DIASPORA, Economie, Politique

Quand l’Afrique peine à instaurer  le  » gagnant/ gagnant » avec la chine !!!

 Par  Verlin Richard BEKA BEKA  ( La ballade des idées)

 » ON NE NÉGOCIE PAS AVEC LA CHINE AU MOMENT DE SIGNER DES CONTRATS D’INFRASTRUCTURES ».

Il y a une règle admise en Chine et elle s’impose à tous les diplomates africains et responsables africains, les conditions contractuelles des entreprises et banques de développement chinoises sont peu ou pas négociables.

La règle est donc simple : la Chine impose et l’Afrique refuse ou accepte. C’est donc à prendre ou à laisser. Cette règle est celle de l’offre et de la demande.

Trop de demandeurs en Afrique et , un seul offreur ( la Chine). Donc refuser l’offre chinoise ici, là bas un autre pays l’acceptera.

C’est parce que la Chine est le premier pourvoyeur de financement d’infrastructures sur le continent, qu’elle impose sa Loi et ne négocie pas.

En septembre 2018, lors du Forum Chine – Afrique , la Chine annonçait un engagement de 60 milliards de dollars (environ 52 milliards d’euros) pour financer les grands projets comme des centrales hydroélectriques en Angola et en Guinée, une raffinerie de pétrole au Nigeria ou encore la construction d’une ville nouvelle en Egypte.

Cette situation perdurera si les pays africains continuent ainsi d’accepter des contrats chinois sans chercher à les négocier car aussi puissante est la Chine :  » Tout est négociable  » s’agissant des investissements car la Chine a intérêt d’investir en Afrique et l’Afrique en a besoin.

Il s’agit donc d’instaurer le  » gagnant/ gagnant » malgré le peu de marge d’action des pays africains face à la Chine.

La pratique chinoise est d’imposer des clauses contraignantes sous forme de collatéralisation, cela semble non  » négociable » mais , il est tout aussi possible et voire impératif pour les pays africains d’exiger face à ces clauses contraignantes, des contrats favorisant la création d’emplois (notamment pour les travailleurs qualifiés), le transfert de connaissances et de technologies, le respect des normes environnementales et de construction, et l’utilisation de matériaux de qualité.

Autrement dit , une entreprise chinoise qui réalise un projet en Afrique doit réaliser les travaux avec des travailleurs africains qualifiés; avoir des partenariats avec les entreprises locales pour favoriser le transfert de connaissances et technologies afin que les entreprises locales soient en mesure d’assurer la gestion et la maintenance des infrastructures ainsi réalisées ; de favoriser les matériaux locaux pour les constructions ce qui permettrait de développer des activités économiques dans tous les territoires.

N’est pas négociateur qui le veut. La négociation est une compétence qui s’observe par le résultat obtenu.

Est négociateur ,celui qui est capable d’obtenir des résultats et donc cela nécessite d’avoir les compétences dans cette matière.

Un négociateur compétent saura que face à un partenaire trop contraignant, il faut :

1- Éviter la fragmentation des négociations: ne jamais établir des contrats initiaux à l’issue des rencontres bilatérales ou multilatérales. Le cabinet du premier ministre et tous les ministères doivent éviter de signer ces contrats initiaux. Ce qu’il conviendrait de faire serait d’impliquer tout le gouvernement ou tous les ministères concernés par le projet à la négociation et non ministère par ministère suivant sa rencontre bilatérale.

2- Laisser toute responsabilité de négociation par les équipes de négociateurs sans pression surtout de la présidence qui voudrait réaliser un projet juste pour respecter une promesse électorale. Il faut absolument choisir des projets sans être guidé par des motivations politiques mais seulement par l’intérêt non pas de son  » village-ville » mais de l’intérêt du pays dans son ensemble. Si dans chaque ministère en Afrique, l’on peut trouver des experts, ils ont pour la plupart que l’expertise technique qui n’est pas suffisant pour comprendre le fonctionnement des institutions chinoises ou d’un autre pays.

Les pays africains entrent en négociation avec une logique purement Politique. C’est le président de la République ou ses équipes ou celles des ministères qui sont face aux partenaires or à cette logique Politique faut ajouter une logique économique où c’est le marché et l’Etat qui négocient d’une seule voix pour optimiser les profits. L’idée ici est de comprendre d’abord nos propres marchés locaux avant de signer un contrat d’infrastructures. Car, cela sert à quoi d’avoir des stades de foot dans chaque département d’un pays si on interne il existe aucune véritable organisation sportive pour faire vivre cette activité et rentabiliser ainsi les investissements réalisés ?

3- L’écoute de la société civile. Les investissements en infrastructures dont la qualité est chaque jour remise en cause est le fait de l’absence totale d’écoute des responsables politiques qui n’écoutent pas la société civile qui d’ailleurs n’organisent pas véritablement une société civile et l’on se retrouve uniquement avec une sorte d’écuries de partisans faisant office de société civile. C’est ignorer que, le succès des négociations dépend de la responsabilité des gouvernants vis-à-vis des préoccupations des populations et de la société civile du pays. Cette absence d’écoute a un double effet: l’africain a une mauvaise perception des travaux réalisés par les entreprises chinoises et à juste titre (mauvaise image de la Chine) mais aussi cela conforte les pratiques de corruption lors des passations de marchés publics , de détournements et de blanchiments , des soupçons à juste titre des ministres et autres hauts fonctionnaires et cela se vérifient et se voient.

4- Négocier avec la Chine est et doit être une démarche stratégique. C’est ici qu’il faille pour chaque pays africain élaborer sa propre stratégie de façon endogène puis par des partenariats régionaux, partager les connaissances et les informations.

L’information étant un matériau indispensable pour entrer en négociation. Et, il est préférable de refuser un accord en absence d’informations que d’accepter un accord mauvais.

# Audace de l’imagination#

Verlin Richard BEKA BEKA

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