Economie, Politique, Société

Quand Hervé MAHICKA recadre Rigobert MABOUNDOU…..

Quand Hervé MAHICKA recadre Rigobert MABOUNDOU…..

Par  Hervé MAHICKA

C’est la vidéo de Rigobert Maboundou parlant d’agriculture qui m’a le plus sidéré cette semaine. Tout y est nul. Mais la réforme foncière en laissant 300 mètres à l’Etat sur le bord des routes pour que chacun aille y cultiver, c’est la trouvaille du siècle! Je passe du rire aux larmes me demandant s’ils ne font pas exprès. Comment peut-on raconter n’importe quoi surtout dans une matière qui est sans doute la plus documentée du domaine du développement, et se dire économiste, ministre de l’agriculture?

Pour faire simple, le premier document que vous lirez vous dira que pour augmenter durablement la production agricole il faut distribuer (c’est à dire donner gratuitement et en nom propre) des terres viables à des citoyens pour les cultiver. Il faut ensuite les aider dans la formation aux techniques, l’exploitation, la production, le conditionnement et l’écoulement intérieur et extérieur des produits. Ce n’est pas par le hasard, en disant aux gens « aller cultiver, y’a des crédits », mais c’est le fruit d’une planification publique qui définit les besoins locaux et mondiaux, reconnait les terres appropriés à chaque culture (la plupart de nos études des sols datent de la colonisation), évalue les quantités et les qualités voulues, met une programmation des besoins techniques nécessaires.

Il y a un objectif fixé, des moyens et surtout des agriculteurs responsabilisé sur le très long terme. La propriété peut paraître un détail, mais c’est pourtant la clé. Tous ceux qui ont réussis ont fait ainsi: Angleterre du XVIIIe siècle, France au XIXe, USA, Brésil, Corée du sud, Côte d’Ivoire, Ghana… Des terres ont été retirés à de grands propriétaires qui les possédaient depuis le moyen âge féodal, pour les donner à des agriculteurs. La Chine d’hier, pour des raisons idéologiques, avait « prêté » des terres de l’Etat aux agriculteurs et cela n’a jamais fonctionné. Dans les années 1980 elle les a rendu propriétaire afin que par le titre de propriété, ils justifient les crédits et la durabilité de l’exploitation, rendant le patrimoine transmissible. Mais dans les années 2010 Maboundou va créer des « villages agricoles », des sortes de sovkhozes, ces fermes d’Etat de l’Union soviétique échouées. Ahurissant!

Quand Maboundou parle des terres familiales qui existent et que ces membres de familles ne veulent pas les exploiter, il est dans quelle logique? La traditionnelle? là où chacun peut construire sa case dans un coin du domaine familial, élever trois poules et deux chèvres qui gambadent au milieu du village commun et cultiver quelques pieds de plantes de son goût culinaire? Sans titre à son nom, sans entreprise enregistré sur ledit titre, sans possibilité de démontrer ou de délimiter son bien dans ce système ou plusieurs dizaines voire des centaines de personnes peuvent se dire propriétaires du fameux terrain familial, comment notre agriculteur du domaine va t-il se projeter dans l’espace, dans le temps et dans le droit, c’est à dire comment va t-il prétendre occuper telle surface durant x temps en étant certain que le cousin ne viendra pas un beau matin tout arracher parce qu’il a un autre projet? Qu’est ce qui le protège? Comment accède t-il au crédit sur son exploitation sans en avoir un titre de propriété? Même pour bénéficier des dispositifs mondiaux du commerce équitable, il faut avoir un titre de propriété sur son exploitation. Comment fait-on avec les 300 mètres de l’Etat sur les bords de route? Maboundou sait-il que les champs sont assurés sur la base de papiers (titres de propriété en bons et dues formes)? Quel est ce droit foncier révolutionnaire à son goût, où une terre appartient à un groupe indéfini? Il était donc le ministre de l’agriculture mboka mboka?

Nous n’avons pas, heureusement, de grands propriétaires féodaux, donc la réforme agraire est facile. Pourquoi ces solutions sorties de nulle part?

C’est triste mais Sassou sera réélu brillamment l’an prochain pour nommer encore ce genre de charlatans, passé depuis dircab du premier ministre. En retour, ils feront tout pour lui, leur rapport d’intérêt étant clair.
Serrons les rangs pour préparer le renversement parce qu’avec ces gens, ça ne peut être que pire

Hervé MAHICKA

 

 

 

Laisser un commentaire