DIASPORA, Politique

La rodomontade de Sassou sur l’opposition congolaise républicaine.

 

Par : Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Tel un coup de tonnerre dans un ciel déjà ombragé, Sassou comme un loup somme l’opposition congolaise républicaine de rentrer dans la bergerie afin de mieux la dévorer. Ces manœuvres brutales et barbares d’antan resurgissent. La théorie du coup d’état permanent devient le fil conducteur d’un État en faillite.

Atteinte, sonnée, groggy, l’opposition congolaise se relèvera-t-elle de ce coup de semonce du dictateur ? Rien n’est moins sûr, mais nos voix doivent continuer à porter la contradiction dans ce silence assourdissant pendant que notre peuple dépérit.

Peuple congolais, en ce jour commence la longue marche vers la liberté que nous avons chevillée au corps. Pendant que Sassou bichonne son opposition de marionnettes acquis à sa cause par des titres pompeux et des avantages matériels mirifiques, il compte mettre au pas l’opposition congolaise républicaine qui lui est farouchement hostile à cause du viol de la constitution congolaise de 2002 que lui rappellent même les évêques congolais habitués à lui faire la courte échelle. L’heure est grave.

Le tyran du Congo-Brazzaville emploie tous les moyens pour nous terrasser, y compris des condamnations à de très longues peines de prison de nos camarades qui équivalent à des peines de mort dans l’état actuel des conditions carcérales au Congo.

Le combat pour la restauration de la démocratie au Congo n’est ni la volonté et ni caractérisé par une seule personne. Quand l’un de nous tombe, il nous revient de reprendre le flambeau de la liberté qui éclaire le chemin de la victoire finale. Nous ne baisserons pas la garde vis-à-vis de ces intimidations tant dénoncées à la Conférence nationale souveraine de 1991 et qui réapparaissent tels des fantômes du passé en vue de la conservation illégale du pouvoir et de la préparation d’une succession monarchique.

En test grandeur nature, Sassou vient de braver l’opposition congolaise en condamnant à 20 ans de prison le Général Jean-Marie Michel Mokoko l’un de nos vaillants camarades de lutte. Ainsi, il espère museler l’opposition qui lui fait faire des cauchemars. Mais qu’il sache d’ores et déjà que nos voix ne s’éteindront jamais tant qu’un Congo démocratique soucieux des libertés individuelles n’aura pas émergé.

Dorénavant plus aucun opposant congolais n’est à l’abri de la justice vengeresse de Sassou qui incarne à lui tout seul la constitution congolaise. La machine à broyer est en marche et il nous revient de la stopper afin d’en limiter les dégâts.

Le silence de la communauté internationale notamment de la France devant cette farce judiciaire vaut approbation de ce comportement odieux. Mais, nous savions depuis longtemps que nous n’avions rien n’à attendre de ce côté-là. Fermons le ban.

Lorsque toutes les stratégies ont échoué, il est de notre devoir d’en inventer celle qui nous permettra de sortir de l’impasse. La « somalisation » du Congo n’est plus une vue de l’esprit tant ce chef de guerre au pouvoir n’entend rien lâcher dans sa fourberie.

Jadis les Romains offraient du pain et des jeux au peuple. Alors que le Congo va mal, entre tristesse et décadence, sur le plan économique, social, sanitaire, SASSOU distrait le peuple avec des simulacres de procès en complicité avec des familles spécialisées dans les procès politiques. Hier c’était le père qui fut Commissaire du gouvernement et envoya à la mort, au petit matin glacial, de paisibles congolais. Il se repentit à la Conférence nationale souveraine de 1991. Était-ce sincère ? Aujourd’hui, le fils, avocat, participe à la même mascarade en tançant le Général Jean-Marie Michel Mokoko et l’envoie croupir dans les geôles de la dictature. La parodie continue. Le Congo devient un pays maudit dans lequel l’aspiration se fait par le bas. Demain après le départ du tyran, qu’ils ne viennent pas pleurer car nous savons dorénavant que c’est un trait familial stimulé par la cupidité et l’appât du gain facile. Ces ennemis de la liberté en robe noire ou rouge déshonorent la justice congolaise.

Le procès de la honte avec une justice aux ordres vient de donner son verdict. Il fallait à tout prix incriminer le Général Jean-Marie Michel Mokoko comme vient de le dire l’un des co-accusés dont le billet avait été payé par l’État congolais afin que ce dernier se rende à Brazzaville pour assumer cette forfaiture. Il eut Mandela qui avait fait 27 ans de prison à cause des lois abjectes notamment l’apartheid de l’Afrique du Sud, avant d’accéder à la magistrature suprême. Maintenant le Pol Pot congolais envoie pour 20 ans derrière les barreaux celui-là même qui lui sauva la tête lors de la Conférence nationale souveraine tant le peuple voulait le lyncher. Là où il se trouve, le Général Jean-Marie Michel Mokoko doit savoir que la lutte continue et s’intensifie jusqu’à la libération de notre beau pays des mains de ces sanguinaires qui ne reculent devant rien pour mettre en exergue leur barbarie. Plus que jamais le sommeil du prince d’Edou sera troublé.

