DIASPORA, Editorial, Politique, Société

Quand le clan Sassou inocule le virus de la haine dans tous les milieux sociaux !

Par:   Jean-Claude BERI

Je crains que les divisions dans notre pays soient si profondes et envahissantes qu’il faudrait une génération entière pour réconcilier ces différences et ces inégalités sociales sciemment instrumentalisées. Comment peut-on accepter de rééchelonner une dette dont on sait qu’elle impactera les générations futures ?

C’est-à-dire nos enfants et petits enfants auront demain à supporter une charge dont ils sont de loin responsables. C’est cela que je ne comprends pas dans le comportement des frères du Nord et particulièrement les « Mbochis » qui continuent à soutenir un pouvoir qui les laissera aussi démunis que pauvres demain. Car les NGUESSO et compagnies se sont bien préparés pour couler des jours paisibles après le pouvoir. Ils seront à l’abri de tous besoins existentiels. Ils vous envoient tuer, enfermer, brutaliser, embastiller les autres à visage découvert souvent pour un pouvoir qui vous méprise, vous ridiculise, vous infantilise et enfin vous affame sous prétexte de défendre un pouvoir du nord.

Qui ignore que le Nord est aussi complexe et varié comme l’est la majorité des États d’ Afrique subsaharienne ?

En 40 ans presque du pouvoir clanique de SASSOU, combien de réalisations durables et permettant un élan économique conséquent du Nord ont-ils réaliser? Vous, enfants du Nord qui ont été envoyés au Sud pour rechercher un terroriste imaginaire, terroriste qui n’existait que dans le plan machiavélique concocté par ceux qui vous manipule avez-vous su réellement pourquoi vous avez été sacrifiés? . En réalité, vos enfants sont tombés inutilement, sauf à défendre un pouvoir en qui ils croient aveuglement  pour la survie des « MBOCHIS ». Quelle idiotie?   147 de nos enfants en formation à CUBA seront rapatriés, si ce n’est pas déjà fait, à Brazzaville sans achever leur formation. Ils seront donc remis à la disposition de leurs parents, d’après leur dire. Seulement se rendent-ils compte du gâchis social et futur pour ces jeunes ? De surcroit  plus de 98 parmi eux sont du Nord, où est le pouvoir du NORD dans de telles pratiques ?

Lorsqu’on organise des rencontres secrètes, qui n’ont de secret que de nom,  aux encablures d’OLLOMBO des représentants d’OYO-OLLOMBO pour résoudre le différend sur  la mort des  jeunes d’OLLOMBO massacrés inutilement dans POOL, doit-on appeler ça un pouvoir du Nord ? Donc le Nord, aujourd’hui se résume à l’axe OLLOMBO-OYO ? On laisse vivre OKOMBI, le patron du CADD mais on n’hésite pas à hachurer le dos d’un paisible citoyen qui a dit haut et fort ce que tout le monde raconte, du moins la majorité pense.

Aux frères du Nord, si je peux encore vous considérer comme des frères, je pense que oui car beaucoup d’entre vous sont loin des magouilles morbides de sécessionniste concoctée par SASSOU. Il est temps de vous réveiller. Votre posture absurde actuelle ne repose que sur du vent, l’illusion d’un pouvoir absolu. Vous vous  enfermez dans une situation critique qui demain risque d’être catastrophique pour vous. Que fera demain le pouvoir de SASSOU si les jeunes de MVOUMVOU ou MBOTA décident de s’en prendrea tout « MBOCHIS » ? Avez-vous pensé à cela ?  On dit que « L’eau dans laquelle est mort le chien; c’est l’étranger qui la boit (parce qu’il n’y a que lui qui ne le sait pas) proverbe de chez nous. Congo-Brazzaville.»   Tous les congolais savent qui cultive cette haine et pour quelle raison.

La politique de la haine que cultivent les « MBOCHIS » d’OYO et OLLOMBO suinte de partout. Elle est dans le déni, le rejet de l’autre, dans l’inoculation de la haine dans  tous les milieux sociaux dans le seul but de pérenniser un pouvoir moribond

Dans cette entreprise de fureur vengeresse et de vindicte féroce, elle assoie sa stratégie d’abord marginale puis étoffée sur un pseudo-pasteur nommé NTUMI BITSANGOU, symbole de la trahison à l’extrême, et ensuite  sur celui d’autres personnages adeptes du manichéisme intégral comme par exemple Thierry MOUNGALLA. Le tribun de toutes les outrances, de toutes les fractures, de toutes les menaces vit chaque jour son rêve éveillé de futur GOEBBELS dans un processus   de conservation de pouvoir absurde. La haine qu’il infuse est, certes, plus éloquente et érudite que celle, primaire et instinctive, de Pierre NGOLO, ou OKO NGAKALA. Les deux rivières, rouge et noire, confluent néanmoins pour former un fleuve puissant de haine collective. Au lieu de ministre de la communication, il aurait fallu qu’il soit celui de la haine et d’aboyeur au service du clan Sassou.

