Editorial, Politique, Tribune libre

Message de fin d’année 2017 du DAC: L’espoir est toujours permis

Par :  Jean-Claude BERI

Chers militants et sympathisants du DAC du Congo, d’Europe  et d’ailleurs,

Acteurs de la société civile et de la diaspora,

Chers compatriotes,

Mon engagement politique au sein de la résistance contre la dictature que nous avions fortement contribué à créer et à lancer depuis l’assassinat de notre jeune démocratie en 1998 a pris une tournure inattendue au fil des circonstances qui s’imposaient à nous.

Les récents événements intervenus au cours de l’année 2017 offrent une occasion pour les uns et les autres de faire le point et le bilan de leur trajectoire politique, de prendre quelques résolutions et de faire des projections sur l’avenir plus ou moins immédiat.

Pour ma part, je reconnais certaines erreurs et choix qui ont certainement dérouté voire induites également nombreux de nos amis en erreurs. Comme d’ailleurs, je m’en suis expliqué lors de l’interview du 19 Septembre 2016. « Continuer comme avant !! Mais c’est insupportable. Nous devons être combatifs en évitant la dispersion de l’opposition, mais une opposition de programme, des femmes et hommes de courage animés de réelle certitude de changement. Pour certains, le problème c’est le peuple, pour moi c’est la solution. » (1).

Je me livre aujourd’hui à ce rituel de transparence pour continuer à partager avec vous mes joies si rares, mes peines et inquiétudes si permanentes et profondes pour la marche actuelle et l’avenir de notre combat pour la restauration de la démocratie au Congo. Ce combat a connu pas mal  de trahisons, d’hypocrisie qui ont dérouté tant d’espoirs de changement auprès des Congolais  de tout bord au cours de l’année qui vient de s’écouler. Comme je l’ai dit plus haut je laisse le soin aux autres nous corriger. Je mets le peu de fierté qui me reste de côté. L’essentiel est de rester sincère envers soi-même pour ensuite l’être envers les autres.

L’année 2017 tire donc à sa fin. Pour notre association, au niveau de son organisation et de son fonctionnement, j’ai retenu quelques actes, faits et événements majeurs qui continuent à rendre plus que nécessaire que nous persévérions encore davantage dans le combat. Il serait totalement décalé et cela sonnerait comme une trahison envers le peuple congolais de rester inerte au lendemain du double viol constitutionnel et électoral  opéré par le clan de Mr HUIT POUR SANG.

Nous avions versé beaucoup de larmes face à la boucherie humaine du POOL perpétrée par des hommes animés d’une soif de sang incurable.

On ne peut cependant qu’applaudir l’idée d’un accord qui évacue des militaires d’une zone où ils n’avaient pas à y être. L’idée est plus judicieuse que d’éclairer en cette fin d’année tourmentée par les péripéties politiques que de rechercher la paix signe que l’espoir d’un Congo renaissant de ses cendres est encore possible.

Mettre fin à cette boucherie humaine ne peut qu’être qu’un message salutaire pour les nombreuses victimes innocentes qui périssent sous les coups tordus des politiciens égoïstes. Cet accord de KINKALA aussi tendancieux que pernicieux devrait être perçu comme le signe d’un frémissement vers le changement tant espérer pour notre peuple.

Nous avions été de  ceux qui ressentent le besoin d’exprimer leur indignation et leur révolte face à ce plat indigeste de nouveau servi par les mêmes qui dépècent l’acquis social congolais,  le pays.

Seulement la manipulation et le mensonge sont rattrapés par la vérité. Les fils du POOL l’ont compris que dans cet impitoyable monde de la politique congolaise, les pseudo-leaders se sont ligués pour massacrer les siens, ont vendu leurs âmes pour des broutilles éphémères. Seulement beaucoup de vies ont été perdues pour rien.

Durant cette période , nous avions donné l’impression d’être :

  • Traînés par certains leaders vers des horizons obscurs. En effet, sous leurs airs candides et faussement patriotiques se cachaient des agents de blocage des velléités de changement voire de révolution historique au Congo.
  • Beaucoup ont été victimes des politiciens à la langue fourchue, que leur bouche ne dit jamais l’abondance de leur cœur et qu’ils sont les maîtres de la grande manipulation qui étourdit tôt ou tard ceux qui ont cru en eux et les ont suivi, comme les autres et moi .
  • Nombreux ont été des adeptes des critiques et insultes adressées à dose homéopathique au régime de temps à autre, c’est juste pour amuser la galerie des ces imbéciles qui n’y comprennent rien à des petites querelles de famille dans lesquelles ils viennent s’ingérer.
  • Il apparaît clairement que rien de ce que font ces pseudo-opposants ne va dans le sens de mettre réellement en péril le pouvoir de SASSOU NGUESSO au pouvoir depuis près de 40 ans. Car comment comprendre, on emprisonne (Paulin MAKAYA, Jean Marie MOKOKO, OKOMBI, et autres), on torture (Augustin KALLA KALLA), on assassine ( Roland GAMBOU) , on pourchasse les uns. D’autres s’exilent pour sauver leur vie, pourtant certains opposants qui hier partageaient le même engagement trouvent le temps d’aller consulter leur bourreau pour quémander un « quelconque dialogue ».
  • Cette année a été très douloureuse pour les Congolais qui ont eu à affronter toutes les humiliations possibles de la part de ceux qui étaient censés les protéger. Un pays divisé et quotidiennement endeuillé. Comme si cela ne suffisait pas le peuple doit affronter une crise multidimensionnelle qui aggrave encore sa situation déjà insoutenable. Oui,  il est temps d’en finir avec cette triste année 2017.
  • Un accord de dupes est signé à KINKALA, preuve que la voracité tenace de ces personnages sanguinaires est synonyme de leur cupidité. Il n’y a qu’au Congo, on peut constater la signature de l’arrêt d’un conflit qui a endeuillé la moitié du pays, privé  le pays des infrastructures routières, sans aucune sanction ne soit prononcée. C’est un cinéma. Seulement nos morts sont réels.

