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« Une des raisons principales des arriérés au Congo : mauvaise gestion de sa trésorerie »

« Une des raisons principales des arriérés au Congo : mauvaise gestion de sa trésorerie »

Par :   Verlin Richard BEKA BEKA ( La ballade des Idées)

 

La gestion de la trésorerie est une fonction vitale pour l’État.
Honorer les engagements à bonne date constitue l’enjeu premier de la gestion de la trésorerie de tout acteur économique. Loin de représenter une activité secondaire, la trésorerie est une fonction vitale pour les entreprises, les institutions financières mais aussi les administrations publiques.

La trésorerie est constituée par l’ensemble des mouvements financiers exécutés par les comptables publics. Ces mouvements concernent tout d’abord les opérations de l’État au titre des recettes fiscales et non fiscales, des dépenses de fonctionnement et d’investissement ainsi que les opérations liées à la gestion de la dette ou de la trésorerie (émission ou remboursement de titres, paiement d’intérêts, souscription d’emprunts et placement des disponibilités etc.). La responsabilité du comptable public est donc grande.

Mais outre, les opérations de l’État, tous les établissements publics ou les entreprises du portefeuille public doivent déposer leurs fonds au trésor public. Cela se fait dans tous les pays où la bonne gouvernance et l’état de droit sont observés.

LE RAPPORT SUR LA GOUVERNANCE ET LA CORRUPTION DU CONGO DU 18 AVRIL 2018 dans son point 39, page 19 déclare :

 » La gestion de trésorerie au Congo n’est pas pleinement opérationnelle sur le terrain, ce qui limite son efficacité et entraîne une accumulation d’arriérés de paiement. Cette situation est également due à une mauvaise organisation institutionnelle et à une gestion qui n’est pas parfaitement alignée sur les normes internationales.

Le comité du plan de trésorerie de l’État (CPTE), créé en 2016, n’est pas encore opérationnel et la gestion de trésorerie n’est pas suffisamment efficace pour empêcher la formation de nouveaux arriérés de paiement. En 2017, les arriérés de paiement accumulés s’élevaient à 307 milliards CFA, ce qui représente une augmentation de 20% par rapport à l’année 2016 (257, 2 milliards CFA). En effet, la gestion de la trésorerie se limite au suivi de l’exécution du budget de l’État et ne permet pas d’anticiper les correctifs appropriés en vue de minimiser les soldes à payer qui ne cessent de croitre au fil des mois et qui risquent de devenir ingérables par la suite… »

Le Congo sait voter des lois mais ne sait pas encore prendre des décrets d’application permettant la mise en œuvre des lois votées. Cela se manifeste par de nombreuses institutions crées par la loi mais jamais effectives sur le terrain. On peut citer la cour des comptes mais aussi ce comité du plan de trésorerie de l’État (CPTE), créé en 2016.

Or, ce comité du plan de trésorerie qui doit être accompagné d’une professionnalisation accrue de la gestion de la trésorerie de l’État est en réalité un outil d’optimisation de la gestion de la trésorerie qui permet l’amélioration des prévisions. C’est un véritable OUTIL DE PILOTAGE.
Alors pourquoi ce CPTE n’est pas fonctionnel ? Tout comme la cour des comptes ?

La gestion de la trésorerie de l’État recouvre des enjeux cruciaux pour l’État lui-même car les flux financiers exécutés quotidiennement sont très élevés et aussi pour le marché monétaire car l’État y est un acteur de premier plan à travers ses opérations de financement et de placement. L’exemple des « bons de trésor » du trésor public congolais illustre bien le rôle de l’État dans le marché obligataire.

Il y a donc urgence pour le Congo d’assigner le trésorier payeur général d’atteindre un OBJECTIF SIMPLE : garantir la continuité financière de l’État, c’est-à-dire assurer chaque jour l’exécution des dépenses et des recettes, dans des conditions de sécurité maximales et au meilleur coût pour le contribuable.

Un trésorier doit être jugé sur ce simple objectif car il va s’agir pour lui d’éviter de cumuler les arriérés et de se financer quand le marché obligataire est favorable, ce qui n’est pas le cas pour le Congo depuis 2017 où les bons de trésor assimilables sont à des taux trop élevés. La compétence du trésorier s’observe dans sa capacité d’agir sur le marché monétaire, où se nouent les opérations de prêts et d’emprunts à moins d’un an.

En effet, lorsque les prévisions font apparaître que les disponibilités du compte du Trésor ne couvriront pas le montant des dépenses à exécuter à une date ultérieure, le trésor public doit émettre des emprunts à court terme (moins d’un an) afin que l’État dispose des ressources nécessaires à cette échéance. MAIS SEULEMENT QUAND LE Marché EST FAVORABLE C’EST A DIRE QUAND LE PAYS EST SOLVABLE ET NON ENDETTE AVEC UNE DETTE INSOUTENABLE.

Ce qui éviterait le pays d’emprunter à des taux élevés. En 2018 , le Trésor public congolais a prévu d’emprunter 76 milliards de FCFA sous la forme des BTA, bons du Trésor assimilable précomptés, qui constituent l’outil courant d’emprunt de trésorerie.

L’expérience du compte des générations futures dans une banque étrangère est à bannir et il appartiendra au trésor public de placer les futurs excédents de trésorerie sous la forme de prêts aux banques à très court terme dans la zone CEMAC.

Pour le Congo que nous voulons, la gestion de la trésorerie doit être un moyen de limiter l’endettement de l’État.

Il est donc urgent de rendre ce comité du plan de trésorerie de l’État (CPTE), créé en 2016 fonctionnel afin de favoriser le déploiement de la politique de gestion active qui consiste à réduire les aléas subis par la trésorerie grâce aux prévisions de qualité permettant au trésor public de gérer et de maitriser sa trésorerie.

Il s’agit de faire des prévisionnels de trésorerie, un tableau de bord de gestion afin de ne pas gérer au fil de l’eau.

Par : Verlin RICHARD

La ballade des idées

 

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