DIASPORA, Politique

Planifier l’assassinat de Sassou est un acte barbare, lâche, inutile et stupide

SASSOU NGUESSO mérite t-l la mort ou la prison ???

Par:    Pascal MALANDA

Que mes amis inquiets et mes détracteurs habituels se rassurent, je ne suis pas défenseur de la modeste personne de Sassou. Je peux me tromper, mais je crois qu’il s’est suffisamment enrichi au détriment de la nation congolaise au point de pouvoir se payer royalement les services de bien meilleurs avocats que moi. Je suis encore moins intéressé par un poste au service de Sassou. Si je n’ai pas accepté de le servir à ses heures de gloire, pendant que coulaient encore comme à Canaan, le lait et le miel, quelle mouche me piquerait pour aller me mettre à ses ordres au moment où l’édifice qu’il a bâti se fissure à vue d’œil et où le dernier carré de ses fidèles se réduit comme peau de chagrin, au moment où il lutte pour sa survie politique ? Au moment où chaque fin de mois le plonge de l’insomnie provoquée par les salaires impayés ? Ce qui en revanche m’importe au plus haut point, et ce que je martèle depuis le début, c’est l’avenir du Congo après Sassou. Un Congo que je souhaite uni, démocratique, fier et prospère ; un Congo où la vie humaine retrouvera son caractère foncièrement sacré.

Utiliser Sassou pour préparer l’après-Sassou

C’est presque sous ce titre que je m’exprimais déjà en juillet 2012 SASSOU NGUESSO FACE A L’APRES SASSOU. Dieu seul sait le risque que j’ai pris à prôner une alternance pacifique en échange d’un paradigme faisant table rase du passé sans chasse aux sorcières ni impunité complaisante. Sassou a royalement ignoré ces recommandations qui lui auraient permis de sortir de la vie politique par la grande porte. Bien au contraire, il a cédé aux sirènes du clan et des courtisans qui lui ont fait miroiter une fin de carrière protégée par son fils. Résultat des courses, c’est ‘’l’avenir même des Mbochis’’. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais un de ses fidèles, le général Nianga-Mbouala, alors à la tête de sa garde républicaine. Ce régime a bien hypothéqué l’avenir des Mbochis dont au moins 90% partagent la misère noire de tous les autres Congolais. Que ceux de mes frères du sud qui pensent que ce régime a privilégié le nord au détriment du sud, regardent cette vidéo jetant à la face du monde la paupérisation d’un peuple dans une nature si riche : Voyage d’Oyo à Liranga https://www.youtube.com/watch?v=zAA3x5wpSoc Au vu de la guerre ouverte au sein du PCT, le moins que l’on puisse dire, c’est que Sassou est en passe de rater un après-Sassou apaisé, même dans son propre fief.

Sassou livré à la vindicte populaire par Macron

La France est connue pour régler sans ménagement le sort des roitelets d’Afrique qui la dérangent ou qui cherchent à s’émanciper de sa tutelle. Les cas les plus récents sont ceux de Kadhafi et Gbagbo. Mais en remontant plus loin dans l’histoire, on trouvera bien Olympio au Togo, Ngouabi au Congo, Léon Mba au Gabon, etc. L’ingérence de la France ne s’arrête pas à l’Afrique. Paris a joué un rôle très actif dans la tentative d’éviction de Bachar en Syrie ou de Madouro au Venezuela.

Le dernier passage de Sassou à Paris aurait donné lieu à une passe d’armes dont le résultat est la demande très pressante de l’Elysée souhaitant voir la libération de Mokoko et des autres prisonniers politiques. Plus grave encore, Macron aurait demandé à Sassou de passer la main en 2021. Si ce n’est pas l’arrêt de mort du régime Sassou, cela y ressemble beaucoup. Curieusement, ce qui s’est dit en tête-à-tête s’est retrouvé par ‘’hasard’’ sur la place publique, comme par une volonté délibérée de vouer aux gémonies un serviteur devenu pestiféré et encombrant. Le message de Paris est clair : Sassou doit débarrasser le plancher au risque de subir le même sort que Kadhafi ou Gbagbo. Il n’en fallait pas plus pour que Brazzaville fourmille de complots. Chacun affute son intrigue. La parole est libérée et en cette ère d’Internet les vidéos et les audio se déversent à une allure hallucinante.

