Politique

Règlements de comptes autour de Rodolphe Adada « l’homme qui vaudrait 800 millions de dollars »…

Rodolphe Adada et Sassou Nguesso
A Paris, en attendant l’estocade, la diaspora congolaise plante chaque jour ses banderilles dans les flancs de l’Oyocratie. Du FMI au MEDEF, les succès ne se comptent plus. Même les représentants de ce pouvoir ne se sentent plus tranquilles dans leur seconde patrie, la plus chère, celle dans laquelle ils pouvaient jouir pleinement des fruits de leurs pillages, sous le regard toujours bienveillant et complice de leurs relais françafricains.

Les dossiers économiques et financiers pèsent lourd dans le mécontentement et dans la révolte qui couve. Aucun projet véritable n’a vu le jour, aucun programme sensé ne s’est imposé. Notre pays a été dirigé par des soudards pour qui seul comptait un enrichissement outrancier, au mépris TOTAL du reste de la population…

Le désastre, depuis longtemps annoncé, sévit au Congo-Brazzaville, et le fond n’a pas encore été touché. Depuis sa création, Dac-e-news, sans relâche a mis l’accent sur les vols et les détournements du pouvoir mafieux qui s’est installé à Brazzavole.

De Saint-Tropez à Miami, de Pékin à Hong Kong, de Macao à Lisbonne, de Genève au Luxembourg, du Liechtenstein au Canada,  de Total à ENI, de Gunvor à Perenco, de Trafigura à Glencore, d’Asperbras à Privatair, de Yaya Moussa à José Veiga, de Willy Etoka à Lucien Ebata en passant par Denis Christel Sassou Nguesso et Claudia dans le clan des Mapapa ; les révélations publiées ont permis aux populations de toutes les régions, du Nord au Sud et des plus jeunes aux plus vieux, de comprendre l’ampleur de la prédation et l’essence criminelle du pouvoir kleptocrate qu’elles subissaient. La liste des méfaits est longue. Les archives de notre site en sont pleines.

Du FMI au MEDEF, les interférences de la diaspora


Rodolphe Adada et François Hollande, le 9 nov 2016 à l’Elysée

Lorsque Clément Mouamba avait rencontré, le 6 septembre 2016, Michel Sapin le ministre français de l’Economie et des finances, ce dernier avait proposé que la France joue le rôle de facilitateur et il avait assuré que « sous Christine Lagarde, le FMI a beaucoup changé : il ne prononce plus de diktats ».  A ce moment, un plan de sauvetage de ce régime abject par le FMI apparaissait comme une petite formalité, simple à accomplir ; une année après le feu vert de François Hollande pour le référendum anticonstitutionnel truqué.

Finalement, il en a été tout autrement… ! L’opposition congolaise s’y est attelée toute entière, toujours dispersée, mais le résultat a été au rendez-vous et Sassou n’a pas eu le moindre sou ! Et il n’aura rien nous y veillerons ! 

Dac-e-news, encore une fois, avait assuré sa part du combat en y apportant sa voix et celles d’autres opposants congolais, personnes physiques, et lanceurs d’alerte habituels.

Le 10 novembre dernier, le MEDEF International avait programmé un colloque de promotion des investissements au Congo dans la plus pure tradition des « pièges à cons » montés par une Françafrique pur jus. Cette propagande de bas-étage était soutenue par un UniCongo (le Medef congolais) qui n’avait plus le moindre souvenir de ses lamentations récentes au sujet du racket permanent fiscal que subissaient les rares adhérents du syndicat patronal qui survivaient à la crise.

