquent au peuple leur plan B ?

Sans contexte, Guy Brice Parfait KOLELAS, serait celui qui pourrait révolutionner le combat par sa force de mobilisation. Mais il est diabolisé par ceux-là même qui se sont lancé à salir MOKOKO. Les folles rumeurs circulent et relayer par une toile totalement infectée Le cas MOKOKO devrait rassembler, unir et dynamiser le combat Mais c’est sans compter sur une opposition qui travaille à contre courant. Triste opposition !!!

Les leaders de l’opposition offrent le spectacle d’une opposition émiettée. Pourtant, si on fait les comptes, à travers toutes les chapelles qui la représentaient, de l’UPADS, UDH-YUKI à la composante des 17 partis animé par Mathias DZON et autres… les militants n’attendent que les mots d’ordres, preuves qu’il existe encore dans l’électorat un militantisme pragmatique. Englué dans une logique de vouloir cavaler seul, l’opposition entretient la crise qu’elle connaît : panne de projet, déficit d’idées et de valeurs, faiblesse de ses leaders.  Depuis 2016, tout ceci a conduit à une évaporation et une dispersion de son électorat qui la laisse exsangue, sans bataillons de réserve. Des troupeaux sans tête de file.

Aujourd’hui beaucoup de ces chapelles qui se sont lancées dans cette aventure suicidaire font presque du rétropédale sans l’avouer vraiment Tous dénoncent aujourd’hui le projet de loi électorale concocte par le Ministre de l’intérieur Raymond MBOULOU.  Ignorait-elle (opposition) que l’armée est le vivier des voix de ce pouvoir moribond. Qui connait vraiment le nombre des soldats qui sont recrutés tous les jours dans les officines militaro-ethnique du Clan ? Vouloir les faire voter avant tout le monde dans des périmètres incontrôlés, surtout dans des conditions favorables au pouvoir car contrôlées par les généraux à la solde de SASSOU est une manipulation.

Aucune loi, ni règle n’est respecté dans ce projet à part l’ambition de venir déclarer demain que 80% des militaires ont voté pour SASSOU. Aujourd’hui cette même opposition déclare je cite « Les conditions ne semblent pas être réunies pour une élection présidentielle libre et transparente en 2021. Crise économique, crise sanitaire, crise politique égale chaos. » dixit OFK. 

 « Amnistier tous les prisonniers politiques et les exilés condamnés par contumaces afin de permettre au Congo la tenue d’un véritable dialogue National Inclusif » dixit Paulin MAKAYA.

On voit très bien devant le refus prononcé du PCT à toutes concessions, l’opposition est encerclée entre les armes qui font de plus en plus leur entrée sur le territoire congolais, l’imposition des projets de lois avantageux pour SASSOU et une opposition engluée dans son propre délitement, la situation est identique qu’en 2016, sinon pire. Alors pourquoi concourir pour donner du change à SASSOU. Si ce n’est du pain béni pour SASSOU dites-moi ce que c’est ????

MOKOKO est malmené par un pouvoir inique très malsain qui lui prive des droits des plus élémentaires, l’opposition trouve satisfaction dans des déclarations parcellaires et solitaire. Au lieu de se servir de cette occasion pour restaurer l’union sacrée.  Non c’est le silence total, le vide, le néant.

KOLELA, est déclaré pestiféré par une frange de l’opposition qui le taxe, sans aucune preuve, de compromission avec le pouvoir. Mais en se garde de s’en prendre à tous ces anciens acolytes de MOKOKO qui se sont lancés dans cette même aventure. D’autres ayant rejoint la mangeoire sans sourciller sont acclamés

Tant que l’opposition sera celle de l’opposition de TSATY MABIALA   aucune reconstruction ni réveil des consciences ne sera possible.  Avec TSATY MABILA chef de fil d’une opposition sclérosée et engluée dans des compromissions, préparons-nous au pire des situations.

A quelques exceptions près on croirait que notre opposition est cette « idiote femme utile » dont on se demanderait s’elle ne travaillerait pas pour l’actuel président dont elle prétend évincer.

Tant que l’opposition sera celle de la jubilation qui place le problème des convictions profondes et de l’unité  derrière elle, aucune solution ne sera possible. Ses convictions sont pensées et construites, elles ne sont pas gratuites, elles ne sont pas une pose ou une attitude. Il conviendrait de lui opposer un raisonnement construit tout aussi rigoureusement, pour cela on peut se remettre en cause pour nous aider à choisir la bonne stratégie. Œuvrer pour une transition de quelques années 3 à 5 maximum et reprogrammer des élections réellement transparentes Pour ce faire, il faut une opposition digne de ce nom.

Qu’on se lance dans une élection dont on sait au préalable, elle est verrouillée par des faussetés, des pièges grandement ouverts des lois injustes et venir s’étonner aujourd’hui des coups bas du PCT est simplement faire preuve d’une naïveté insolente.

On ne peut qu’observer le dévoilement de la médiocrité politique de cette opposition. On peut s’en inquiéter aussi, tant elle contribue à la vacuité politique générale. Plus sérieusement, l’aplanissement des idéaux vient surtout confirmer une tendance observée depuis longtemps dans la politique congolaise : sa compromission.

Comment l’infamie traitement que subit MOKOKO, dont personne ne conteste aujourd’hui l’ignominie, n’aurait-il pas un effet rassembleur ? Quelle est cette opposition qui ne peut pas s’enflammer pour la cause commune, toujours dans la médisance, la division, le sectarisme et des conflits stériles. En quoi sommes-nous une opposition ? Puisque le seul adversaire qui devrait nous unir nous divise et nous oppose entre nous.

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(1)                Congo-Brazzaville : plaidoirie pour un candidat unique de l’opposition en 2021

Jean-Claude BERI

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