Les hyènes ont flairé le sang

Brazza a, ces derniers jours, l’allure d’une jungle où les rapaces se seraient donné le mot. Ils rasaient les murs hier, les voilà qui agissent à découvert. Ils chassent en meutes assoiffées de sang. Les prédateurs de tout genre s’en donnent à cœur-joie. Il y a les hyènes qui ont flairé le sang et se pourlèchent déjà les babines. Il y a aussi les charognards qui savent qu’il y aura mort d’hommes et putréfaction, alors ils volent en cercles de plus en plus restreints et de plus en plus bas.

Tous ont senti l’éléphant sortir blessé de l’Elysée. Il a chancelé et mis le genou en terre, mais il ne s’est pas encore effondré. Alors, tout ce que la jungle politique congolaise compte de prédateurs, prépare l’estocade finale.

Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir abattu

Blessé et chancelant, Sassou est rentré, dépité et furieux, dans sa tanière brazzavilloise. Sa marge de manœuvre se réduit inexorablement. Il est acculé dans son dernier retranchement, mais n’a pas encore dit son dernier mot. Alors, il prépare sa riposte avec plus ou moins de discrétion.

La tentation du feu, des larmes et du sang

L’homme connaît le goût du sang (…des autres), des larmes (…des autres aussi). Il a vu le feu lui rouvrir la voie du palais en juin-octobre 1997. Son métier l’a habitué à la croix et la bannière. En 1991, jugé par la Conférence Nationale Souveraine, il s’était failli de peu pour qu’il embrase la ville qui l’humiliait à la face du monde. Le Congo n’eut son salut que grâce à la bravoure et à la rectitude de Mokoko et ses amis AET, mais surtout à un ultime sursaut de bon sens dont je fus témoin involontaire. L’histoire semble bégayer, à la nuance près que Mokoko, l’ange gardien du peuple se retrouve lui-même prisonnier de Sassou. N’est-ce pas l’une des raisons de l’acharnement dont le général du peuple est victime ?

Pour ma part, et comme en 1991, j’interpelle humblement Sassou et l’appelle au bon sens final. On me reprochera ma naïveté face à celui qui est considéré comme l’incarnation du diable. Je préfère assumer ma naïveté que d’hurler avec les loups déchainés. Je crois au DIVIN lové au fond de chacun de nous et donc de Sassou aussi. Et seul ce DIVIN-là arrêtera le Congo au bord de l’abîme où le poussent ses courtisans irresponsables et aveuglés par l’ivresse du pouvoir.

La noblesse de la démission

Je prie le DIVIN de se réveiller dans le cœur de Sassou, mais aussi dans celui de tous ses détracteurs, sans oublier les millions des Congolais qui regardent ahuris, la pièce de théâtre de très mauvais goût que jouent devant eux les apprentis sorciers congolais avant de l’embraser.

Pour sauver la face de Sassou sans bain de sang, le peuple doit se lever comme un seul homme et lui demander de partir en paix avant 2021. Alors, Sassou aura déjoué le piège que lui tend Macron. Car ne pas se présenter en 2021 serait obéir docilement à la France, tandis que partir plus tôt serait prendre de court son adversaire et lui faire un pied-de-nez avant de tirer sa révérence. Il y a, bien sûr, l’option de se cramponner au pouvoir au-delà de 2021, mais j’ai déjà évoqué le caractère suicidaire de cette hypothèse.

Oui, il y a une très grande noblesse dans la démission. L’empereur japonais, le roi des Belges et la reine des Pays-Bas ont tous abdiqué sans y être contraints. Le pape Benoît XVI a également cédé la place au pape François. Leurs gestes ont été salués par l’ensemble de l’humanité. Ils passent leurs vieux jours loin des turbulences de la vie publique et démontrent qu’il y a une vie décente après les paillettes du pouvoir.

On me rétorquera de ne pas confondre les grandes démocraties avec la barbarie congolaise ; les grands hommes avec le ‘’monstre’’ Sassou. Cela m’indiffère car je crois au sursaut humain qui nous permettra un jour de sortir de la barbarie. Alors, pourquoi pas maintenant ? Sortons-en ensemble en jetant les bases d’une société réconciliée par le PARDON.