Côté congolais, Rodolphe Adada, était à la manœuvre dans le cadre du Projet d’appui à la diversification de l’économie du Congo (Pade) soutenu curieusement par une Banque Mondiale (« tendance Yaya Moussa ») pour qui le Congo est un pays merveilleux et la corruption inexistante ! Il fut jadis le ministre des Affaires étrangères du Congo, dès 1997,  qui avait initié le tournant économique vers la Chine pour en faire un premier partenaire ; toute honte bue et le nœud papillon conquérant, il affirmait sans rire le 8 novembre, en son ambassade saisie par le créancier Odzali, ressortissant de Boundji comme lui :« … le Congo sait compter sur la France en tant que « partenaire privilégié » pour l’aider à rétablir ses déséquilibres macroéconomiques du moment…. L’implication du Medef International dans la réalisation de ce programme en est une illustration …… le travail significatif que vous accomplissez tout au long de cette semaine contribue à la matérialisation de la volonté du gouvernement congolais à diversifier l’économie congolaise. Cette diversification tant attendue atténuera, sans doute, les difficultés économiques que connaît le Congo aujourd’hui ».

Manque de pot, le 9 novembre la réunion a été annulée par le MEDEF. Plus question de compter sur une France bonne poire, « partenaire privilégiée », avec Emmanuel Macron comme Président. Et la « diversification tant attendue » contraire aux intérêts des pétroliers attendra encore un peu… !

Entre temps, en effet, une cagnotte de 800 millions de dollars, planquée aux Iles Caïmans et Belize, apparaissait dans le cadre des « Paradise papers » et elle était attribuée à Rodolphe Adada.

Peaux de bananes de l’Oyocratie sous les pas des rivaux de Boundji

Depuis le 5 novembre, cette information avait été publiée sur un site africain d’information. Congo-Liberty n’a pu la recouper auprès du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et normalement il était très difficile d’en parler. Cependant, il est vite apparu que cette rumeur, plus qu’une info véritable, s’est propagée comme une trainée de poudre au sommet de l’Etat congolais pour rebondir dans l’opposition et se répandre auprès de la diaspora congolaise.

Pour les Congolais originaires de Boundji, dans cette affaire point besoin d’aller regarder du côté des enfants ou des neveux, c’est la main de Denis Sassou Nguesso qui apparait clairement.

En 1977, alors que le Colonel putschiste et cardinalicide se hissait au sommet de l’Etat congolais, Oyo n’était qu’un sombre campement de pêcheurs d’à peine 300 âmes dont n’était sorti jusqu’alors aucun enfant remarquable… Boundji était un village qui aurait pu compter pour une petite ville. Sa création remontait à la fondation, par Mgr Prosper Augouard au début du 20ème siècle, de la Congrégation du Saint-Esprit. Boundji en s’agrandissant était devenu un centre administratif, chef-lieu du District de Boundji. On y trouvait des écoles primaires (qui ont entre autres accueilli Jacques Opangault, le cardinal Émile Biayenda et Théophile Obenga ; un collège général, un collège professionnel et un lycée. On y trouvait également un dispensaire et un hôpital, l’ancien couvent des sœurs franciscaines missionnaires de Marie (FMM), un aérodrome au nom de Jean-Pierre Assoua, un port fluvial construit avec l’aide du Fonds européen pour le développement (FED) au tout début des années  1970, et bien d’autres équipements.

Tout cela avait de quoi attiser la jalousie plus que la rivalité des habitants d’Oyo à l’égard de leurs parents de Boundji. Plus encore, en 1979, Oyo ne comptait pas de cadres suffisamment compétant lors de la prise du pouvoir par Sassou Nguesso. Justin Leckoundzou, de Boundji, se retrouva au Ministère des finances et son parent Adada au pétrole… ! L’argent et le pétrole à Boundji c’en était trop ! Avant la fin de Sassou I, le pétrole se retrouva dans les mains de l’oncle Emmanuel Yoka et les finances à Pierre Moussa.

