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OUVRAGE DE MAITRE   MASSENGO TIASSE : Préface de l’autopsie de l’état totalitaire congolais

L’autopsie d’un etat totalitaire, crime d’un génocidaire

Par :    Norbert  TRICAUD

VÉRITÉ, JUSTICE, DIGNITÉ ET SOLUTIONS D’AVENIR, tels sont les ressorts de l’impressionnant ouvrage de Me Maurice MASSENGO TIASSE, incontournable acteur de la défense des droits humains en Afrique et plus particulièrement au Congo-Brazzaville.

L’auteur nous fait revivre l’histoire de son pays depuis son indépendance avec ses Présidents successifs : l’Abbé Fulbert Youlou, Alphonse Massambat-Débat, Marien Ngouabi, Jacques Joachim Yombi Opango, Denis Sassou Nguesso puis Pascal Lissouba renversé dans le sang par Denis Sassou Nguesso pour à ce jour totaliser 35 années de pouvoir en violation constante de l’Etat de droit.

La violence politique est le marqueur de ce livre. Elle a été véritablement institutionnalisée au Congo le 18 mars 1977 lorsque le Ministre de la Défense en charge, le Commandant Denis Sassou Nguesso, a organisé l’assassinat du Président Marien Ngouabi puis quelques jours après ceux du Cardinal Emile Biayenda et de l’ancien Président Alphonse Massambat-Débat. Au sujet de cet assassinat politique présidentiel au Congo, le premier d’une trop longue liste, est notamment rappelé le témoignage de Jean-François Probst, alors conseiller du Président français Jacques Chirac.
Cette tragique histoire congolaise est relatée dans le détail, sans parti pris politique. Ainsi les trois principaux responsables politiques congolais de sanglantes et massives pratiques tribalistes miliciennes génocidaires sont désignés tels que le Professeur Président et ancien Premier Ministre Pascal Lissouba (milices Cocoyes), l’ancien maire de Brazzaville et Premier Ministre Bernard Kolélas (milices Ninjas) ainsi que le champion toutes catégories, le Général Président Denis Sassou Nguesso (milices Cobras).

L’acteur principal de la tragédie congolaise est bien entendu Denis Sassou Nguesso, celui que l’ancien Président de la compagnie pétrolière française ELF, aujourd’hui TOTAL, Loik Le Floch Prigent, qualifiait de « minable ouvrier militaire » s’est avéré jusqu’à ce jour moins ouvrier bâtisseur de son pays qu’il a pillé et appauvri et plus militaire destructeur de ses ressources humaines par génocides et assassinats politiques répétés ainsi qu’ « écocidaire » destructeur de l’environnement naturel congolais surexploité et pollué.

Me Maurice MASSENGO TIASSE, avec rigueur scientifique, accumule les témoignages accablants et livre un réquisitoire lucide à l’encontre de la dictature Sassou Nguesso et de ses complices notamment en France… où les procédures judiciaires visant le clan Sassou Nguesso dans les affaire dites des « disparus du Beach » et des « Bien mal acquis » font preuve d’étranges incidents de procédures et d’une remarquable lenteur peu susceptible de contribuer à remettre en cause l’impunité dont bénéficie le clan actuellement au pouvoir en République du Congo, pays transformé en prison à ciel ouvert où se multiplient les parodies de procès à l’encontre des opposants politiques qui refusent d’être corrompus.

Dénoncer une dictature tribaliste génocidaire qui tue et affame sa population ne suffit pas. L’auteur réfléchit à l’avenir de son pays : la fin du clan Sassou Nguesso qui pourrait être facilitée par une marche démocratique vers l’instauration d’un état fédéral congolais où les actuels départements seraient dotés de gouvernements locaux.
Ces dernières années, plusieurs régimes dictatoriaux du continent africain ont été balayés par le vent de l’alternance démocratique ; ce notamment au Burkina Faso, en Gambie et au Soudan.
Les pays du bassin du Congo connaissent encore des régimes autocratiques tentés par des transmissions dynastiques de père en fils : Gabon, Cameroun, Congo-Brazzaville. En décembre 2018, en République Démocratique du Congo, l’élection de Félix Tshisekedi a mis fin à 21 ans de dictature Kabila, père plus fils, et le « déboulonnage » du système dictatorial kabiliste avance à petits pas.

Le régime Sassou Nguesso, miné par la corruption, les échecs économiques, une insoutenable dette extérieure et la perte d’autorité de son dictateur vieillissant, est le maillon faible de la sous-région. Le hold up constitutionnel d’octobre 2015 au Congo puis les élections présidentielles anticipées de mars 2016 qui ont vu le Général Jean-Marie Michel Mokoko arriver en tête du premier tour ont été catastrophiques pour le clan Sassou Nguesso qui ne s’en est toujours pas remis et où les luttes intestines s’aggravent chaque mois qui passe.

C’est pourquoi le Général dictateur Sassou Nguesso s’entoure de mercenaires étrangers, en particulier de criminels tchado-centrafricains. Néanmoins, ces mercenaires ne pourront pas empêcher le vent de l’alternance démocratique de souffler encore plus fort au Congo.
Le présent ouvrage de mon confrère Me Maurice MASSENGO TIASSE constitue donc une indispensable contribution à la soif de vérité et de changement pour le peuple congolais et de tous les amis du Congo ainsi que du continent africain.

Fait à Paris, le 22 août 2019

Norbert Tricaud
Avocat au Barreau de Paris
Membre du collectif des avocats aux Barreaux de Brazzaville et de Paris défenseurs du Général
Jean-Marie Michel Mokoko

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