En 1991, lors de la conférence nationale souveraine, les propos ont été violents mais n’était pas haineux. La nouveauté, la différence, la spécificité de la période actuelle, ce n’est pas la violence mais c’est la haine et, pire, la haine générale qui se transforme presque chez certains congolais du Sud en un sentiment fort de rejet de l’homme du Nord.

Car la haine, on la retrouve aussi bien dans les propos méprisants et caricaturaux de l’homme du Nord au pouvoir que dans les invectives et les menaces d’une jeunesse abreuvée par quelques miettes et instrumentalisée qui se déchaînent à travers les réseaux sociaux et se livrent même à une sorte de compétition à qui sera le plus radical, le plus excessif, le plus provocateur.

Ici, la banalité de la violence s’efface derrière la virulence de la haine. Celle-ci se généralise d’ailleurs avec l’agressivité des citadins périphériques contre les citadins métropolitains, d’un Congo pourtant sous perfusion et  qui souffre, qui désespère contre un Congo des BOUYA,  KIKI,  CLAUDIA, ONDONGO, SASSOU et Cie qui réussissent et qui avancent en marchant sur un tapis de sang et de haine

Le cercle de la haine mis en place ressuscite des frontières de classe et de tribus, on a cru un moment que cela s’est estompé. Erreur , le Congo se divise derechef entre partisans de la restauration de la démocratie  et militants du statut quo qui se dévisagent durement. Revisitant ainsi les tristes réalités des debut de la jeune nation congolaise comme l’a décrit Marion MADZIMBA EHOUANGO  je cite « Si les mbochis prenaient le courage de dénoncer les dérives de leurs propres parents,la question ethnique serait moins dramatique dans les discussions politiques. Ne prenez pas à la légère l’interrogation de Nianga-Mbouala sur l’avenir des mbochis …c’est un fait politique inquiétant…Faites l’effort d’être un peu critique envers les parents. Ça les ramènerait à la réalité pour le bien de tous … Ne croyez pas que toutes les critiques formulées à l’encontre de ce pouvoir manquent de fondement. Si Massamba Débat avait stoppé les dérives de Mabouaka et Castro , les congolais n’auraient pas soutenu l’aventure militaire de 1969…si certaines ethnies proches de lissouba n’étaient pas aussi ostentatoires,je doute que des gens sérieux aient pu prêter attention aux agitations du pct déjà exposé par la CNS. Si Youlou avait accepté de se débarrasser de ses ministres que les syndicats traitaient de voleurs ,on ne l’aurait pas attaqué sur les mêmes faits…Il faut toujours prendre le soin de bien analyser les critiques plutôt que de toujours s’eriger en défenseur inconditionnel du pouvoir parce que l’on se croit concerné . Je suis plus concerné par ces dérives que vous….c’est pourquoi je suis d’autant plus critique car j’ai ce droit moral et ma conscience m’y oblige.« 

La haine investit tous les partis, submerge les territoires, enjambe les idéologies. Voilà comment SASSOU a  plongé une fois de plus dans l’une de ces tornades subites, irrésistibles, qui  risque d’envahir le Congo durant des années  avant de retomber en laissant place à l’amertume , à un sentiment de perte de temps, un  ressentiment de recul devant la progression rapide vers le développement que connaissent d’autres États africains.

Ce poison de la haine qui ronge le pouvoir clanique et submerge soudain la société congolaise en caste décomposée, déstructurée, instable, fragile, imprévisible est une sorte d’épée de Damoclès . La haine instrumentalisée en argument politique ressurgit  dans un Congo qui peine à s’appeler Nation. Car sous ce semblant de modernité couve la haine la plus viscérale que le Congo n’ait jamais connue.

En refusant de privilégier le Congo au profit de vos intérêts mesquins sachez-le  que : « Quand deux personnes élèvent un poulet, un animal fini par le manger. » Proverbe africain.

L’animal est déjà dans la bergerie (Chine) demain le Congo sera livré poings et mains liés à la merci de l’étranger.

 

Jean-Claude BERI

Jean-Claude BERI

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