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Que reste-t-il de l’opposition congolaise ?

Que reste-t-il de l’opposition congolaise ?

 

Jean Claude BERI  

 » Le Congo se meurt à petit-feu non pas pour cause de dérèglement climatique mais certainement pour dérèglement mental des autorités de ce pays. «  JCB

Jean-Claude BERI

Après 24 ans marqué par une vague d’exil, d’arrestations, séquestration, musellement et assassinat en masse, que reste-t-il comme voix dissidentes à l’approche d’une énième confiscation des droits et liberté au Congo-Brazzaville ?

Il est évident que le clan SASSOU déroule son calendrier avec une méthode chirurgicale bien rodée et de plus en plus empreinte à la violence. Qu’est ce qui pourrait empêcher le bon cheminement d’un NGUESSO vers les sommets baptismaux du pouvoir ?

Tout en relevant la problématique essentielle de la crise congolaise en reconnaissant l’échec de la gouvernance actuelle et comment se défaire d’un système corrompu qui cisaille tout le pays. Une gouvernance qui favorise la prédominance de l’impunité, la poursuite de la gabegie et des nominations des femmes et des hommes qui ont lamentablement échoués dans la gestion de la destinée du pays, force est de constater le déficit de visibilité d’une opposition fiable est criarde.

La majorité des mouvements ou plateformes pour le respect de l’ordre constitutionnel en 2015, bien même avant (ERRDUN et compagnie) a toute été noyé dans l’égoïsme politique des uns et dans la cupidité des autres.  Les échecs de cette opposition ne se compte plus, ils s’accumulent d’années en années en reproduisant les mêmes erreurs.

Certains y ont laissé leur vie dans un engagement qu’ils croyaient commun et solidaire pour le peuple. Combien de leaders devrions nous encore perdre pour ouvrir enfin les yeux sur la tragédie macabre qui se profile a l’horizon ? Guy Brice Parfait Kolélas, président de l’UDH-Yuki est mort pendant la compagne présidente suscitant peu de réactions de la part d’une opposition complice ; Raymond Timothée Mackitha mort dans l’anonymat e, président du Front uni pour les républicains congolais (FURC) , Paul Marie Mpouelé, président du Parti des républicains (PR) mort dans l’abandon de ses pairs politique, bon débarras diront certains,  Abel Godefroy Boucka, président de l’Union patriotique des démocrates congolais (UPDC), et Paul Dihoulou, de l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda),  les presidents Pascal  LISSOUBA et Joachin YHOMBI OPANGO ont été rappelés à Dieu sans pouvoir observer de leur vivant le réveil du peuple congolais.

Augustin KALLA-KALLA est horriblement torturé et laisser pour mort jusqu’à ce qu’il succombe de suites de cet acte barbare. Le coupable Serge OBOA court toujours. Avant lui Bruno OSSEBI, Rocil OTOUNA et d’autres journalistes sont passés à tabac dans l’exercice de leur métier

A Paris nous avions également perdu des hommes de valeurs à l’instar de Philippe BIKINKITA, NGUILA MOUNGOUNGA-NKOMBO, Marc MAPINGOU je vous laisse compléter la liste, seulement on a l’impression que ce sont des morts pour rien.

Pourtant l’opposition se mure dans une attitude qui sacralise leurs échecs. Cela semble être le constat qui se dessine au regard des tractations teintées d’un excessif repli sur soi qui prévaut au sein de l’opposition. Pourtant, il est acté depuis des siècles que pour résoudre un problème, la première étape consiste à reconnaître qu’il y en a un. Au-delà des constats alarmistes et des publications tous azimuts, force est de constater que l’opposition congolaise est empêtrée dans son propre déni.

Notre opposition a-t-il fait le lien nécessaire de rassemblement politique crédible ; réaliser l’unité et la cohésion de l’opposition résolument engagée vers le combat pour la restauration de la démocratie ? L’opposition a-t-il exercé les prérogatives dévolues à l’opposition ; contribuer à la consolidation de la paix et de la démocratie ; participer à l’animation de la vie politique et du pluralisme démocratique ; renforcer l’image de l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

En 2021, l’opposition congolais semble totalement apeurée, inexistante et semble se passer de leur engagement à lutter pour la mise en place d’une gouvernance électorale fiable et équitable prise à DIATA

A défaut de se battre pour le pays nous avions une opposition affairiste et calculatrice. Qui vous parle encore de

