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L’UPADS est mort, vive l’UPADS et l’alternance

L’UPADS est mort, vive l’UPADS et l’alternance

Jean-Claude BERI

 

Autrefois grand parti national aux ambitions légitimes de diriger le Congo avec un programme innovant et fédérateur, aujourd’hui lUPADS est mort sinon dans un coma profond,  il n’a pas  survécu  à sa débâcle issue d’un Congrès d’auto-destruction  du 7 juin 2013.   Sans chef ni projet, les militants de l’UPADS sont aujourd’hui face à une page blanche qu’ils doivent coûte que coûte remplir pour éviter de sombrer définitivement dans l’errance politique avec un leader corrompu, honni et qui affiche sa traîtrise au grand jour.

J’ai vécu, à Perpignan,  lors de l’enterrement du Président PASCAL LISSOUBA, une scène politiquement humiliante et totalement contre productif. Ceci s’est déroulé sous mes yeux, pas besoin de rumeur , ni de ragot ni encore moins de colportage d’infos.  TSATY MABIALA,  dès son arrivée a été pris à partie par une frange de résistants parisiens qui ne sont pas  allés de main morte pour décapiter verbalement ce leader nuisible et malfaisant.

Ce n’est pas tant que ça qui a heurté ma sensibilité politique, C’est plutôt de voir des personnes qui ont dirigé ce pays, qui ont eu des responsabilités énormes  tant au sein de leur parti et ensuite au niveau national affichées un tel comportement exécrable qui n’attendaient que la sortie des manchettes pour les voir s‘entre dépecer.  De KITOMBO, MOUKOUEKE, KOUKEBENE, TAMBA TAMBA et autres présents dans l’église, l’heure n’était pas visiblement au recueillement Malgré l’attitude courtoise et manifestement élégante on y lisait clairement la haine viscérale qui traversait  leur regard.  D’un coté,  on se surprend  d’ entendre  devant quelques courtisans, TSATY MABIALA se gargariser «…Oh ils m’en veulent parce que c’est moi qui suit le premier secrétaire… » De l’autre, on fait mine d’accuser le coup mais on lâche plus loin « on est là pour honorer la mémoire d’un grand homme. »

Devant les militants et autres personnalités venus assistés aux obsèques de LISSOUBA, l’UPADS a montré l’étendu de la fissure pour ne pas dire la cassure est bel et bien acté. L’UPADS est mort , vive L’UPADS.


Faut-il en vouloir à TSATY MABIALA qui a porté l’estocade ou aux militants qui se congratulent dans un couinement collectif d’enterrement  signe d’une mort annoncée. TSATY MABIALA détruit l’UPADS certes, est-il seul coupable ? Si Les MOUKOUEKE , TAMBA TAMBA et autres ont choisi choisi de tourner le dos à l ‘UPADS en s’apparentant au CAP, les ministres OUABARI, KOUKEBENE, NSONGUISSA MOULANGOU ont le devoir de redynamiser la vraie vie de parti ont exigeons à travers les militants aujourd’hui désabusés, floués par le mercantilisme politique de TSATY MABIALA, la tenue d’un congrès unificateur .

Avec tous ceux qui ont cru au projet de LISSOUBA, la reconquête  du parti par les militants doit prioritairement se déployer dans les  régions où la fibre UPADS existe encore et ou les militants nous ont confié leur désarroi actuel
Certes, l’UPADS (le vrai pas celui de TSATY MABIALA) fait face à une page blanche. Sans chef ni projet. Avec des moyens financiers et humains en chute libre mais garde ses convictions et son engouement pour la renaissance d’un nouveau vrai parti d’opposition, Il faut reconstruire L’UPADS à partir de lui-même en commençant par installer une direction provisoire collective pour animer la structure jusqu’au prochain congrès.

L’achat des consciences doublé de recrutements familiaux au sein de l’UPADS de TSATY MABIALA laisse entraîner celui-ci dans le giron du PCT sans pour  autant porter la couleur rouge.
Ça serait impensable que l’un des trois partis les plus structurants du paysage politique congolais des trente dernières années disparaissent a cause la fourberie politique d’un homme nommé TSATY MABIALA . Les instances survivent, les systèmes perdurent, mais l’espace idéologique est perdu.

Après la perte du pouvoir en 1997, la mise à mort de l’UPADS ne fut pas immédiate. L’instinct de survie des instances dirigeantes s’est traduit en soubresauts qui se voulaient destructeurs-créateurs, créateurs par exemple de l’artifice du changement de dénomination. La crise de l’UPADS est cependant tout sauf artificielle, le parti ne pâtit pas seulement d’un déficit d’image : il vit une crise profonde, idéologique, politique.

Certains avanceront comme facteur déclencheur l’échec de la gouvernance  LISSOUBA de la « trahison » vis-à-vis des engagements de campagne, ou la « fainéantise » de beaucoup de ses collaborateurs de n’être pas allé au bout des idées. Le véritable déclencheur, cependant, est celui de l absence de l’émergence d’une force panafricaniste, écrasante qui lui fait défaut aujourd’hui.

Dans une société pluri-partisane que le pouvoir établi relève d’un certain hégémonisme accentué, les oppositions, pour exister, auront tendance à radicaliser leurs positionnements : c’est le cas de la plupart des partis de l’opposition. Mais a quoi sert la radicalité sans projet politique ?

Quel avenir pour l’ancien parti de gouvernement ? Une refondation, ou un destin semblable aux oubliettes. Parmi les survivants à ce jour, une part de dirigeants de l’UPADS aussi contestataires que gestionnaires, une frange de militants qui a su et qui saura gouverner qui se reveille petit a petit , il etait temps. Saurait ce à cause de la presence de Claudine MUNARI a Paris ??? 


À l’instar de la fuite de ses  cadres, l’UPADS se doit de se défaire des symboles qui ont incarnés un temps son action, pour mieux renaître. La grande chance de l’UPADS réside dans le renouvellement de sa classe dirigeante. A contrario des tentatives de résurgence immédiate, aussi vite oubliées par les médias que par leurs initiateurs , le temps de l’action se prépare.

Dès demain aux militants, des temps longs et difficiles sont venus : ceux de la pause, de la réflexion, de l’introspection. Plutôt que d’apposer une nouvelle étiquette sur l’ancienne, arracher celle-ci, guérir, reconstruire une UPADS unie et pour tous 
La question du positionnement du nouveau parti devra se poser de façon structurante. Quel espace idéologique occuper ? Quelle ambition – asseoir une emprise locale, s’allier pour peser dans le débat national ? Il faudra prendre le temps de cette réflexion.
Dans un an, quand la stratégie électorale du happening et de l’opposition de principe des résistants aura lassé, que la politique du gouvernement aura par endroits, ce qui est une évidence, déçu, l’UPADS pourra, et c’est sa seule chance, présenter une alternative sur la scène politique congolaise, une opposition constructive panafricaine. Il faudra amener une parole apaisée et tournée vers l’avenir sur les plans social, culturel, économique.

Enfin, une fois la ligne idéologique clairement  définie : laisser leur place aux nouveaux visages, revoir la gouvernance du parti, s’ouvrir aux bénéfices de l’intelligence collective et non seulement verticale. Ne pas tomber dans la nostalgie de ce qui a été, se tourner vers ce qui peut-être. C’est à ce prix que l’UPADS pourrait réémerger dans l’espace politique congolais  surtout pas dans ces querelles des anciens dirigeants qui ont tous échoués pour unir le parti.

Jean-Claude BERI

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