Editorial, Politique, Société

Mairie de Brazzaville : Ce sont les SASSOU qui dirigent et non les NGUESSO !

Mairie de Brazzaville :  Quand la gestion clanique de Brazzaville saborde la république.

 

Par  Jean-Claude BERI

On pensait avoir atteint la limite de l’indignité et de l’incompétence avec l’ancien Maire de Brazzaville Hugues Ngouélondélé. Un maire dont les mandats successifs à la tête de la mairie n’ont été validés que par les caprices et le marchandage de NINELLE SASSOU NGUESSO, son épouse. L’arrogance qu’affichent ces maires successifs sur lesquels pèsent d’énormes soupçons de détournements et de malversations frise l’indécence et l’irrespect. L’absence de sanction qui s’ensuit accentue à un degré élevé le vol et la gabegie. La faillite morale et politique du système montre à quel point le Congo est gouverné selon les humeurs de certains avatars politiques qui se sont auto-proclamés. « Les maîtres faiseurs de carrières ».

Les scandales et les révélations sur de prétendues malversations et abus de pouvoir dans lesquels seraient impliqués ces différents maires de Brazzaville, hauts cadres et membres du clan alimentent les discussions des congolais de plus en plus indignés et choqués du spectacle.

Ce décor honteux, où baigne la dépravation politique, semble immuable et davantage sombre et hypocrite, car elle est orchestrée par le gouvernement et au plus haut point son président. Cette « oligarchie familiale des incapables » qui prétend nous gouverner depuis plus de 23 ans se plaît dans ses habits de fossoyeurs de la société congolaise.

Tout est bon pour justifier le vol et l’inaction. La réalité est que par manque de courage, de sanction, par une gestion hasardeuse et frauduleuse des biens et richesses de la nation, ils ont transformé les richesses du peuple et la république en une dynastie financière clanique. Pendant qu’il se lance en catimini a une campagne présidentielle, il vous lance un os pour que les nons avertis se délectent en espérant y trouver encore de la viande sur l’os décharné.  

Cela fait des années que le peuple congolais tire la sonnette d’alarme. Les réponses furent à chaque fois négatives, voire silencieuses, le m’en foutisme règne. OKEMBA aura le même traitement qu’ELONGO. C’est a dire des pseudos prisonniers qui continueront à vivre normalement sans craindre quoi que ce soit.

Celui qui laisse faire, c’est le chef de l’État. Si sanction, il doit y avoir, elle ne doit pas seulement être pour les maires mais également pour   Albert NGONDO, le ministre des Finances, Edgar NGUESSO et Christel SASSOU…. Nous sommes en présence d’un gouvernement lâche qui ressemble à une femme violée, mais qui se précipite à la cuisine pour préparer à manger à son violeur, d’un Etat en faillite morale et politique. D’une oligarchie fort éloignée des peuples dont elle prétend régler le sort. L’évidence du fossé qui s’est creusé, entre les Congolais et leurs dirigeants à quelque chose de dramatique et de déshumanisante. Les causes sont anciennes et perdurent dans une constante indifférence manifestée par une politique de complaisance au sommet de l’Etat. La bêtise, le vol, la gabegie et le clanisme sont devenus des vertus du système. 

Arrêté par les services secrets et non pas par le pôle financier de la république, l’ancien Maire de Brazzaville,  Christian Roger OKEMBA, a été suspendu de ses fonctions dans le cadre d’une enquête sur des « irrégularités » présumées dans la gestion de Brazzaville selon un arrêté du ministère de l’Intérieur datant de ce samedi 29 février. Et serait en voie d’être transféré à la DSGT. Ce n’est qu’un leurre, car le saignement des finances publiques se poursuivra et les gros  gibiers ne seront jamais inquiétés. Juste quelques bruits de bottes sans crépitement des armes. 

C’est cette dernière action qui a mis en lumière les dissensions du clan des fossoyeurs. La vengeance est un plat qui se mange froid. L’arrestation de l’ancien directeur général du Contrôle des marchés publics, Jean Didier Elongo qui a mis à nu le système frauduleux mis en place par BOUYA aux grands travaux. Cela  fut l’acte déclencheur des hostilités souterraines entre fractions claniques en quête du pouvoir, car le clan BOUYA n’a pas apprécié le manque de soutien des autres membres du clan. Après Hugues Ngouélondélé (SASSOU) , le clan a voulu que ça soit au tour d’un NGUESSO de proposer son poulain. C’est ce qui fut fait avec la nomination de Christian Roger OKEMBA un proche d’Edgar NGUESSO. Seulement on ne lui a pas laissé le temps de s’asseoir, de bâtir son empire ni encore moins de faire ce que font les autres c‘est-à-dire voler.   Devant la vague de trahison et de lâchage en règle qu’a subit ce dernier, son limogeage a déclenché une euphorie de joie  auprès des pro KIKI (Christel SASSOU) qui y ont vu une aubaine pour pousser les pions. Malgré les supplications d’Edgar NGUESSO auprès de SASSOU pour le maintien d’OKEMBA , le conseil de famille, qui fait office de gouvernement bis  s’est prononcé en faveur de Christel qui réclamait le départ d’OKEMBA ( via le Conseil municipal très proche de KIKI)  pour le remplacer par OKANA. 

La queue entre les jambes, Edgar vient de vivre son énième humiliation devant Christel SASSOU.  Dans son entourage, on commence à se faire à l’idée que ce sont les SASSOU qui dirigent et non les NGUESSO. Selon un proche d’Edgar « , c’est un choc pour l’establishment, aucun responsable d’un tel niveau du clan Edgar n’avait jamais été arrêté sur des soupçons pénaux »  Quant aux pro BOUYA, ils se frottent les mains en se disant , attendons le troisième acte pour prendre position.

Que l’on ne s’y trompe pas, Albert NGONDO n’obéit qu’a SASSOU qui a bel et bien validé le fameux virement. Seulement,  ce dernier n’a pas obéi aux circuits familiaux mis en place pour promouvoir le positionnement politique de Christel SASSOU. OKEMBA n’a pas été viré parce qu’il a volé, car le vol est normal chez les SASSOU- NGUESSO, mais parce qu’il a volé en ne garnissant pas la bonne gibecière. Le mot d’ordre est clair aujourd’hui « où tu es avec le fils de l’homme, ou tu es contre lui ».

 

Jean-Claude BERI

 

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