International

Nouveau bras de fer entre le président et la fille de son prédécesseur en Angola

Isabel dos Santos et João Lourenço

AFP

La femme d’affaires et fille de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos a dénoncé l’annulation par le nouveau chef de l’Etat Joao Lourenço d’un contrat accordé à une de ses sociétés, nouvel épisode des tensions entre tenants de l’ancien et du nouveau régime.

En août 2017, quelques semaines avant la prise de fonction de Joao Lourenço, l’Etat angolais avait octroyé à la société Atlantic Ventures, propriété de la richissime Isabel dos Santos, la construction d’un port en eaux profondes à Barra do Dande (nord-ouest), le long de la côte Atlantique.

Dans la foulée, le gouvernement avait émis une garantie d’Etat de 1,5 milliard de dollars afin de permettre à Atlantic Ventures de commencer sans tarder les travaux.

Mais le mois dernier, M. Lourenço a publié un décret abrogeant la concession accordée à Atlantic Ventures pour « ne pas avoir respecté les dispositions légales » d’une loi sur les marchés publics, en clair d’avoir bénéficié du contrat sans appel d’offres.

Le ministère des Transports a justifié l’annulation du contrat en affirmant que la société de Mme dos Santos n’avait « aucune expérience » en matière de construction et en jugeant « peu crédible » son plan de financement du projet.

Dans un communiqué consulté par l’AFP lundi, Atlantic Ventures a riposté en assimilant la décision du gouvernement à une « expropriation » et exigé le « paiement d’indemnités (…), ce qui implique des coûts supplémentaires pour l’État et donc pour le contribuable ».

José Eduardo dos Santos a dirigé l’Angola pendant trente-huit ans, un règne au cours duquel il a mis l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches.

Issu du même Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir depuis l’indépendance en 1975, M. Lourenço lui a succédé en septembre après les élections en promettant de relancer l’économie et d’éradiquer la corruption.

Il a limogé Isabel dos Santos de son poste de PDG de la compagnie pétrolière publique Sonangol. Elle est aujourd’hui accusée de détournement de fonds.

Un de ses demi-frères, José Filomeno dos Santos, a, lui, été écarté de la direction du fonds souverain du pays, puis inculpé de détournement de fonds pour avoir ordonné un virement bancaire suspect de 500 millions de dollars.

L’Angola est avec le Nigeria le principal producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne et l’un de ses pays les plus pauvres.

Avec AFP

 https://www.voaafrique.com/a/nouveau-bras-de-fer-entre-le-pr%C3%A9sident-et-la-fille-de-son-pr%C3%A9d%C3%A9cesseur-en-angola/4494745.html?nocache=1

2 commentaires

  1. Vraiment il ya des gens qui se comportent comme à l’ époque de la pierre taillée. Ne connaissant aucune règle de gestion. Parce qu’on est fille de président, on peut se permettre de saborder un pays. Pauvres africains, avons encore la mentalité très base. Mes félicitations à Mr Joao pour le courage et sa détermination à transformer les méthodes de gouverner ce beau pays. Avec une idée toute simple que les Angolais puissent bénéficier des fruits de la croissance. Continue dans ta lutte Mr le Président l’histoire te donnera raison.

  2. C’est vraiment un exemple qui montre l’amour de la patrie. Bon courage Mr Joao Lourenço car vous n’êtes pas nombreux à le faire en Afrique où les familles des présidents veulent toujours s’accaparer de toutes les richesses du pays. Je crois que tous les angolais se mettront derrière Mr Joao Lourenço pour mener, jusqu’au bout, cette action(la corruption) qu’il vient de lancer. Mais, il faut aussi se poser la question de savoir: Quelle est la position de Mr José Edouardo dans cette lutte contre la corruption? Je le dis parce que cela semble seulement condamner sa famille. Et cela aura pour conséquences, sur le plan national: le retour aux affaires, par coup d’Etat, de Mr Edouardo, si les angolais ne le soutiennent pas dans sa lutte. Sur le plan international: les dictateurs de l’Afrique centrale refuseront de céder le pouvoir à une tiers personne sinon qu’à leur progéniture; tel est le cas de Sassou Nguesso qui veut remettre le relais à son fils Kiki le singe.

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