  • la refonte du fichier électoral
  • du recensement administratif spécial qui s’appuierait sur les données du recensement général de la population et de l’habitat de 2008;
  • La mise en œuvre de la carte biométrique en 2021 ;
  • la réécriture de la loi électorale de 2001;
  • Du découpage électoral équitable ;
  • L’autonomisation administrative et financière de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI);
  • le renouvellement de la CNEI;
  • le renforcement des moyens de lutte contre la fraude et la nomination, par le bureau de la CNEI des membres des commissions locales;
  • le renforcement exclusif des opérations préélectorales et électorales par la CNEI;
  • le plafonnement des dépenses de campagne électorale; la révision à la baisse du montant des cotisations pour les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et locales
  • Des prisonniers politiques
  • Des tueries des jeunes dans les commissariats

Tous ces sujets dont devraient se servir une opposition engageante pour dynamiser son combat semble être aujourd’hui délaissés. A la place en a une opposition girouette ou les opposants soutiennent la majorité au pouvoir et reviennent dans l’opposition l’instant d’après dès qu’ils sont déboutés.

Pourtant Les questions essentielles qui doivent nous rassembler sont dictées par le peuple qui souhaite une clarification, sur :

  • la disparition des 14.000 milliards de francs cfa (soit environ 28 milliards de dollars)?
  • L’interpellation des prédateurs économiques qui saigne les finances et l’économie congolaise
  • les moindres détails sur les tenants et aboutissants de la dette qui nous lie avec la Chine? Les conditions de son échelonnement ?
  • le retour sanglant au pouvoir de sassou massacrant au passage près de 300.000 a 400.000 personnes selon certaines sources. Une commission d’apaisement et de recueillement doit être instruite pour réellement faire le deuil et apaiser le peuple. On ne doit pas impunément tuer son peuple pour le pouvoir.
  • L’incarcération illégale des prisonniers politiques. Leur libération est une exigence nationale

L’opposition congolaise intérieure comme extérieure est totalement épurée des vrais leaders, des hommes constants et déterminés pour relancer la machine. L’UPADS, seul grand parti n’est pas a la hauteur car englué dans sa politique ambiguë avec le pouvoir. Qui pour prendre a bras le corps la résolution des questions énoncées plus hauts dans les multiples chartes des plateformes.

Lorsqu’on aura fait ce bref constat, il ne serait pas  faux de conclure  que le Congo n ‘a pas besoin des élections mais du départ de sassou et de l’instauration d’une transition qui remettra le pays sur pied. Autrement ce ne sera pas les édifices de la corniche et autres qui seront détruites mais tout bonnement la destruction de l’ensemble du pays. Les Congolais ne supportent plus les voleurs qui mettent en danger l’équilibre macro-économique du pays.

Regardez autour de vous qu’est ce qui fonctionne au Congo ? La route nationale 2 ressemble a une piste cyclable on y trouve plus que des trous béants, l’asphalte a complétement disparu. La route Brazzaville-Pointe (prévue pour être une autoroute) est baptisée aujourd’hui la route de la mort car les imperfections, l’absence de signalisation, le décollage de l’asphalte , la non réparation des trous font de cette route, la route de tous les dangers, autrement dit la route de la mort. Le Congo se meurt à petit-feu non pas pour cause de dérèglement climatique mais certainement pour dérèglement mental des autorités de ce pays.

Lorsqu’on a un TASTY MABIALA qui confond opposition et alliance mercantile dans un même combat et contre un même adversaire, la traitrise n’est pas loin

Face a ce champ politique verrouillé des leaders politiques de demain devront s’inspirés des idéaux des pères fondateurs pour éviter d’être constamment décapitée ou noyautée dans une sorte d’opposition malléable et serviable depuis des années. Le pouvoir vous a toujours infiltré pour vous faire imploser de l’intérieur. On vous envoie des gens qui rapidement vont remettre en cause les dirigeants des partis ou on approche des personnes dont les profils présentent des faiblesses pour les retourner. L’exemple de l’UPADS est là pour en témoigner Lorsque vous êtes empêché d’exister, vous avez mécaniquement peu d’impact. L’opposition congolaise doit sortir cette torpeur qui l’habite et reprendre le combat.

Notre opposition ne devrait pas attendre un homme providentiel et devrait fonctionner plutôt sur le mode de l’autogestionChacun s’organise avec les moyens dont il dispose, que ce soient les groupes d’étudiants, les corporations professionnelles, les syndicats de l’enseignement, les mouvements contestataires de la diaspora.  Pour amener le peuple dans la rue, il va falloir trouver d’autres formes d’organisation. La société congolaise n’est pas un bloc uniforme et le risque de division inquiète une partie de la population. Le souvenir de la guerre civile entre 1997 et 2001 reste imprégné dans les mémoires. Le pouvoir joue sur ce traumatisme

Jean-Claude BERI

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