Faut-il continuer le combat avec les mêmes ?  

Avons-nous d’autres choix ? Je réponds oui sans ambages. Simplement en inversant les perceptions, les choix stratégiques et opérationnels. Car ceux à qui nous avions fait confiance ont tous, sans exception, brillé par l’imposture,  la forfaiture,  l’escroquerie politique et morale, au sacrifice du dernier espoir tendu au peuple congolais pour sortir ce beau pays de l’ornière nauséabonde de plus d’un demi-siècle de monolithisme clanique. Ces hommes et femmes qui ont porté les masques d’une opposition caméléon c’est-à-dire de façade et dépassée par les enjeux de l’heure n’ont pas été à la hauteur des attentes de tout un peuple.

Le fait est qu’on recommence à s’ennuyer ferme dans ce décor impitoyable faussement démocratique verrouillé à multiples clés détenues par un seul personnage qui se surprend de ridiculiser toute une nation jusqu’à l’international. Pourtant,  il n’a de compte à rendre qu’à lui-même, face à une opposition qui le laisse continuellement abaisser et affaiblir le Congo. Et ceci contre quelques miettes du gâteau national et des promesses fallacieuses de relais dans un avenir indéterminé et miné de nombreux risques de dérapages politiques et sécuritaires. La trahison du peuple vaut-elle vos postes de députés convoités en sourdines ?

Faire semblant de contester un pouvoir aussi brutal que meurtrier en le laissant se baigner tranquillement dans  la rivière de sang des Congolais plombe notre ardeur dans ce combat. Tout comme refuser de prendre notre responsabilité en mettant en place une véritable organisation politique débarrassée  de toutes accointances avec cette opposition « prostituée » est la meilleure chose à faire afin de répondre aux errements d’un pouvoir finissant.

Nous devons absolument créer un appareil dynamique et prospectif, s’appuyant sur des hommes, femmes et jeunes de convictions et d’engagement dans ce pays et ce monde en pleine mutation des intelligences et des compétences me parait plus rationnel et pertinent que gloser à longueur de colonnes et de conférences de presse sur ce que tout le monde sait déjà depuis si longtemps.

Devant ce constat alarmant où le Congo ressemble à un navire marqué par plusieurs plaies mortifères. Un navire où la subsistance ne tient qu’a un fil tant la pauvreté côtoie l’arrogance et l’intolérance. Un navire qui distribue la mort à huis clos dans la région du POOL mériterait autre que ce branle bas d’une opposition déjà positionnée dans les starking blocks attendant le top départ pour se lancer aux futures élections législatives.

L’abaissement et voire l’humiliation de la fonction présidentielle régresse notoirement le crédit de notre pays car ce n’est pas seulement Mr 8% qui a été humilié mais tous les Congolais là où ils se trouvent. Doit-on continuer à supporter cet exercice humiliant ?

Voilà ce pourquoi je me bats encore, avec quelques compatriotes ainsi que de nombreux acteurs de la société civile et de la diaspora, afin d’affronter ce pouvoir sanguinaire et tous ceux qui y ressemblent avec dignité et respect, à défaut d’armes égales.

Je me bats encore parce que notre peuple mérite mieux que ce que quelques « pseudo-magiciens  leaders politiques qui ont failli  » lui offrent aujourd’hui comme panacée miraculeuse au destin sombre d’un pays béni et pris en otage par une oligarchie militaro-clanique.

Je me bats parce que  nous devons sortir de la logique du moins offrant, du moins disant et du moindre effort pour nous inscrire dans une dynamique érigée à la hauteur de nos réelles potentialités humaines et naturelles, capables de galvaniser le peuple.

N’est-il pas temps de faire évoluer les choses, les mentalités et la façon de s’opposer ? N’est-il pas temps de lancer un signal fort à l’ensemble de cette opposition amorphe et statique ?   Pourquoi les idées nouvelles  doivent être la panache des leaders dont la vision politiques se résumeraient à faire du sur-place ?

Personnellement, je ne me retrouve plus dans ce chapelet de femmes et d’hommes  fourbes qui manient aussi bien l’opportunisme que l’imposture. Le Congo a besoin d’une autre vision.

L’année 2018 sera sans doute celle de la vraie révolution qui commencera par une vraie prise de conscience collective et individuelle de notre mission et du réel dessein que nous projetons pour notre pays. Nous ne pouvons pas trahir cette mission car nous avons déjà mesuré la nature et l’ampleur des obstacles, même cachés, qui se mettront au travers de nos chemins vers un vivre ensemble meilleur.

Tous mes vœux de bonheur, de santé et de prospérité pour vous et vos familles en 2018.

Vive le CONGO.

Je vous remercie.

Fait à Lyon, le 31 Décembre 2017

Jean-Claude BERI

Président du DAC

 

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