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Sassou, Bouya, Ondongo et Mme Fatima Moussa, visés par une plainte pour disparition d’un Boeing 787-8 Dreamliner ?

Sassou, Bouya, Ondongo et Mme Fatima Moussa, visés par une plainte pour disparition d’un Boeing 787-8 Dreamliner ?

Par   Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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Après la signature, en décembre 2021, d’un Mémorandum d’entente entre le gouvernement du Congo-Brazzaville et la société sud-africaine Allegiance Capital, en vue de relancer la société nationale d’aviation Equatorial Congo Airlines ( Ecair), et après la signature, le 21 janvier 2022, d’un Accord triennal d’appui financier au titre de la Facilité élargie de crédit (FCE) entre ce gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI), l’on croyait que le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso (A.C.M), allait, avoir un temps de répit. Grosse erreur ! Car, une affaire de disparition du Boeing 787-8 Dreamliner (commandés par l’Etat congolais) éclabousse, non seulement les ministres Jean-Jacques Bouya et Gilbert Ondongo, mais aussi la Directrice générale d’Ecair, Béyina Fatima Moussa. En voici les faits.

En 2015, deux avions neufs, d’un coût d’environ 200 millions de dollars, ont été commandés à la société américaine de fabrication d’avions Boeing, par le truchement de la compagnie suisse d’aviation d’affaires Privatair, au profit d’Ecair. Malheureusement, de cette commande, un seul appareil avait été livré le 16 mai 2015. A sa sortie d’usine, cet avion était immatriculé HB-JJJ. Quatre jours seulement après, précisément le 20 mai, cette immatriculation était devenue N 887 BA. L’avion, sorti de l’usine Boeing, décolle à destination du désert de Nevada, où il stationne pendant trois ans à l’aéroport Victorville avec propriétaire déclaré la Bank of Utah Trustee.

Le 22 mars 2018, l’avion était annoncé avoir été vendu à Somon Air, une compagnie aérienne du Tadjikistan. Cet appareil fut frappé d’une nouvelle immatriculation : P4-BDL, mais, curieusement battant pavillon Aruba, île néerlandaise située dans la Mer des Antilles. Cette nouvelle immatriculation P4-BDL rappelle l’immatriculation P4BBJ de l’avion du Président gabonais Ali Bongo-Ondimba et P4 SKN de l’avion du Vice-Président équato-guinéen Teodorin Obiang.

En effet, le 23 mars 2018, le plan de vol du Boeing 787-8 Dreamliner indique de décoller de l’aéroport Victorville pour le Tadjikistan via Amsterdam (aéroport Schiphol). Mais, cet appareil n’est jamais arrivé au Tadjikistan, chez son prétendu nouvel acquéreur, Somon Air. Pire, les registres de l’aéroport mentionnent le nom d’un nouveau propriétaire : la société Wenham Overseas LTD dont le bénéficiaire est l’oligarque russe Roman Abramovich, le propriétaire du club anglais de football Chelsea. Quel mystère ! Aujourd’hui, les enquêteurs cherchent à savoir comment le constructeur américain Boeing a pu traiter avec des structures de blanchiment d’argent lors de l’acquisition du Dreamliner; à savoir : Privatair (qui serait d’ailleurs en faillite, et dont le véritable propriétaire serait inconnu) et Somon Air (qui n’avait apparemment pas besoin de ce genre d’appareil).

Plusieurs questions taraudent les esprits et attendent des réponses avec diligence et sans détour. L’usine Boeing a-t-elle remboursé à Privatair/ECair les acomptes d’achat encaissés jusqu’à la sortie de l’avion de l’usine ? Boeing s’est-elle rendue complice d’un tour de passe-passe comptable, qui aurait permis aux véritables destinataires de l’appareil (vraisemblablement Sassou Dénis et Jean-Jacques Bouya) d’en devenir finalement les propriétaires privés, au moyen certainement d’un montage opaque de récupération d’avion ? Or, les acomptes versés par Privatair/Ecair à Boeing, selon des analystes, proviendraient du Trésor public congolais. La société Wenham Overseas LTD est-elle devenue la bénéficiaire de l’avion ? Où est passé le deuxième appareil commandé par l’État congolais, qui n’a jamais été livré pour défaut de paiement de 40 millions de dollars de reliquat, sur un coût total de 200 millions à la commande des deux aéronefs ? L’un de ces deux appareils serait-il ce palace volant aménagé par une société luxembourgeoise, que le Congo loue encore à Sassou Dénis ? Lors de la liquidation, de la compagnie d’aviation ECair, liquidation ordonnée par le Tribunal de Commerce de Bobigny (Paris / France), Sassou Dénis et ses hommes auraient-ils soustrait un Boeing 787-8 Dreamliner, avec la complicité du constructeur Boeing et de la Bank of Utah Trustee de Salt Lake City ?

Inquiétudes sur la gouvernance économique et sur l’état d’esprit Sassou Dénis

Le Congo, avec l’appui de plusieurs partenaires (personnes physiques et morales), a pu obtenir un nouvel accord avec le F.M.I. Mais, ce n’est pas une raison pour A.C.M. de glisser dans la gabegie en allant représenter Denis Sassou Nguesso début février 2022 à Dubaï avec une forte délégation. Un rapport des services spéciaux que nous avons pu compulser sur cette délégation aligne, une soixantaine de voyageurs : les ministres, Claude Alphonse N’Silou, Rigobert Roger Andely, Denis Christel Sassou  et Emile Ouosso, mais aussi 26 personnes comme Madame Sauthat (Conseillère politique), Francky Loemba et autres qui, visiblement, n’ont rien à y faire surtout que le conseiller spécial et économiste Gervais Viaudo Bouity fait partie de la mission. C’est grave quand on sait que les frais de missions et autres de 26 personnes non essentielles auraient dû servir par exemple au paiement de bourse de 751 étudiants à l’étranger. Certes, la mission de Dubaï a laissé au sol, le Steward Sassou comme le qualifiait Laurent Gbagbo cependant, il sied toutefois d’interpeller A.C.M et Cie sur le fait que le plus dur après la signature de cet Accord avec le F.M.I, reste à faire ; à savoir : consolider cet acquis dans la durée par la bonne gouvernance économique. Prélude de revenir sur le rebondissement de l’affaire des deux Boeing 787-8 Dreamliner, les adeptes de la maffia doivent savoir que rien ne peut demeurer éternellement caché. Car, les crimes (économiques, de guerre, de génocide et contre l’humanité) sont imprescriptibles !

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

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