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Une reconnaissance du génocide du Pool s’impose.

Philip Kleinfeld / IRIN
Personnes déplacées à Kinkala, capitale de la région du Pool

Par  :  Jean-Claude BERI

“Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.” ― Émile Zola Source: « J’accuse… ! »

Il y a de quoi être effaré par les informations qui nous parviennent depuis hier. La prestation sanguinaire du pseudo armée aux ordres de sas sou et non-nationale relèverait plus du massacre à grande échelle dépassant largement ce qui nous a été rapporté par les médias nationaux.

Le Pool a été victime d’un massacre groupé de pseudo-spécialiste expert en destruction massive de l’homme du Pool et de son environnement. L’entendu des dégâts tel que révélé par les images satellitaires fournis par l’ONG IRIN montre bien qu’il ne s’agissait pas de poursuite d’agitateurs à l’ordre public ni encore moins d’un terroriste imaginaire. Mais bien d’une opération de massacre des habitants du pool avec une méthodologie appliquée dans les cas d’une opération chirurgicale. Village par Village on détruisait tout ce qui pouvait permettre à l’homme de se reconstruire. Sans compter que lui-même n’était qu’un animal qu’on piétinait, qu’on passait à la moulinette pas besoin du kacher pour tuer du Poolois. Il suffisait d’arroser  aveuglement tout un village avec des armes incendiaires. Quand on sait que les armes incendiaires causent des blessures tant aux civils qu’aux combattants, qui sont extrêmement douloureuses et cruelles, et difficiles à traiter. Elles provoquent également des incendies qui peuvent détruire des objets et des infrastructures civiles. Ce seraient ces armes que l’armée dite congolaise aurait utilisée dans des zones peuplées. On ne peut pas dire que ce n’était pas intentionnel.

Depuis le 4 avril 2016, ce département du Sud Congo est régulièrement envahi pas des troupes para -militaires se livrant à toutes les exactions inimaginables. Le pouvoir en place dans son éternel stratagème de dissimulation aurait sciemment falsifié les statistiques en faisait passer ce qui apparaît aujourd’hui comme un vrai massacre en une opération de police anodine. Comment peut-on qualifier la perte de dizaines de milliers de personnes en une simple opération policière ? Lorsque la plupart les congolais nous parle de paix et de justice, nous disons simplement qu’il mette la charrue avant les bœufs.
Comment aller expliquer aux ressortissants du POOL de ne pas céder à la haine et à la tentation de vengeance lorsque tout est fait pour maquiller son supplice en le faisant passer avant les intérêts politiques.
Dire cela n’est ni faire de l’apologie de la calomnie ni encore moins de la haine. C’est juste une question de bon sens qui exige une réparation nationale. La profondeur de ce message de paix dont beaucoup se font l’apôtre  de la paix sur le sort des ressortissants du pool mériterait certes un volcan d’applaudissement. Seulement il faille mettre un bémol. Comment allez dire à l’homme du pool meurtri, transformer en chair humaine, réduit presque à l l’esclavage brut que tout va bien ?

L’agressivité avec une certaine récurrence que subissent par les ressortissants du Pool pour la défense d’une cause, semble-t-il, nationale est perçue comme une faute. On serait même allé à le leur reprocher. Cause nationale disent-ils? C’est un euphémisme. Le pool a été longtemps abandonné à lui-même.

Maintenant que les bombardements ont cessé et que la vérité sort progressivement du tapis sanguinolent ou elle était enfermée que les Congolais se retrouvent pour reconnaître le caractère génocidaire des actes commis par un gouvernement soit disant du peuple contre son peuple.  “Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.” ― Émile Zola Source: « J’accuse… ! »

Tant que cette notion de reconnaissance ne sera pas perçue comme un préalable, il serait difficile de rendre aux ressortissants du POOL leur dignité bafouée.

L’enfant du pool aujourd’hui tué, blessé, déplacé, traumatisé, manipulé ou perverti, pour tout dire violenté dans son corps et dans son esprit, apparaît comme une victime anonyme, sans réelle prise en charge. Sous son regard vide, perdu dans cette salissure ou on l’a plongé de force, il se demande si demain, il serait reconnu comme tout autre enfant du Congo propre et intégré.
Nous devons exorciser ce mal par un vrai dialogue du Pool, une vraie reconnaissance du sacrifice afin de rendre au pool son honneur. Ce que le POOL réclame, c’est la reconnaissance de la nation du supplice vécu. Et non un règlement par des accords contre son dos ou les agresseurs et agressés se lavent les mains dans un concert d’hypocrisie insupportable.

Du sacrifice du Pool, on est passé à l’ignorance du crime. Comment voulez-vous que le pool oublie sans une vraie reconnaissance nationale ?
Si l’élan porté sur MOKOKO pouvait être le même que sur le sort des ressortissant du pool, le Congo en sortirait grandit et réconcilié. Une reconnaissance du génocide du pool s’impose si vous voulez que ce discours de paix et de justice passe. Mettons-y aussi la bonne volonté. Les faits sont connus des Congolais pourtant, ils sont muets. Fallait-il attendre deux ans après que le rapport de l’ONG IRIN établisse la vérité….. ?

Par Jean-Claude BERI

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