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Lutte contre la corruption et la dilapidation des fonds : Pourquoi les pilleurs Jean Jacques Bouya, Christel Sassou, Alfred Onanga… sont-ils protégés par le pouvoir?

Pourquoi les pilleurs: Jean Jacques Bouya, Christel Sassou, Alfred Onanga… sont-ils protégés par le pouvoir?

Par : Daniel BAZEBITA

A l’arrestation de Jean Didier Elongo, nombreux avaient pensé que le coup d’arrêt sur la corruption et l’arrestation des gens soupçonnés de dilapidation des fonds publics allaient s’amplifier. L’opération avait satisfait les populations et cette dernière avait félicité le pouvoir de Brazzaville de saisir le taureau par les cornes pour mettre fin à ces phénomènes de corruption et de dilapidation des fonds qui ont catapultés le Congo à la crise financière dont il vit aujourd’hui.

Nombreux avaient même pensé que ce processus allait permettre au Congo de se remettre sur le chemin de la bonne gestion. Car la corruption et la dilapidation des fonds étaient devenues le dada des hommes du pouvoir. Nombreux avaient pointé du doigt les grandes entités qui génèrent les fonds au Congo à savoir la SNPC, la Douane, le Domaine foncier, les Eaux et forêts sans oublier entreprises qui occasionnent des dépenses extravagantes dans le pays comme les grands travaux etc.
Seulement, à ce jour, les commentaires des uns et des autres semblent converger vers ce qu’il convient de dire qu’on n’arrête que les « petits poussins »

En effet, l’annonce sur l’arrestation de Jean Didier Elonga a fait la «Une» de la presque totalité de tous les journaux et a alimenté les conversations sur la place publique.

En dehors de ce cadre des grands travaux, bien d’autres personnes pas trop connus ont peut-être été interpellés, les barons de cette société ne sont pas inquiétés. Les populations attendaient l’interpellation du patron des grands travaux, de la SNPC, du domaine foncier, des douanes, des Eaux et forêts car la gestion d’une entreprise commence par le chef. Seulement, ici, à la place des chefs, ce sont les subalternes qui paient les frais. Les barrons sont dans la quiétude laissant la soif au peuple de savoir comment ils gèrent ces entités de l’Etat.

Sont-ils protégés par un « parapluie » au pouvoir pour ne pas être interpellés ou ne pas expliquer au peuple le mode opératoire de la gestion de leurs entités ?

Il va de même sur la déclaration du patrimoine de la SNPC exigée par le FMI qui ne semble trémousser personne. Les interpellations aussi ne rattrapent pas les gens qui doivent répondre à cette préoccupation. Au contraire, on procède à d’autres nominations pour des raisons dont les gens ignorent. Idem aux eaux et forêts avec la vente du bois.
Les travailleurs de la société de transport (STUP) qui réclament plus de dix mois d’arriérés de salaire ne trouvent toujours pas satisfaction. Et, leurs gestionnaires ne courent aucun risque de narguer les travailleurs qu’ils intiment l’ordre de travailler alors que cette société génère beaucoup d’argent que les travailleurs ne voient plus. A la SNPC, rien ne filtre, tout est calme comme de l’eau dormante. La douane est toujours en difficultés, mais les gestionnaires sont toujours en paix pendant que les dossiers des agents admis à la retraite trainent et les ayants-droit souffrent. Aux grands travaux, depuis l’arrestation de Jean Didier Elongo, rien ne bouge comme si le seul « gaspilleur d’argent » a été pris et tout est donc rentré en ordre alors que la gestion de douze municipalisations réalisées au Congo exige un compte rendu. L’affaire de 135 milliards de FCFA (d’une route imaginaire) aussi reste pendante sur la gestion de cette structure. Au domaine foncier, rien ne bouge comme si il n’y avait rien à signaler. Beaucoup d’eau coulent sous le pont sur la gestion des entreprises publiques notamment sur la gestion des sociétés aériennes. Pourquoi en un laps de temps, la société Air-Congo a-t-elle mis la clé sous paillasson. Que dire de Ecair qui a double casquettes (privée et publique). Comment le CFCO a-t-il toujours fait faillite et comment la gestion du pétrole dans les stations d’essence pose toujours problème dans les villes avec les pénuries à répétition.
Comment sont gérés les marchés dans les villes où les immondices aux abords de ces marchés s’entassent au quotidien surtout sur les abords des routes principales.

Comment ont été gérées la SNDE et la SNE que le gouvernement pousse vers la privatisation à cause de la rareté de l’eau potable et de l’électricité.
Comment par exemple le contrat entre le Congo et l’entraineur principal de l’équipe nationale (Diables rouges football) n’a pas été respecté. A quel niveau ce contrat a-t-il capoté pour que cet entraineur démissionne ?
Beaucoup de questions se posent sur cette opération de lutte contre la corruption et les antivaleurs quand des gros bonnets du pouvoir ne s’expliquent pas publiquement sur le mode de gestion des entités dont ils ont la charge de diriger.

Daniel Bazébita

Source : la griffeinfos  Journal 

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