Economie, Justice, Politique

Sassou et Ganongo sont-ils complices des scandales à la Société Générale ?

Par  Ghys Fortune DOMBE BEMBA

Telle est la question que les observateurs politiques et de la finance se posent face au silence observé par ces deux mousquetaires qui ne maitrisent rien. Depuis la prise de fonction du nouvel Administrateur Directeur Général de Société Générale Congo, Arnaud CROUZET en fin 2017, le climat social au sein de la filiale congolaise est malsain et délétère. Les relations internes et les pratiques managériales n’ont pas à rougir avec celles autrefois observées lors de la période coloniale. Comme à l’époque où le colon coinçait tous les esclaves qui osaient hausser le ton, de même, à la Société Générale tous les cadres congolais clairvoyants qui refusent de courber l’échine sont mis sous pression. Des pratiques comme : le harcèlement moral, les discriminations et diffamations, les menaces publiques de licenciement, la prolifération des propos humiliants, les recherches actives des motifs de licenciement à l’encontre de certains collaborateurs sont monnaie courante et autant de pratiques qui ne sont pas de nature à favoriser l’atteinte des objectifs, surtout lorsque l’on sait que la Société Générale Congo souffre d’un déficit congénital. Depuis sa création, il y’a de cela huit (8) ans, avec 3 Directeurs Généraux au compteur, la filiale de la Société Générale est la seule banque au Congo qui n’a jamais atteint l’équilibre financier. Elle est toujours déficitaire malgré un chiffre d’affaires croissant d’année en année. Y’a de quoi s’interroger sur les causes de ces pertes cumulées malgré les cinq années d’exonération fiscale dont elle a bénéficié et du cash que l’actionnaire majoritaire n’hésite pas de réinjecter. Nous sommes en droit de nous interroger sur les vraies raisons de la présence de cette banque au Congo Brazzaville. Est-ce à l’instar du Franc CFA qui est un instrument de pillage des ressources africaines, la Société Générale Congo tout comme les autres filiales des multinationales françaises, seraient-elles une pompe d’évasion fiscale via l’artifice des frais d’assistance technique que les filiales doivent payer à leur siège respectif ?  Quant à la Société Générale Congo, elle paye près d’1 milliard de francs CFA par an à la maison Mère au titre des frais d’assistance technique alors qu’elle ne fait aucun bénéfice. Contrairement à l’article paru dans « La Lettre du Continent N°796 » faisant passer les filiales françaises comme victimes d’harcèlement administratif de la part du Gouvernement Congolais, en réalité, c’est plutôt elles qui se comportent en véritables vampires de l’économie congolaise. Notons qu’en situation de crise économique que vit le pays, ces contrôles ont frappé tous les secteurs et toutes les entreprises quel que soit leur taille et leur origine.

Et  d’ailleurs nombre de PME/PMI congolaises ont été contraintes à fermer leurs portes suite auxdits contrôles. En matière de Gouvernance, le Comité de Direction de Société Générale Congo est composé de 6 membres dont les 3 expatriés français constituent le noyau décisionnaire. Ces derniers qui seraient, sous l’influence de Catherine GUMUSHAN, prennent les décisions en marge (un CODIR bis) et les imposent au reste du comité. Catherine GUMUSHAN qui a travaillé longtemps en Algérie, n’a qu’ un niveau bac plus 2, a été parachutée à Brazzaville en septembre 2015 comme Directrice Conformité, Risques Opérationnelles, Informatique et Organisation pour occuper deux ans plus tard le poste de Secrétaire Générale semblerait bénéficier d’un puissant soutien au niveau de la maison Mère, source de son pouvoir depuis l’arrivée de Arnaud CROUZET. De plus, la Société Générale Congo ne cesse de marcher sur le pacte des actionnaires et humilier les congolais car, comment peut-on accepter que depuis le départ en 2016 de Armel MBOULOUNKOUE, l’ancien Directeur Général Adjoint, que la banque ait rejeté toutes les propositions de candidats au poste de Directeur Général Adjoint émanant du Gouvernement Congolais ?

Mais au même moment, en violation flagrante des textes, Catherine GUMUSHAN assume également des responsabilités dévolues à la fonction de Directeur Général Adjoint, poste resté vacant le départ de Armel MBOULOUKOUE alors qu’il y’a des congolais compétents et expérimentés qui peuvent occuper ces fonctions. Par ailleurs, le seul congolais qui siège au Comité de Direction, le Directeur des Ressources Humaines Adolphe MOUSSOUNDA, se comporterait en véritable simple faire-valoir à cause de l’épée de Damoclès suspendue sur sa tête pour des conflits d’intérêts qui le coincent avec la société d’intérim Arc-en-ciel. En effet, Arc-en-ciel, l’unique société d’intérim qui met à disposition de la Société Générale Congo du personnel intérimaire est gérée par l’une de ses maîtresses. Ce qui est déontologiquement inacceptable car elle met ladite société en situation de monopole, fait qui perdure bien que dénoncé par un audit interne en 2016. Actuellement la Société Générale Congo fait face à de multiplies procès pour licenciement abusif qui risque de lui coûter des milliards en francs CFA et son agrément au regard de ses mauvais résultats. On peut citer entre autres, les procès Société Générale Congo contre ses excollaborateurs : Lilian NDENGUE ancien directeur des risques, limogé surtout par ce que son père, le général Jean François NDENGUE est cité dans l’affaire des disparus du Beach où il était blanchi par la justice congolaise et française.

