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En RDC, la Cour constitutionnelle a dit le droit.

 Par   :   Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Il nous revient de respecter la décision de justice d’un État souverain qui est la RDC (République démocratique du Congo). Cette justice rendue par des êtres humains loin s’en faut n’est pas parfaite mais a ici le mérite d’avoir respecté les procédures de leur État.La forme et le fond dans les procédures ont été respectés, et la Cour constitutionnelle de la RDC a tranché suite à la saisine de celle-ci par certains congolais.L’alternance politique sans heurt qui se profile en

RDC est un événement en soi, et nous ne pouvons que nous en féliciter malgré les suspicions de fraude. En tout état de fait, Kabila n’est plus le Président de la république suite à ses deux mandats prescrits par la constitution. Ce qui n’est pas le cas de nombreux Présidents africains qui ont tripatouillé la Constitution de leur pays pour demeurer éternellement au pouvoir avec la bénédiction des Occidentaux.

De Sassou Nguesso à Paul Kagamé en passant par Idriss Déby, ces Présidents soutenus par la France, ont tous usé d’un stratagème de modification de la constitution pour se proclamer Président à vie sans que ce machin de l’UA (Union africaine) n’ait à redire quoi que ce soit. L’agitation de ces Présidents dictateurs à la tête des institutions africaines est inquiétante à plus d’un titre et met dans l’embarras en Afrique tous les démocrates. Je ne puis croire qu’en adhérant à l’UA que la RDC ait sous traité sa souveraineté qui est l’essence de l’affirmation d’un pays et son peuple.

L’histoire bégaie et se répète. Quand ils n’ont plus voulu de Patrice Lumumba, ils l’ont assassiné en armant la main d’un Noir ; Idem pour Sylvanus Olympio, Thomas Sankara et bien d’autres, sans oublier le cas de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire qui lui a la chance d’être toujours en vie mais dans une prison coloniale de la CPI (Cour pénale internationale). Le drame des Africains ce sont les Africains eux-mêmes qui exercent les sales besognes pour leurs maîtres. Leur seul plaisir c’est d’être invité à la table de leurs mentors tout en négligeant les intérêts de leur peuple.

La démocratie ne s’accommode ni de la souffrance ni de la pauvreté. Le problème des élections présidentielles est secondaire dans une démocratie car seul compte le problème de fin du mois des Africains. Depuis plus de 58 ans nous peinons à donner de l’eau potable, de l’électricité et une bonne éducation à nos enfants et en même temps ce qui les intéresse c’est l’implantation de bases militaires en Afrique pour faire la guerre. Aucun hôpital, aucune école, aucune université n’est construite mais ils viennent fêter Noël avec leurs troupes en Afrique pendant que les autochtones tirent le diable par la queue. Jusqu’à quand allons-nous accepter ces comportements irresponsables ? Il est plus que temps de faire le bilan de cette soi-disant coopération internationale dans laquelle les Africains sont toujours les dindons de la farce.

Ce qui se joue en RDC c’est la liberté, la dignité du peuple congolais à assumer les défis qui se posent à lui. N’oublions pas que cette élection a été organisée sans l’appui de la fameuse communauté internationale. Ce qui n’a pas été du goût de tout le monde de voir cette partie de l’Afrique s’émanciper.

Il y a eu des élections aux USA qui ont été tranché par la justice sans que la communauté internationale s’en émeuve. Alors pourquoi ce deux poids deux mesures ?

L’UA, ce gang de chefs d’États vient de se discréditer en voulant se mêler des affaires intérieures d’un pays souverain, alors que chez eux c’est la chienlit, les procès politiques, le chaos économique et la répression qui rythment la vie de leurs concitoyens.

Quant à Sassou, l’homme qui protège les intérêts français au Congo-Brazzaville, c’est le bossu qui ne voit jamais sa bosse qu’il traîne depuis des lustres au point que cela devient incommodant pour la vue. Ses exploits en matière de violations des processus électoraux qu’il a exporté dans toute l’Afrique en fait un personnage sulfureux peu recommandable et tristement célèbre. Il n’a pas de leçons à donner en matière d’élections car n’ayant plus aucune crédibilité en la matière, lui qui a perdu l’estime du peuple congolais. Dans certaines circonstances le silence se doit d’être d’or. Ce monsieur se doit d’apaiser au lieu d’attiser le feu qui couve déjà chez lui. C’est un pont sur le Congo qu’il faut construire un non un mur.

Une autre Afrique est fière en ce jour de la souveraineté de la RDC. Ce peuple fier vient d’infliger un camouflet à l’UA, l’ONU, la France, la Belgique et les tous les paternalistes à indignation sélective.

Le réveil de la RDC, un géant africain, est un sursaut nécessaire pour l’Afrique centrale. Il ne reste plus qu’aux nouveaux dirigeants de nous faire la démonstration que nous ne nous sommes pas trompés en les soutenant.

Un petit pas vient d’être fait en RDC et cela présage, soyons optimistes, d’un meilleur climat politique et d’un avenir radieux pour ce peuple et ses voisins. C’est au pied du mur que l’on voit le maçon.

Les tergiversations des uns et des autres sont terminées. Le droit a été dit en RDC, et comme disent les Anglo-Saxons : « The game is over : le jeu est terminé. » Le temps des joutes verbales a vécu. Maintenant l’heure est à l’union nationale en RDC. Ne pas les y aider serait une faute morale.

La démocratie ne se réduit pas qu’à l’élection présidentielle, mais à la capacité à servir son peuple pour son bien être, ce qu’ailleurs l’on appelle régler les problèmes de fin du mois.

Le piège que nous tend l’UA est de nous faire croire que ses Présidents dictateurs tirent leur légitimité de la seule élection présidentielle on en faisant l’alpha et l’oméga de la vie politique. Pour le reste, c’est circulez, il n’y a rien à voir.

Au nouveau Président élu par tous les Congolais de la RDC, il faudra rassembler, apaiser et souffler un nouveau dynamisme. Vous êtes « l’artisan modeste des cathédrales, qui apporte obscurément sa pierre à l’édifice auguste qu’il ne verra jamais. »

Comme disait l’autre : « L’on peut transiger sur tout, sauf sur sa dignité. »

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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