Société

Libérez GHYS FORTUNE DOMBE-BEMBA

Point de presse de la société civile sur la détention du journaliste Fortuné DOMBE BEMBA

Point de presse sur la détention illégale et de l’état de santé du journaliste Ghys Fortune DOMBE-BEMBA

Interpellé il y a près de 10 mois depuis le 11 janvier 2017, pour avoir diffusé dans son journal Talassa le Message de Monsieur Fréderic BINTSAMOU dit Pasteur NTUMI, le journaliste Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA est resté en isolation à la Maison d’Arrêt de Brazzaville, enfermé 24 heures/24 pendant 5 mois et 22 jours, dans une cellule spéciale nouvellement repeinte, mais non éclairée et sans toilettes ! C’est pourquoi, depuis quelque temps, il développe des maladies diverses. Notamment des maladies de l’œil, des maladies cardio-vasculaires, des maladies neurologiques et des maladies liées à la circulation sanguine.

Ces maladies nécessitent urgemment un suivi régulier externe auprès des spécialistes, ainsi que des conditions d’hygiène appropriées, à défaut de rester auprès des spécialistes, un moment, ou dans des hôpitaux ayant un plateau technique complet, pour une rééducation et autres.

Entré à la Maison d’Arrêt de Brazzaville avec zéro degré de visibilité au huitième mois, il est passé à 1,75 degré, à cause des picotements provoqués par la nouvelle couche de peinture pendant les deux premiers mois, et à cause du long enfermement 24 heures/24 dans sa cellule.

Après maintes demandes, Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA n’a plus reçu l’autorisation de se rendre chez un opticien pour se procurer des lunettes, encore moins chez un stomatologue et autres.

Le vendredi 22 septembre 2017, par exemple, il était attendu au cabinet de Madame le Professeur NDAMBA BANZOUZI. N’ayant pas reçu l’autorisation d’effectuer les examens prescrits auparavant le 14 septembre du même mois, il s’est présenté chez ladite Professeur les mains vides ! Cette dernière s’était indignée devant les œdèmes des doigts et des pieds du détenu, dont les résultats des examens devraient lui être présentés au plus tard le 27 septembre 2017 ! Le Surveillant général, le Capitaine Ghislain KOUMOU, et le Chef de la détention ELION en poste à la Maison d’Arrêt de Brazzaville qui accompagnaient le détenu l’avaient pourtant rassuré de passer ces examens ainsi que l’Echo-Doppler des axes vasculaires cervicaux. Malgré le payement des frais des examens effectué à l’avance à la Clinique Chirurgico-Médicale COGEMO de Brazzaville, Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA n’a pu recevoir l’autorisation d’aller effectuer ces examens et de se faire soigner jusqu’à ce jour !
Ses demandes de permission ont été rejetées par le Commandant-Directeur de la Maison d’Arrêt de Brazzaville, Destin OBA APOUNOU, sous prétexte que la hiérarchie posait problème. Mais, de quelle hiérarchie s’agit-il quand on sait que ce directeur a une hiérarchie bi-céphalique ( à savoir : la Police avec, au sommet, son Directeur Général Jean François NDENGUE, le Ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin MBOULOU, et le Secrétaire Général du Conseil National de Sécurité Jean Dominique OKEMBA « JDO » ;

Le Parquet avec, en bas, le Procureur de la République André OKO NGAKALA et, en haut, Théophile MBITSI, Procureur Général près la Cour d’Appel, ainsi que le Directeur Général de l’Administration Pénitentiaire Blaise KOMO, tous chapeautés par le Ministre de la Justice, des Droits Humains et de la Promotion des Peuples Autochtones, Ange Aimé Wilfrid BININGA, et par le Premier Magistrat congolais, Denis SASSOU-N’GUESSO) ? Le commun des mortels se demande qui est donc cette hiérarchie qui tergiverserait sur les soins de santé (pourtant supportés à 100% par la famille du détenu Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA) et auxquels s’ajoutent les frais d’escorte payés à raison de 10.000 F CFA minimum par agent accompagnateur ? Qui est donc cette hiérarchie, qui aurait ordonné l’isolement du journaliste pendant 5 mois et 22 jours ?

Samedi 21 octobre 2017, par exemple, le journaliste DOMBE-BEMBA s’est effondré, un moment, au vu et au su de tout le monde. Le Médecin-chef de l’infirmerie de la Maison d’arrêt de Brazzaville, Claver GATSE ONDONGO, qui exerce dans trois centres, a été joint au téléphone. Il a conseillé la prise du médicament CAC-1000. Quelque temps après, le malade a fait une rechute. Le Docteur en second a constaté une hypotension à 8, sur les deux bras. Il a prescrit une ordonnance médicale qui a été payée en moins de 15 minutes, juste avant de monter la perfusion. Monsieur MALGA, l’Assistant du Médecin-chef, a prélevé de nouveau la tension, qui est passée à 12, en moins de 30 minutes ! Tout a été arrêté pendant que le malade paniquait. Ce dernier ne savait donc plus qui croire entre le Docteur en second et l’Assistant du Médecin-chef. Il ne savait plus à quel saint se vouer. Il a été abandonné à lui-même, avec ses médicaments dans les bras ! Le Médecin-chef l’a laissé gémir pendant plusieurs jours.