Un Pacte National pour la démocratie et la bonne gouvernance

Nous avons besoin d’entrer définitivement et sans passion dans le concert des nations civilisées où la gestion du pouvoir n’est pas synonyme d’assassinat systématique. Le Pacte National signifierait le refus de cautionner le meurtre comme unique voie d’accès à la magistrature suprême. Notre histoire est sanglante. J’aime faire le triste constat que sur les 6 présidents qu’a connus le Congo depuis son indépendance, tous en dehors de Sassou, ont connu un sort tragique :

Youlou est mort en exil

Massambat-Débat et Ngouabi ont été assassinés le même mois

Yhombi a passé 11 ans en prison

Lissouba a failli mourir sur la route de l’exil qu’il passe en France

Dans ces conditions, n’est-il pas naturel que Sassou craigne pour sa vie ? Lui, le pilote assis sans parachute sur le siège éjectable de l’avion-Congo qui pique du nez en traversant une zone de turbulence. Ne découvre-t-il pas sur le tard qu’il est un mortel comme tout le monde ? Mortel comme Marien ?

Sommes-nous un peuple foncièrement barbare ?

Le sombre tableau ci-dessus est l’expression d’une violence quasi-génétique chez nous. D’aucuns ont concentré cette violence sur Sassou qui cristallise toutes les haines et les idolâtries. C’est oublier qu’aujourd’hui, des officines sont apparemment à l’œuvre pour préparer l’assassinat de Sassou. Dabira qui croupit en prison a dû faire des émules parmi les généraux essentiellement Mbochis (comme par hasard). On trouvera bien un Tsaty-Mabiala à qui on fera porter le chapeau d’un lobby ayant Sassou en ligne de mire. Le reste sera d’une banalité usuelle : Ba Kongo ba bomi Sassou. Naturellement, de l’autre côté, comme ce ne sont pas des enfants de chœur, les armes sont affutées. La ministre Inès Ingagni s’est fondue d’un audio hallucinante où elle étale devant un peuple incrédule, le fonctionnement des officines qui préparent à la pelle, les ‘’atteintes à la sûreté intérieure de l’Etat’’. Bien que la ficelle soit usée jusqu’à la corde, dame-ministre remettra l’ouvrage sur le métier pour nous sortir un scénario plus crédible pour descendre Ngolo. Nous risquons sous peu d’assister à la nuit des longs couteaux : une barbarie généralisée comme en Libye, en Syrie ou au Yemen. Que Dieu nous préserve !

Pourtant, il nous suffit de nous arrêter un instant afin de conjurer notre triste sort de peuple belliqueux. Et Sassou peut mettre fin à ce cycle odieux, à cette danse macabre qui a commencé en août 1963, pendant les trois journées, finalement pas si Glorieuses que cela. Monsieur Sassou qui s’est donné tant de peine en 1997 pour ‘’restaurer’’ au prix de tant de morts, la démocratie violée par Lissouba, a-t-il besoin de toutes ces intrigues pour se désigner un successeur ? A-t-il besoin de transformer Ngolo en putschiste à abattre comme un chien ?

Commençons par nous engager dans un Pacte National dans lequel nous jurerons tous ensemble que la succession de Sassou ne devra pas conduire à la chute d’un seul cheveu d’un seul citoyen congolais à commencer par Sassou lui-même. Aucun pouvoir ne justifie l’assassinat de Ngolo, JDO, Kiki, Tsaty, Kolélas etc. Faisons de sorte qu’aucune famille ne soit endeuillée par le départ de Sassou du pouvoir. Cela est possible. Montrons à la face du monde que si nous avons été capables d’un demi-siècle de haine et d’horreur, nous sommes capables d’ouvrir un nouveau chapitre apaisé de notre histoire commune.

