Politique, Santé

 Rumeurs et détournements au CHU-B

 

Par Patrick Eric MAMPOUYA

Notre pays le Congo Brazzaville est quand même extraordinaire dans la bêtise. Pas un seul mois ne se passe sans que n’éclate dans les médias des affaires de corruption de vol ou de détournement. Rumeurs ou fait réel, les autorités judiciaires restent fidèle à leur stratégie : Le silence. Aucune enquête, aucune confirmation, à peine quelques timides dénégations.

Tenez, en ce mois de novembre 2019 finissant, nous avons eu coup sur coup la rumeur ou l’affaire du détournement de la solde à l’ONEMO et la rumeur ou l’affaire du détournement de la somme de plus de un milliard de Franc CFA destinée au CHU-B, décaissée du trésor public et qui se retrouverait dans un compte bancaire au Canada avec le concours du ministère de la santé s’il vous plait.

C’est l’assertion faite devant les caméras de télévision par l’intersyndicale de cette structure hospitalière, la plus grande du pays. Des questions pourtant évidentes se posent avant de jeter en pâture le ministère de la santé et le directeur de la structure. Questions auxquelles même des journalistes auraient pu apporter des réponses.

Sans remettre en cause la véracité des propos lu devant la presse nationale et internationale, il nous souvient que cette même intersyndicale avait réussi à obtenir avec fracas l’éviction de Mme Ambiero, l’ancienne directrice de ce même CHU-B.

Sans enquête préalable officielle menée par une institution de la République, un syndicat a t-il le droit de porter des accusations aussi graves à l’encontre d’un ministère ou d’un haut cadre ? Qui protège ces syndicalistes qui veulent choisir leur directeur ?
D’autre part, le CHU-B n’a t-il pas un comptable pour éclairer les médias et les usagers de la plus grande structure hospitalière de notre pays ? Le syndicat a-t-il initié une plainte auprès des autorités judiciaires ou policières ? N’est ce pas une énième manœuvre de cette intersyndicale pour encore se débarrasser d’un Directeur qui poserait problème ? L’ancienne Directrice Mme Ambiaro avait parlé de lobbys puissants et très organisés au sein de cette institution.

Au nom de quoi la nationalité de l’actuel Directeur du CHU-B poserait problème ? L’ancien Président de la Chine Deng Xiaoping n’avait il pas dit « peut importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris ». Au nom de quel tribalisme ou nationalisme notre pays devrait se privé de faire appel aux compétences externes du pays ?

La quasi totalité des structures, des entreprises, des administrations et même des ministères de notre pays sont mal gérés et en faillite virtuel par manque de dirigeants compétents, tout le monde le sait. Et chacun s’accorde à dire qu’il y un problème de ressources humaines dans notre pays. Si notre pays a des cadres compétents, pourquoi ne sont ils pas en fonction pour redresser les comptes publiques et les entreprises de notre pays qui sont en train de sombrer ?
La SNE a besoin de cadres compétents, même après privatisation rien ne fonctionne, où sont les cadres congolais compétents ?
Voilà les bonnes questions auxquelles l’intersyndicale devrait répondre.

Le syndicat du CHU de Brazzaville a publié, le 22 novembre, une déclaration dans laquelle il s’insurge contre la direction générale, l’accusant de mauvaise gestion. Dans sa mise au point, l’intersyndicale réclame purement et simplement la résiliation du contrat établi avec le nouveau Directeur Général d’origine canadienne et de toute son équipe.

Résumé du communiqué de l’intersyndicale

Le syndicat a fait savoir que la situation interne du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU-B) devient plus critique qu’elle ne l’a été, soutenant qu’actuellement, presque tout manque au sein du plus grand hôpital du Congo.

L’intersyndicale a précisé que depuis huit mois qu’il a pris ses fonctions, le nouveau directeur général, le Canadien Sylvain Villiard, a déjà bénéficié de deux subventions mais gérées dans l’opacité.

« Une subvention d’exploitation et de fonctionnement d’un montant de 1,587 milliard 913 mille francs CFA a été décaissée au Trésor public pour le compte du CHU-B aux fins d’assurer son redressement. Toute cette somme a été virée dans une banque canadienne au profit de l’ONG USI, avec la complicité du ministère de la Santé », souligne la déclaration lue par Victor Bienvenu Kouama, président de l’intersyndicale.

Dans les détails, les syndicalistes ont affirmé que de cette enveloppe, une bonne part avait été réservée à l’achat des médicaments, consommables hospitaliers et accessoires, mais hélas, l’hôpital manque l’essentiel.

« A ce jour, tous les services sont presque à l’arrêt parce que les trois cents millions qui étaient destinés à l’achat des consommables ont été virés au Canada par le ministère de la Santé.

De même, vingt-six millions francs CFA ont été prévus pour l’achat du matériel technique ainsi que cent quarante-quatre millions francs CFA pour l’acquisition des voitures de services, mais rien ne se voit », précise l’intersyndicale.

Les syndicalistes ont demandé la résiliation du contrat avec les onze Canadiens dont la plupart ne sont pas encore arrivés, mais touchent des salaires exorbitants, chiffrés en millions sans travailler, ont-ils lâché.

Écartant l’idée d’aller en grève, ils réclament enfin le paiement des six mois d’arriérés de salaires qui leur sont dus.

Par Patrick Eric MAMPOUYA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*