Or Lilian NDENGUE qui porte le chapeau de ces crimes n’est pas l’Assassin- Général Jean François NDENGUE, Fred Bertrand MINDOUDI directeur informatique, Gaston LEBIKI agent d’opérations (syndicaliste), Arnold LITINGUI (syndicaliste) et Christian BOTATA Chargés d’affaires. D’autres agents encore en poste se rendent au travail avec la peur au ventre tant les menaces de licenciement qui s’intensifient depuis l’arrivée aux commandes d’Arnaud CROUZET semblent masquer un plan social qui ne dit pas son nom le cas de Guy Arsène Nsonda qu’on pousse à la porte par des pratiques diaboliques que nous citerons prochainement Au vu de ses pratiques, Arnaud CROUZET et Catherine GUMUSHAN sont assimilés de « Colons » venu certainement à Brazzaville en mission commandée afin de « mater » les contestataires ? En réponse des propos qui ont été dits dans les couloirs des tours Société Générale à la Défense en France : « que les congolais sont xénophobes et veulent tuer les étrangers de la société Générale Congo ».

Comment M. Sassou et son ministre des finances ou gouvernement acceptent que ses gouvernés soient maltraités ? Qui ne sait pas que le bâtiment qui abrite le siège de la banque à Brazzaville est occupé à titre gracieux et évalué au départ à 10 milliards de FCFA n’a jamais été réévalué au sein de l’actionnariat de cette filiale pour augmenter les actions de l’Etat congolais de 15 à 30 pour cent ? Le Directeur Afrique Océan Indien, Alexandre MAYMAT est indexé dans toute cette cacophonie qui se passe à la filiale de la Société Générale Congo et est suspecté de complicité passive avec des tierces la preuve : Armand PANDONG qui a travaillé sous son autorité à la Société Générale du Cameroun, malgré les conflits judiciaires(détournements des fonds, faux et usage de faux)  l’ opposant a la Société Camerounaise de Dépôts Pétroliers (SCDP) a été muté au Congo, Directeur Clientèle Entreprise en violation flagrante de la réglementation bancaire. En effet, la charte qui régit la déontologie bancaire en vigueur au sein de la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) exige de ne point recruter dans un établissement financier une personne ayant un casier judiciaire sale. Le citoyen lambda se demande par ailleurs, comment la Société Générale et notamment monsieur Alexandre MAYMAT en connaissance de tels évènements à l’époque au Cameroun a-t-il pu entériner la nomination de Monsieur Armand PANDONG comme Directeur de la Clientèle Entreprise de la Société Générale Congo ?

Comment Alexandre MAYMAT a-t-il pu autoriser à nouveau la mutation de Monsieur Armand PANDONG à la Société Générale Tchad nonobstant le déficit de  de plus de neuf cent millions de FCFA de crédits qu’il a créé à Brazzaville après son exfiltration  vers Paris où il y a passé six mois ? Y’auraient-il des rétrocommissions reparties entre PANDONG, MAYMAT par les bénéficiaires de ces dits crédits ? Qui ignore à Brazzaville, dans les milieux autorisés, qu’Armand PANDONG était à nouveau dans le collimateur de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire du Congo qui l’avait convoqué plus d’une fois. Le commun des mortels a-t-il tort de penser qu’Armand PANDOM et MAYMAT sont liés par un pacte de détournements des deniers des Africains ? Si Armand PANDOM et certains protégés ont pu s’échapper des griffes des services judiciaires et policiers du Congo et du Cameroun, toutefois, ils n’échapperont pas toujours à leur destin car nous doutons que les plaintes contre X qui circuleraient actuellement  à la fois dans des juridictions françaises et auprès d’agents de régulation européens soient retirées.  Le commun des mortels se demande par ailleurs si Sassou Nguesso qui devient collé a l’infréquentable DSK et  son ministre congolais des finances, ancien membre du conseil d’administration de la Société Générale Congo, et l’actuel Président du Groupe Société Générale savent  ce qui se passe réellement au sein de la filiale congolaise pour fermer ainsi les yeux à moins d’être complice tel l’adage nous apprend, qui ne dit mot consent ? Comment garder le silence face à l’image d’une Banque qui est chroniquement déficitaire depuis huit ans à coté de ses consœurs de la place telles que UBA, BCI Eco Bank ?

Ne doit-on pas repenser le business modèle, la stratégie ainsi que la gouvernance de la Société Générale Congo ? Le limogeage de Lilian NDENGUE depuis deux ans pour des actes supposé commis par son père devrait interpeller tous les dignitaires s’ils aiment réellement leurs enfants et …. (Affaire à suivre).

Ghys Fortune DOMBE BEMBA

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