Sans le concours de Rodolphe Adada,  Pascal Lissouba ne pouvait être déboulonné. Sassou Nguesso lui devait son retour à la tête du Congo pour avoir conduit l’indispensable cellule de Montaigne à Paris pour la communication et la logistique financière et diplomatique. Nombreux étaient les ressortissants de Boundji qui, d’une manière ou d’une autre, avaient soutenu le putschiste. Dans un premier temps, dès la victoire d’Octobre 1997, enfants et neveux firent rempart afin qu’Adada n’obtienne ni les finances, ni les hydrocarbures : « il a déjà trop bouffé ! » Il eut les Affaires étrangères alors qu’il aurait pu, tout comme Yves Motandeau, se hisser à la tête de l’Etat, il s’en était fallu de peu… !

Durant une vingtaine d’années, mis à part ses 2 ou 3 ans passés au Soudan, Adada fut le faire valoir de Sassou Nguesso auprès des ressortissants de Boundji que le tyran haïssait allègrement. Leckoundzou fut éliminé du décor ; une de ses filles sans le moindre respect ni la moindre honte du vieux dictateur fut utilisée à l’instar de toutes les autres… De proches parents d’Adada, ne connurent que la faim en étant sciemment écartés de toute fonction ou de tout marché ; la revanche d’Oyo était dans sa marche triomphale. L’Oyocratie a finalement piétiné leurs corps morts sous le regard toujours indifférent de Rodolphe, grand égoïste. Christian Gilbert Bembet après les Mao vient à peine de s’ajouter à ce sinistre inventaire.

En une vingtaine d’années, rien n’a changé à Boundji à part un tronçon de route auquel l’ancien chef lieu a été raccordé. Denis Gokana s’est construit le minimum qu’il pouvait faire, mais l’Etat Oyocrate n’a rien fait pour développer la ville, la laissant mourir endormie… Oyo, l’ancien campement de pêcheurs, avec son aéroport international, son centre hospitalier, son palace 5 étoiles de l’Alima, ses écoles modèles a accompli sa revanche en surpassant Boundji. Comme tous les autres villages et villes du Congo… !

Restait, Rodolphe Adada, le symbole vivant du berceau d’Opangault qui n’en finissait pas de faire de l’ombre aux sombres natifs d’Oyo. Chouchou des Français, pas seulement pétroliers, l’esthète au nœud papillon, marié depuis très longtemps à Dany la Bretonne, est toujours apparu comme une roue de secours sûre pour la Francafrique quand elle se sera décidée à se mettre sur la touche Dénis le mégalo… Tous les voyants indiquent que pour cette dernière, le moment était venu ; ce qui n’a pas échappé à la créature de Chirac et de Tarallo : « Adada pas question ! » Et c’est ainsi que l’affaire des 800 millions de dollars a été jetée en pâture à la presse et à l’opinion.

Rodolphe Adada, financièrement, a toujours joué les modestes. Seul luxe apparent : son appartement dans le 7ème arrondissement de Paris. Et il roulait volontiers dans des Renault 12, alors qu’il pouvait s’acheter tout le quartier. Ses parents dans la détresse n’ont jamais trouvé auprès de lui le soutien qu’ils attendaient. Depuis Sassou1, fortune solide avait été faite, les neveux n’avaient pas tort. De plus, malgré le fait qu’il ait été tenu à l’écart du pétrole et de l’argent sous l’ère des Mapapa, Rodolphe Adada sut profiter de courtes périodes d’intérim, aux finances, pour consolider des paiements sur dix années de mystérieuses dettes gagées sur le pétrole…

Huit cents millions de dollars ou pas, sur les comptes de Rodolphe Adada aux Iles Caïmans ou au Bélize, pour les parents de Boundji c’en est trop ! Trop de la fourberie des Nguesso à leur égard et il serait sot de croire que la rupture n’est pas consommée entre Mbochis : d’une part Mbochis d’Oyo et d’autre part tous les autres…

La base du pouvoir de Denis Sassou Nguesso est devenue petite, toute petite. Chaque jour, elle se réduit comme une peau de chagrin. Tic-tac, tic-tac ! Très bientôt, il n’aura plus rien et plus personne derrière lui.

Enfin !

Par Rigobert OSSEBI

Source : http://congo-liberty.com/?p=19167

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