Ministre de la défense lors de l’assassinat du Président Marien Ngouabi, Sassou n’a jamais été traduit devant un tribunal au Congo grâce à la magnanimité des participants de la Conférence nationale souveraine de 1991 qui ne voulaient pas rajouter de l’huile sur le feu. Avaient-ils eu tort ?

Force est de constater que le sieur est un adepte des procès quand il veut éliminer ses opposants politiques. La liste des congolais tués, « passés au petit matin », par l’absurdité de ceux qui sont actuellement au pouvoir dépasse l’entendement. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette donne qui nous enlève notre condition humaine pour embrasser celle de la bestialité. Ces marxistes-léninistes convertis par opportunisme à la démocratie nous occient à petit feu.

Oui Sassou, j’ai moi aussi l’intention de faire un coup d’état et d’appeler à la désobéissance civile si c’est la seule façon de vous faire partir de votre trône. Je suppose qu’après la lecture de cette précédente phrase, vous instruirez votre procureur de la république afin qu’il puisse lancer une procédure pour atteinte à la sureté de l’État comme vous en avez l’habitude. Nous sommes 4 millions de congolais à vouloir votre départ du pouvoir et en l’espèce seule la fin justifie les moyens.

Nous aurions voulu deviser avec vous sur l’économie numérique, l’écologie, la santé, l’éducation, l’économie, la justice sociale, mais vous nous proposez un procès de la honte avec des magistrats à votre botte. Les plus courageux et professionnels d’entre eux ont quitté la magistrature ou ont été virés par vos soins car vous ne supportez pas la contradiction. Nos cœurs saignent de tristesse à cause de la pitoyable image que vous donnez de notre pays.

Peuple congolais, ce cancer qu’est Sassou sera difficile à extirper mais nous y arriverons. Nos amis quand il s’agit du pétrole, notamment la France, sont aux abonnés absents. Ainsi le salut ne viendra que nous-mêmes. Le double langage des Occidentaux qui consistent à maintenir dans nos contrées des dictateurs pour mieux nous exploiter n’est plus à démontrer. Comment peut-on instruire sur les biens mal acquis et rester muet quand il s’agit d’atteintes aux droits de l’homme ? C’est le nouveau paradoxe français.

Le Général Jean-Marie Michel Mokoko en vaillant soldat droit dans ses bottes a été digne devant cette parodie de justice dont il se serait bien passé. Certains esprits grincheux auraient voulu le voir amaigri, chancelant, en quelque sorte dépérir, mais l’homme a bonne mine et tient le coup devant la dureté de la prison et des épreuves qu’il traverse. Ne versons pas dans l’ignominie et la calomnie. Nos idéaux de restauration de la démocratie au Congo restent intacts. La relève est prête car les grands hommes ne meurent jamais. Notre sacrifice suprême à la cause que nous défendons est le plus beau cadeau que nous puissions faire au peuple congolais.

J’en appelle à tous les démocrates congolais nonobstant nos divergences de condamner cette mascarade judiciaire qui devient la marque de fabrique d’un pays en décrépitude. Le Congo va mal, le Congo est à l’agonie, ne pas lui venir en aide équivaudrait à une non assistance à pays et peuple en danger.

Le peuple congolais n’oublie pas que celui qui a décimé 10 % de la population congolaise soit au mois 400 000 personnes est encore aux commandes avec l’aide des puissances étrangères. Le moment venu, nous saurons reconnaître nos véritables amis.

Peuple congolais, les mots pour condamner les mauvais maux ne suffisent plus. En voulant humilier l’un des nôtres, ce pouvoir s’humilie lui-même. Si la place du Général Jean-Marie Michel Mokoko est en prison, notre place aussi en tant que démocrates est d’y être. Le sort de notre nation se joue aujourd’hui. Ce héros s’en va croupir en prison, mais ce héraut de la liberté, de la paix a irradié à jamais la conscience populaire. Ce débat est utile mes chers compatriotes. De notre capacité à nous réinventer émergera un Congo nouveau. Tout ce qui doit changer devra l’être sauf l’essentiel.

Sassou a échoué et en plus il a tout volé. Les effets des municipalisations accélérées suivies des dégradations accélérées sont autant de preuves patentes de son échec. Prenons nos responsabilités afin de venir en aide à notre population qui vit dans la misère et la tristesse.

C’est Goethe qui écrivait : « A partir du moment où l’on s’est engagé définitivement, la providence entre alors en scène. Toutes sortes de choses se produisent qui, autrement, ne se seraient jamais produites. De la décision jaillit un flot d’événements qui déterminent en votre faveur quantité d’incidents, de rencontres et d’appuis matériels imprévus qu’aucun homme n’aurait pu imaginer. Ce que vous pouvez faire ou rêver de faire, commencez à le faire. L’audace est porteuse de génie, de puissance ou de magie. Commencez dès maintenant. »

Aux armes citoyens !

 

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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