La responsabilité de Macron est engagée

En publiant l’injonction faite à Sassou de quitter le pouvoir en 2021, Macron a ouvert la boîte de Pandore. Qu’il ne fasse pas à la jeunesse congolaise le coup Hollandais qui suscita d’abord l’énorme espoir de démocratisation à la conférence de Dakar avant de doucher les aspirations du peuple congolais en octobre 2015. Ce sera synonyme de non-assistance à peuple en danger. De la boîte magique macronienne, sortira-t-il le djinn de nos habituels démons de la guerre civile ou au contraire un esprit de concorde et de réconciliation ? Macron doit désormais assumer toutes ses responsabilités car tout crime politique commis après la visite de Sassou à l’Elysée sera marqué du sceau de la légèreté de la France. Tout ce qui portera atteinte à l’intégrité physique et morale de Mokoko, Okombi et tous les autres prisonniers, retombera sur Macron. Cela n’exclut en rien nos propres responsabilités nationales. N’empêche que la prise de position de Macron en septembre 2019, comme celle de Hollande en octobre 2015, sont des marqueurs très profonds de la vie politique congolaise. Dans la conscience collective congolaise, le nom de Hollande sera indélébilement lié à la tragédie d’octobre 2015, quand il eut l’audace, après avoir entretenu l’espoir de tout un peuple par ses discours soporifiques sur les exigences démocratiques de déclarer que Sassou pouvait « consulter son peuple ». Macron est-il conscient de l’espoir qu’il a allumé dans le cœur de nombreux Congolais ?

Une relation franco-congolaise enfin affranchie de l’hypocrisie et de la cupidité françafricaine

La prise de position de Macron, bien que tardive, peut fermer un chapitre sombre et ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la France et le Congo et servir de laboratoire à toute l’Afrique francophone, surtout en Afrique Centrale. La géopolitique nous impose de cheminer ensemble depuis le partage de l’Afrique à la Conférence de Berlin en 1885. Du quasi esclavage à la colonisation puis à la néo colonisation, la relation entre nos deux pays a souvent été une relation tumultueuse, incestueuse, étouffante pour le Congo et ruineuse pour la compétitivité de la France. Il y a un paradoxe en économie : Les matières premières obtenues à vil prix sont néfastes à la compétitivité. Connaissant une overdose de pétrole et d’autres matières premières bradées par les anciennes colonies et passant par des circuits obscurs, la France peine à concurrencer sa voisine allemande bien moins nantie et obligée d’acquérir les mêmes matières au prix transparent du marché. Plus grave encore, le Congo qui devait jouer le rôle d’un marché préférentiel où les industriels français pouvaient écouler une bonne partie de leur production, est réduit à un pays peuplé de super pauvres gavés de pacotille asiatique. Un pays à la classe moyenne quasi inexistante. Quel gâchis !

La France ne s’est jamais affranchie d’une attitude prédatrice à l’égard du joyau de sa couronne qu’est le Congo. Résultat : Les Congolais, les plus francophiles des Africains, ont une haine quasi viscérale de la France. Ils singent le Français par la langue, le langage, la culture, jusqu’au ridicule de la ‘’sape’’. Ils vivent comme des parias dans un pays aux richesses fabuleuses et rêvent de France dans leurs chaumières. Une relation adulte basée sur des gains mutuels donnerait pourtant un avantage substantiel à la France sur la scène internationale.

Oui, Macron a suscité un immense espoir, puisse-t-il comprendre que cet espoir peut se transformer en tragédie dans un pays où tuer, même un président en exercice, est un jeu d’enfant.

Monsieur Sassou, soyez enfin conscient d’une chose : Ce n’est pas la France qui vous a lâché depuis le 3 septembre, c’est le peuple congolais qui vous invite depuis 2014 à prendre paisiblement votre retraite. Ecoutez enfin la voix de la raison et surtout celle du DIVIN en vous.

Pascal Malanda

LE CONGO ÉTERNEL

Un commentaire

  1. SI ON VEUT LE CHAOS IL ARRIVE – SI ON VEUT LA TRANSMISSION TRANSFORMATRICE ELLE ARRIVE…
    Esprit Du Général Mokoko: rendre aux congolais CE qu’il avait FAIT dès 1990 en accompagnant les armées cubaines et soviétiques positionnées au Congo d’entrer dignement chez eux à la fin de la guerre froide et puis la transition politique (intrusion francafrique de l’époque déjouée) et Pascal Lissouba – la suite ARRIVE, avec des esprits nouveaux dont AYA TONGA et ses 800 alliés/ https://www.youtube.com/watch?v=x7BVXto76Z8

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