Le mercredi 25 octobre 2017, le Directeur et le Surveillant général de la Maison d’arrêt de Brazzaville ont été saisis de la situation. Le Médecin-chef est arrivé sur les lieux, mais est vite reparti sans voir le malade ! Que donc en conclure ?
Aurions-nous tort de confirmer un plan de liquidation du journaliste détenu ? Sinon, pourquoi continuer à tergiverser sur ses soins ? Et depuis cette date jusqu’à ce jour, il n’a pris aucun médicament. Est-ce normal ?

Le droit de l’être humain à la santé étant garanti par la Constitution congolaise et les instruments juridiques internationaux, nous pensons que ce genre de comportements n’honore nullement la justice congolaise et son ministre Ange Aimé Wilfrid BININGA, encore moins le Premier Magistrat congolais, Denis SASSOU-N’GUESSO.
Voudrait-on tuer à petit feu le journaliste Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA, détenu arbitrairement depuis près de 10 mois sans procès, alors qu’il a dépassé de six mois supplémentaires le délai légal de détention préventive qui est de 4 mois ? Où sont donc passés les droits fondamentaux des journalistes au Congo quand on sait que Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA n’a fait que récolter et diffuser les informations dans son journal Talassa, comme l’exige la loi universelle sur la liberté de communication, et quand on sait que plusieurs de ses confrères ont fait comme lui, en relayant le Message de Monsieur Fréderic BINTSAMOU dit Pasteur NTUMI, mais ne sont pas inquiétés ?

La sagesse enseigne qu’une maladie découverte à temps est facilement traitable, mais lorsqu’on la découvre après un long moment d’hibernation, l’irréparable se produit ! C’est cela qui est arrivé, malheureusement, à la Maison d’Arrêt de Brazzaville qui a déjà enregistré la mort de cinq détenus depuis le début de cette année 2017 !

L’article 55 du Code de procédure pénale congolais, alinéa 4, exige que l’accusé qui a été pris en crime de flagrant délit soit présenté devant la Cour criminelle au plus tard 48 heures après son dernier interrogatoire par le Procureur de la République d’une part, et au plus tard à la plus prochaine session ordinaire, d’autre part. Le législateur a tenu à la brièveté de la détention préventive de l’accusé.

Quant au délai maximum qu’est la plus prochaine session ordinaire, force est de constater que celle-ci ne s’est plus jamais tenue depuis plusieurs années, entendu qu’une session ordinaire est celle qui se tient à intervalles réguliers et suivant une périodicité fixée à l’avance et commandée par l’urgence des délais de détention. Pourtant prévue par la loi, l’ordonnancement de nos juridictions ne prévoit pas de session ordinaire.

L’article 119 du Code de procédure pénale congolais dispose que « la détention préventive est une mesure exceptionnelle » ; le principe étant la libre comparution de la personne poursuivie, présumée innocente tant qu’un jugement de condamnation n’a pas été rendu. En la matière, ni la nature criminelle des faits, ni la gravité supposée desdits faits, ni un éventuel trouble à l’ordre public ne sauraient légalement justifier la détention prolongée du journaliste Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA.

Pour éviter le pire dans un pays où les délits de presse ont été dépénalisés depuis quelques années par le Magistrat suprême Denis SASSOU-N’GUESSO, chose qui a été confirmée le 3 mai 2017 par le Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, Thierry Lézin MOUNGALLA , et sachant que le journaliste n’a fait que son métier d’informer le peuple congolais selon les règles de l’art, nous demandons aux autorités compétentes qu’il soit mis en liberté, afin qu’il aille se faire soigner et vivre dans des conditions hygiéniques adéquates.

Nous sollicitions, par ailleurs, auprès des autorités compétentes, que toutes les personnes mises aux arrêts et ayant dépassé le délai légal de détention préventive puissent être aussi libérées. Faire autrement serait aller à l’encontre des droits humains.

Fait à Brazzaville, le 02 novembre 2017

Samedi 04 novembre 2017 à 10 H 00
Lieu : Siège de l’ADHUC, rue Osselé – arrêt Combattant (Moungali) – Brazzaville


  • Les Animateurs du Point de presse :

    Loamba MOKE – Association pour les Droits de l’homme et l’univers carcéral (ADHUC)
    Trésor NZILA  – Observatoire Congolais des Droits de l’homme (OCDH)
    Armel MALELA –  Convention Nationale des Droits de l’Homme CONADHO
    Joe Washington EBINA – Plate-forme Forces unies pour la Liberté et la Démocratie(FUL-D)
    Jean pierre KOUBANDZA – Plate-forme (Congo Maison Commune) pour la promotion de la santé (CMC)
    Alex Wa IBACKA – Association M 222
    Charlin Kinouani – Mouvement RAS LE BOL
    Mienantima Gaspard – Centre uni des droits de l’homme et culture de paix (CUDHOC)
    Mavoungou Cherotti Blanchard – Association pour le respect du droit des populations autochtone du développement durable et du droit l’homme ARPA2DH

 

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